C'est qui ça ?

La grande maison

paroles de schtroumpfs

Mardi 3 novembre 2009

Tout d’abord, on commence par faire la queue à l’accueil. Il y a du monde, pourtant le temps est merdique. Puis, enfin, on atteint la dame derrière son comptoir. Charmante, elle nous indique le chemin. Nous reprenons notre route, entourés de gentils personnages déguisés qui collent parfaitement au décor.

Arrivée au guichet : on nous demande une fois encore d’attendre. Mini Schtroumpf commence à s’impatienter. Pour l’occuper, une charmante hôtesse lui colle des autocollants sur les mains. Enfin, nous entrons. Les formalités remplies, nous voilà en possession du passeport pour la journée : une belle chemise vert pomme avec le dossier de Mini Schtroumpf à l’intérieur. On garde ma carte, elle me sera rendue à la fin.

Première attraction. Et que fait-on en arrivant ? On attend ! Je continue à occuper Mini Schtroumpf. Ce n’est pas patient un enfant. Une gentille animatrice arrive pour lui parler, lui raconter des histoires. Elle valide le passeport et nous envoie à l’attraction suivante, non sans nous avoir encore fait patienter 10 bonnes minutes.

Pour aller à la deuxième attraction, nous prenons un siège à roulette. Et hop ! voilà Mini Schtroumpf qui s’essaie aux virages au frein à main. La deuxième attraction a déjà une belle file d’attente. Nous attendons donc. Enfin, l’hôtesse, déguisée comme tous les autres, emmène Mini Schtroumpf. Nous voilà repartis pour un tour. Il y a là de gros appareils qui font plein de bruit. Le môme est mort de rire. Flash, photo. On reprend le siège à roulette, et on retourne dans le sas. Nous attendons la photo. Pour une fois, elle arrive rapidement. Et zou, on remonte à l’attraction suivante.

L’attente reprend. Un GO (gentil organisateur) prend alors Mini Schtroumpf en charge, lui raconte de nouveau les mêmes histoires, refait les mêmes gestes. Puis on attend. Un autre arrive à ce moment : c’est visiblement le chef du parc. Mêmes histoires, mêmes gestes. Je commence à saturer sérieusement, même si tout le monde est absolument charmant. Le grand chef me demande si je veux passer par une autre attraction : pas obligatoire, il y a de l’attente aussi. Je refuse.

Nous repartons alors, Mini Schtroumpf et moi vers l’accueil, histoire de rendre le dossier, enlever les patches Emla qui n’ont pas servi puisqu’il n’a pas eu de prise de sang de ses mains, et surtout récupérer la carte vitale. Enfin, après trois heures d’attente et beaucoup trop d’attractions à mon goût, nous quittons l’hôpital pour enfants. Il ne manquait plus que les oreilles, et on se serait cru chez Mickey !

Et dans la voiture, mon grand blessé se met à grogner.

- Pourquoi tu râles, Mini Schtroumpf ?

- Le monsieur, il ne m’a pas rendu ma photo.

- Ta photo ?

- Ben oui, tu sais la photo que l’on a faite tout à l’heure.

- Ah, la radio.

- Oui, la photo, quoi. Pourquoi tu ne l’as pas payée ? On aurait pu l’emmener !

 

Conditionné, le Mini Schtroumpf !

Par BBK.mel
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires
Lundi 2 novembre 2009

Il est parfois très instructif de prendre le bus ; on peut se rendre compte alors combien nos enfants sont géniaux, adorables, bien élevés etc. Trois demoiselles sont montées dans le bus en même temps que moi, 12 ans à peine, le genre de gamines que je détestais lorsque j’étais au collège. Appelons-les PetitePétasse, GrosseDinde et Souris. Les gamines s’installent juste derrière moi, de part et d’autre de l’allée centrale. Et évidemment, elles papotent. Mais vu la distance, la conversation se fait à voix haute et tout le bus en profite.

Souris émet alors un bruit, qui doit être une parole, je suppose. Et PetitePétasse, se retourne, toise la môme de tout son mépris, et lance :

- T’aurais pas parlé, j’aurais même pas vu que t’étais là.

L’autre a ravalé sa fierté, a baissé la tête et s’est tu.

PetitePétasse a continué son show ; elle soupire et dit d’une voix suraigüe:

- « Oh, vivement Noël !

