De retour et en colère !!!
Merde, j’me disais qu’une fois mon contrat signé et mon joli badge bien exposé à la face du peuple en faisant mes courses à Leader-Price, j’allais enfin m’adonner
aux joies immenses du fonctionnaire aéro. Arriver au taf’ 8h voire 9h25 ; départ le soir 16h09, variable systématique tous les mois plus jours d’enfants malade quand ton enfant ne l’est pas ;
plus jour de rentrée scolaire y compris hors rentrée scolaire ; visites fréquentes de la médiathèque du C.E si possible entre 10h30 et 11h45 … Ben même pas, bon ok, j’ai pas de gamins ; ceci
explique cela … Au final, j’me demande si pas mal de mes co-partenaires au lieu de poser des jours de congés, ils ne doivent pas poser des jours de travail auprès de leur hiérarchie pour assurer
un minimum de paye à la fin du mois !!!
Pire, je tombe de cul chaque fois que je croise une bonne majorité de collègues déprimés le lundi matin ou de retour de dix jours de vacances d’un pays ensoleillé
quelconque !!!
« -Ca va ?
-non putain chuis dégoutté, j’ rentre de congés et j’ me cogne deux-cents cinquante mails à trier sur ma boite; même pas le temps de lire le 20 Minutes j’en pète
!!! ..
-salut tu vas bien ?
-ouaip … comme un lundi … »
Snif !
Chez nous, le week-end commence le vendredi à midi mais beaucoup d’entre nous souffrent ; et ont du mal à tenir le rythme …la France est le premier consommateur
Européen de psychotropes, dix pour cents travaillent chez nous …
C’est pas possible, les types z’ont dû connaitre qu’ Airbus et le confort bien douillet et rassurant de cette belle machine …
A 24 ans, je m’offre une BM ou une Merco neuve de chez neuve, à 26 ans, je deviens propriétaire de ma baraque, à 28 ans j’ai un monospace, un labrador, une femme et
deux enfants et demi ; à trente et un an chuis déjà vieux …
On attaque la journée type,
Tout commence à la barrière du parking, la moindre économie de mouvement est bonne à prendre ; alors pour pas baisser la vitre et badger sur le lecteur, suffit de
bien coller la bagnole de devant … Une fois l’obstacle franchi plus de règle ; on va pas s’emmerder à suivre les marquages au sol ; un bonne diagonale à donf’ pour toper la place de parking
convoitée ; si possible à deux mètre cinquante maxi du tourniquet ; si c’est trop loin, pas de soucis, suffit de tourner comme à carrouf’ pendant vingt minutes et attendre qu’un type de l’équipe
de nuit se barre et libère l’emplacement idéal …
Chaque début de journée, le cérémonial est immuable, pendant que le PC chauffe et les anti-virus s’activent, le débat enflammé s’anime au sujet du match de
fiottball de la veille ; chaque phase de jeu est soigneusement décryptée, décortiquée, analysée et commentée ; les passions se déchaînent ; les types si ils mettaient autant de rigueur et de
précision dans leur taf’ qu’ils le font en jouant les Thierry ROLLAND intérimaires, on enterrerait Boeing en quelques semaines !!! Rien que dans mon service je comptabilise au moins quatre
sélectionneurs nationaux potentiels de babyfoot …
Midi pétante, l’heure d’aller à la cantine ( en navette pour beaucoup parce que cinq cent mètres à pieds ça fatigue… ) ; à trois euros cinquante en moyenne le repas
complet, il y en a encore pour se plaindre que c’est pas terrible ou trop gras, ou trop cher, ou pas assez chaud ou pas assez de choix … Va manger pour trois euros dans la vraie vie du dehors ; à
ce prix là, t’as même pas un kébab frittes et sa sauce blanche suspecte !!!
Alors pour oublier « la médiocrité » de la cantine, on boit beaucoup ; le pinard est bon et pas cher alors à ce compte on double la dose ; les sorties de réfectoire
réservent souvent des surprises, à tel point que la boite des Rambovigiles à gyrophare du site en plus des jumelles fait péter des contrôles d’alcoolémie réguliers !!! Hallucinant, des
types qui bossent sur des zincs, qui manipulent de la technologie aéro de haut vol ( aéro / haut vol ; pas mal hein ??!!! Non ? Tant pis !!! ) se comportent en adultes responsables en
arrivant à moitié cuits à quatorze heures sur leur poste de travail …
Allez courage, on rassemble ses forces pour pousser jusqu’à quatorze trente ; là il est grand temps de faire retomber la pression ; café en poudre et clope ; on
n’est pas des bœufs !!! On travaille notre cancer à venir à grands coups de goudron et d’inactivité physique … une carrière de sportif de haut niveau ça se gère au quotidien !!! si on est un peu
trop « fatigué » l’infirmerie est bien pratique, suffit de pleurer un peu en invoquant des conditions de travail quasi-inhumaines et c’est parti pour une bonne sieste d’une heure sous Doliprane
…le tout payé par la boite !!! Elle est pas belle la vie ?!
Quinze heure trente, on commence à ranger la trousse et le cartable, faudrait pas rater l’heure de la sortie, ça serait ballot ; paré, les deux pieds calés dans les
starting-blocks ; le statut de sportif de haut niveau c’est au quotidien qu’il se mérite !!! Quinze heure cinquante six, le badge à la main devant la pointeuse ; surtout se tenir prêt et ne pas
se faire passer devant ; à seize heure zéro zéro pile poil, la carte magnétique glisse sensuellement dans la fente libératrice de la badgeuse …
Seize heure zéro une liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiibre ; l’accélérateur rageur, faut tenter coûte que coûte de passer devant le max de personnes de la file à la
sortie du parking, quitte à forcer un peu et oublier le stop au bout du couloir … si j’peux gagner huit secondes, c’est toujours ça de pris ; ce soir y’a match de foutre à la TV, faut vite aller
faire le plein de bières et de cahouettes avant les voisins du lotissement sinon ça va bloquer à la caisse du Shoppi de Leguevin …
To be con-tinued
vous avez dit...