La réponse de GrosseDinde, qui parle normalement, m’arrive indistincte. PetitePétasse reprend :

- Tu vois, à Noël je vais avoir mon nouveau portable (petit gloussement hystérique qui donne des envies irrépressibles de coller deux baffes illico presto à celle qui vient de l’émettre). Han, c’est l’genre, tu ouvres les paquets, t’as peur, et ouf, t’as ton portable, tout va bien. Ton Noël ne sera pas trop pourri.

- (réponse inaudible de GrosseDinde)

- Ben moi, en dehors du portable, le prochain cadeau que je vais avoir, c’est la mallette Sims, elle est trop délire la mallette, avec le jeu Sims3, tu sais, le dernier qui est sorti, quoi. C’est 100 euros, le cadeau. Tu vois le quel c’est ?

- (réponse toujours inaudible de Grosse Dinde)

- Ben si, les Sims3, le pack, c’est dans une mallette. Enfin, c’est celui à 100 euros, quoi.

De l’autre côté du bus il y a un gamin. Un petit black, enfoncé dans sa parka trop grande. Elles sont devant, il est à l’arrière. Comme tous les autres, il profite de la conversation de PetitePétasse. Les Sims 3, apparemment, il connait : à l’évocation de la fameuse mallette, il a les yeux qui brillent, la tête dans les nuages, juste à côté du renne du Père Machin en rouge. Les Sims 3, il aimerait bien les avoir, ça se lit sur son visage, comme un livre ouvert. Et l’autre gamine continue, inconsciente.

- De toute façon, je les voulais, donc je les aurais, c’est sûr. Il suffit que je demande, et hop ! j’ai ce que je veux.

Dans les yeux du petit garçon, à ce moment, j’ai lu de l’envie, de la tristesse, une ombre, comme une menace. Et aussi quelque chose qui ressemblait à une envie de violence. Il l’aurait baffée cette môme qui faisait pourtant une tête et quelques années de plus.  Et honnêtement, il n’était pas le seul dans le bus. L’air s’est épaissi, l’ambiance a changé.

PetitePétasse s’en est-elle rendue compte ? Elle a jeté un regard autour d’elle. Bouche ouverte, interrompue dans son étalage indécent, elle a senti peser sur elle le poids des regards réprobateurs. Au moment où je sortais du bus, elle avait enfin fermé sa grande bouche. Et, ai-je rêvé ? Au moment où les portes se refermaient sur moi, j’ai cru voir l’ombre d’un sourire narquois sur le visage de Souris.

 

Par BBK.mel
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Lundi 26 octobre 2009

Il y a des moments, dans une vie de mère aimante, où il faut faire des choix stratégiques. Et parfois, on se plante. Par exemple, tes enfants, ces monstres assoiffés de consommation, gavés de télé et de chansons sirupeuses de Phil Collins, tes enfants veulent aller voir Mickey. Comme tu es une mère aimante et qu’accessoirement tu habites à moins de 200 kilomètres de Mickey, tu les emmènes. Puis ça tombe bien, ta frangine qui débarque du fin fond du Sud-ouest avec ses trois gamins veut aussi y emmener les siens. Allons-y gaiement tous ensembles voir Mickey.

 

Déjà, rien que le voyage c’est une expédition. Comme tu es une mère aimante ET organisée, tu te débrouilles pour partir relativement tôt, histoire d’arriver tôt au parc. Et de ne pas trop faire la queue au parking. Tu aurais pu prendre le TGV qui t’emmènes directement à l’entrée, mais l’avantage de la voiture, c’est que tu pars quand tu veux. Déjà, quand tu arrives, tu as l’impression que tous les gens qui étaient sur l’autoroute avec toi vont au même endroit. Et bien tu as raison : eux aussi ils vont chez Mickey. Tous. Du coup, à 9H30, tu as déjà des embouteillages à l’entrée du parking du parc. Une fois à l’intérieur, ne cherche pas la seule place à l’ombre, tranquille, celle où aucune autre voiture ne pourra rayer ta carrosserie lorsque les mômes ouvriront les portières brutalement. Dès que tu arrives chez Mickey, c’est Mickey qui fait la loi. Avec le sourire, certes, mais la loi quand même. Tu te gares là où on te dit, et tu ne discutes pas. Comme tu n’as pas envie d’entamer ta belle humeur et une polémique, tu prends la place que l’on t’indique. Puis de toute façon, ta voiture elle est déjà rayée de partout. Alors une de plus ou de moins…

Mickey, tu connais. Tu y es déjà allée. C’est la troisième fois. Donc les attractions classiques, tu pourrais t’en passer. Tu voudrais bien aller voir le nouveau parc, celui branché cinéma. Sauf que tes enfants, ces monstres assoiffés etc. eux, ils veulent voir les princesses, Minnie, Mickey, et puis Jack Sparrow, et puis Luke Skywalker. Tu préviens tout de suite ton monde, il est hors de question d’aller voir les poupées. Les poupées, c’est atroce. C’est juste un tour en bateau au milieu de centaines de poupées habillées en costumes de tous les pays du monde. Toutes avec le même sourire figé sur la figure. Toutes en train de chanter la chanson ridicule que tu as mis des années à oublier, et dont tu te souviens malgré tout à chaque fois. Un tour dans le bateau suffit pour ressortir avec la ritournelle bien en tête. Puis c’est tenace ce truc là.

La première fois où tu as visité le parc, c’était en emmenant tes élèves (déjà !). Des grands, des mômes de vingt ans. Puis toi, tu n’étais pas beaucoup plus vieille. En semaine, en période scolaire, en plein mois de novembre, un jour où miraculeusement il avait fait relativement beau malgré un froid d’esquimau, il n’y avait pas un chat. Moins de 5 minutes d’attente au Space Mountain. Accès direct au Star Wars Tour. Record à battre. Tu avais fait toutes les attractions à sensation, toutes les attractions pour enfants… en fait, tu avais fait toutes les attractions. Même les poupées. D’où la rengaine tenace. Jusqu’à la fermeture du parc. La deuxième fois que tu as visité le parc, tu emmenais en mère aimante ta fille, à qui tu voulais faire connaitre le rêve Disney, les princesses et tout et tout. Comme elle était petite, et que tu étais accessoirement enceinte de 7 mois et demi, les attractions proposées étaient limitées. De toute manière, à 14h, elle dormait dans tes bras, confortablement installée sur ta poitrine de future maman et par la même sur son petit frère à venir. Et toi, tu y allais mollo, parce que tu avais quand même failli accoucher d’un prématuré sur le parking du parc. Cette fois ci, vu que les mômes présents ont entre 3 et 9 ans, il ne faut pas rêver, tu te contenteras de faire les princesses. Mais pas les poupées, tu l’as clairement dit.

 

Le seul truc sur lequel tu n’avais pas tablé, c’était le monde. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à aller voir Mickey en même temps que toi ? Pourquoi tu n’es pas VIP et que tu ne peux pas réserver le parc pour toi toute seule ? Parce que là, pour faire la queue, tu l’as faite. Tu fais la queue pour te garer, tu fais la queue pour prendre ton billet d’entrée au parc, tu fais la queue pour entrer dans le parc, tu fais la queue pour aller pisser, parce qu’après la route, on ne peut pas attaquer les attractions directement sans passer par la case pause technique, tu fais la queue pour acheter un truc à grignoter, parce que tu as eu la flemme de faire les sandwiches et te les trimballer toute la journée, et que tes gamins réclament un truc à manger avant même d’avoir atteint le château de princesse. Tu fais la queue pour les attractions. Puis pas n’importe quelle queue ; la moindre attraction, c’est 30 minutes d’attente. Au bas mot. Parfois 60, voire 90 minutes. Au-delà de deux heures, ils n’affichent plus le temps d’attente.

Comme tu n’avais jamais vraiment attendu chez Mickey, tu n’as jamais eu le temps de découvrir ce que c’était de faire la queue pour une attraction. En fait, tu fais comme d’habitude, tu te repères visuellement. Il semble y avoir pas trop de monde, hop ! on y va. Et là, une fois que tu as poireauté pendant une plombe à l’extérieur de l’animation, tu t’aperçois que tu t’es fait avoir. Tu crois avoir atteint l’entrée, le nirvana du parc, et tu te rends comptes que tu as autant de queue à faire à l’intérieur de l’attraction. Que les tours et les détours que tu as mis 45 minutes à faire dehors, tu as les mêmes dedans. En marketing, ça s’appelle des guides files, ces barrières qui te font faire tant de tours. En français, ça s’appelle un attrape-couillon. Et le couillon, c’est toi.


A ce moment là, tout le monde commence à fatiguer et s’énerver. Ca fait trois heures que tu es dans le parc et que tu passes ton temps à attendre. Ta fille, ce condensé d’intelligence, t’a même dit : « maman, la principale attraction que l’on a fait c’est attendre ». Mais bon, tu es une mère aimante, tu résistes, pour tes enfants. Le petit dernier manque de se prendre une baffe lorsqu’il demande à rentrer à la maison : tu as tenté d’esquiver la phase cadeau dès l’arrivée et la vue des premières boutiques en bottant en touche et en disant que s’il devait y avoir des achats, ils seraient faits au retour, qu’on n’allait pas s’encombrer avec pendant la balade. Et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd pour ton fils adoré. Il veut rentrer tout de suite, parce que lui, il veut un cadeau tout de suite. Sauf que vu que tu viens de claquer 200 euros entre les entrées et la bouffe, tu aimerais bien rentabiliser un tout petit peu le truc. Donc, tu continues. En portant ton fils qui chouine.

 


Au final, tu resteras presque 9 heures dans le parc. Tu auras fait quatre attractions. Dont les poupées. Et Space Moutain, lorsque tu auras réussi à coller tous les mômes à ta sœur pour le goûter et que tu auras réussi à t’éclipser avec l’HommeDesBois et le mari de ta frangine (1 heure d’attente, 30 secondes de manège). Tu seras passée par la case boutique cadeaux pour les enfants…puis pour toi, parce que tu lorgnais depuis le début de la matinée les chapeaux de sorcières totalement inutiles car immettables, donc totalement indispensables. Tu auras perdu ta nièce, la plus petite, dans le labyrinthe de la reine. Tu l’auras retrouvée avant que ta sœur ne s’en rende compte et ne te trucide en public. Tu seras repartie affublée de ton chapeau de sorcière. Tu ne te rappelleras plus l’emplacement de ta voiture sur le parking qui était quasiment vide lorsque tu es arrivée et qui est totalement plein lorsque tu pars. Pourtant, tu l’avais noté le numéro. Enfin, tu l’avais noté dans ta tête. Tu passeras vingt minutes à chercher cette p*** de bagnole, avec tes enfants qui pleurent de fatigue, accrochés à tes jambes. Et tu te rendras compte, une fois posée dans ta voiture enfin retrouvée, que tu as les pieds en compote, et que n’eût-ce été l’odeur, tu aurais viré tes grolles pour conduire. Et là, tu te dis que Mickey, c’est bon, tu as ta dose pour les 10 ans à venir.


 

 

Par BBK.mel
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires
Jeudi 8 octobre 2009

Discussion, toujours avec mes troisièmes, autour des salaires et des feuilles de paie. La seule que j’ai sous la main pour leur expliquer les prélèvements, la part salariale, la part patronale, c’est ma feuille de paie. Celle du mois d’août (loin d’être la meilleure de l’année, soyons clairs).

Nous parlons des prélèvements, et l’un des gamins, alors que je tourne mon bulletin, aperçoit le montant de mes émoluments.

- C’est tout ce que vous gagnez, Madame ? Seulement 1800 € ?

- Ben oui.  Mais bon, je ne me plains pas, j’ai un salaire, et correct en plus.

- Moi je croyais qu’un prof ça gagnait au moins 10 000 €…

- On aimerait bien, jeune homme, on aimerait bien. Mais non, nous en sommes loin.

Le gamin réfléchit, dubitatif.

- Ca veut dire que lorsque j’ai fait les vendanges*, j’ai gagné la même chose que vous.

- La même chose que moi ?

- Ben oui, en deux semaines, je me suis fait 1300 €. Et ils ont rallongé 400 € à la fin. Ca fait 1700, c’est presque comme vous.

- Presque, en effet. Travaille encore un peu et tu gagneras la même chose que moi…

 

Je n’ai pas eu le courage de lui dire que le mien de salaire était calculé sur un mois, pas sur 15 jours. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu un blocage…

 

*Il a été absent pendant deux semaines avec comme motif officiel accepté par la vie scolaire « vendanges ». Et oui, nous sommes dans une région viticole, ça se sent. On a même inscrit ce motif dans la base de données qui gère les absences et les retards, c’est dire. Certains préfèrent prétendre qu’ils sont malades (c’est dingue le nombre de grippes, gastro, qui sévissent pendant les vendanges. J’ai même eu un motif « mononucléose ». Le pire, c’est que la plupart des parents cautionnent). Donc entre le 10 septembre et le 5 octobre, une bonne partie de notre effectif de plus de 16 ans est absent. Et on voit revenir les gamins bronzés, les mains égratignées, et quelques centaines d'euros de plus en poche.

Par BBK.mel
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Mercredi 7 octobre 2009

Travail avec le conseiller d’orientation psychologue, la prof et les troisièmes découverte pro sur les niveaux de qualification. Pour chaque niveau de qualification (niveau VI, aucun diplôme, niveau V CAP-BEP etc.), on met en parallèle un métier.

Exclamation des élèves…

- Quoi, il faut un bac plus cinq pour être prof ?

- Et oui. C’est un niveau Master.

- Bac plus cinq pour faire de la garderie ??!!

 

La vérité sort de la bouche des enfants…

Par BBK.mel
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Lundi 28 septembre 2009

C’est bien les trajets en voiture le matin pour aller à l’école : on profite de ce temps inutile pour réciter les leçons apprises la veille. La Schtroumpfette est en effet au CM1, et ça ne rigole pas. Petit moment matinal où je lui pose quelques questions sur les leçons apprises la veille au soir.

- Qui était le père de Charlemagne ?

Et là, j’entends Mini Schtroumpf, 5 ans,  hurler :

- Pépin le Bref !

Mon fils, un savant ! Qui connait déjà la généalogie des rois de France ! Il est beau, mon fils ! [mode maman extasiée off]

Mais non, la réponse est beaucoup plus simple ; ma Schtroumpfette a trouvé le truc, c'est tout. Comme apprendre bêtement l’ennuie, elle fait apprendre son frère en jouant à la maitresse d’école.

 

D’ici à ce qu’elle me demande de mettre des talons aiguille et de prendre le fouet…

Par BBK.mel
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Mardi 22 septembre 2009

Le contexte : un mardi après-midi – 16h00 – salle de sciences physiques – Une des classes de troisième, l’un des groupes de la classe – température ambiante : 35°C.  Entre courant continu et courant alternatif.

L’élève : Monsieur, il faut faire quoi pour devenir acteur porno ? 

Réponse spontanée de M. Cosinus, le prof : il faut de solides arguments.

L’élève : C’est quoi un argument ?

(Et pan ! mon Cosinus ! Je t’avais bien dit de ne jamais sortir du dictionnaire des 200 mots avec eux. Maintenant, bien fait pour ta gueule ! T’as plus qu’à assumer tes conneries.)

Monsieur Cosinus : avoir des arguments, c’est ... comment dire ... mettre en avant (oh putain !) ses qualités.

L’élève : Mes qualités ? Comme quoi ?

 (Soupir- encore une heure à tenir !)

 

On aurait pu ajouter que pour devenir acteur de porno, il faut de la constance, de l’ardeur au travail, de la ténacité, …et une résistance à toute épreuve !

 

Par BBK.mel
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Mercredi 16 septembre 2009

-« Bonjour. Aujourd’hui, l’objectif de la séance sera de faire une présentation de quelqu’un. Pour vous faciliter la tâche, vous pouvez vous dire que je représente une entreprise, j’ai un poste de vacant, vous souhaitez me parler de quelqu’un que vous connaissez. Vous en faite donc une présentation rapide. »

Ils sont 6 en face de moi, attablés autour de notre espace de travail. Comme je n’ai que des petits groupes, j’ai pris l’habitude de réunir les tables de manière à ce que l’on soit en « espace de travail commun » et non plus en « salle de classe ». Au début, ça les déstabilise ; ils ne peuvent plus se planquer derrière leur bureau et leur statut d’élève je-m’en-foutiste. Après, ils en redemandent et ne peuvent plus travailler autrement.

Donc, ils sont 6 en face de moi, 6 au lieu des 10 prévus : un malade et trois qui ont séché. Les 6 restants se demandent bien ce que l’on va faire avec l’objectif de notre séance. Présenter quelqu’un, c’est trop facile. On va pas passer deux heures là-dessus. Ben si.

- « Vous trouvez ça facile ? Z’avez peut-être raison. Alors évidemment, vous savez comment faire pour présenter le camarade qui se mettra en binôme avec vous ? Non ? Première étape, on récolte l’information. Deuxième étape, on synthétise les éléments à transmettre. Troisième étape, on présente. »

Là, les gamins pâlissent. Ils se rendent compte que l’exercice n’est pas si simple que ça. Nous expliquons pendant une heure comment passer toutes les étapes. Et pour la dernière partie, quartier libre ; ils peuvent faire dans l’originalité s’ils le souhaitent, le tout étant de répondre à l’objectif. Les autres groupes avant eux ont déjà fait le même truc. A chaque fois, j’avais quelque chose qui sortait assez péniblement, pas d’originalité, mais tous avaient participé (ceci dit, ils n’avaient pas vraiment le choix).  Et le résultat n’était pas si mal que ça, même si l’on restait dans la lecture plus ou moins figée du CV du binôme.

 

Et là, dans ce groupe, il y a Sene. Ca la gonfle, ce truc. Elle n’a pas envie de le faire. Elle se met pourtant de son côté avec son binôme, et attaque l’exercice contrainte et forcée. Lorsque son tour arrive de présenter son camarade, elle plante ses yeux dans les miens et commence, sérieuse comme un pape.

-«  Suite à votre demande, j’ai discuté avec une personne concernant le poste dans l’entreprise. J’ai pu donc me faire un avis quant à sa candidature… »

Et la voilà qui continue, présentant son camarade, son parcours, ses choix. Elle ne regarde quasiment pas ses notes, là où tous ses autres camarades ont lu. Elle argumente, elle cherche à convaincre. Elle semble connaitre le CV de l’autre suffisamment pour trouver l’élément clé. Elle y met le ton de la recruteuse qui a eu un entretien poussé avec un candidat. Elle a des gestes mesurés, des mots pesés. Elle fait un constat froid, dénué de toute passion, basé uniquement sur des faits.

Et moi, elle me laisse comme deux ronds de flan. Cette môme a à peine 15 ans, elle est en troisième découverte pro, donc plutôt dans une section où les gamins ne sont pas vraiment des forts en thème. L’exercice est loin d’être simple,  ne lui plait pas, mais elle le réussit brillamment. Point par point, elle répond à l’objectif principal, prouvant par là-même qu’elle avait intégré les objectifs secondaires. Pendant cinq minutes (c’est long, cinq minutes lorsque l’on est seul à parler !), elle a expliqué, argumenté, elle a utilisé les bons mots pour me convaincre (comme elle était convaincue !)…qu’il ne fallait surtout pas embaucher son camarade !

 

Tout simplement génial !

Par BBK.mel
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires
Samedi 5 septembre 2009

- Et Madame BBK, vous êtes au courant pour Carmen ?

- Au courant de quoi ? Je ne l’ai pas revue depuis qu’elle est passée devant le lycée après son exclusion.  

- Elle accouche le mois prochain.

- Carmen ? Mais elle a pas 17 ans !

- Ben oui. Mais ce n’est pas elle qui a fait un bébé la plus jeune dans la famille : sa sœur, elle a eu son premier à 14 ans. Quant à Laurie, qui était dans la classe l’année dernière…

- Oui, je me souviens de Laurie, comment l’oublier !

- Et bien elle est enceinte de 4 mois.

- Bon sang de bon soir, vous n’avez pas autre chose à faire, vous les jeunes, que des bébés à 16 ans !

- Rassurez-vous Madame, moi, je ne me vois pas avec le ballon !

 



- Madame, le gamin là, il vient de m’appeler Madame et il me vouvoie ! Il me prend pour une prof ou quoi ?

- Il y a des chances. Il nous voit discuter toutes les deux depuis tout à l’heure, et tu viens de l’aider à répondre à son questionnaire pour son jeu de piste.

- Mais, je fais pas si vieille que ça quand même !

 

Par BBK.mel
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires
Jeudi 2 juillet 2009

Les résultats sont tombés. C’est la cata parmi les petits chéris. Je reçois donc encore plus de messages qu’hier, les uns joyeux, les autres non. D’autres m’appellent pour me demander comment ça va se passer pour eux l’année prochaine, en particulier lorsqu’ils ont foiré leur BEP. Lorsque j’ai leur numéro de portable, je leur envoie un texto pour les féliciter ou les encourager pour la suite. Toujours mon côté mama juive maman poule. Et puis, un message est arrivé tout à l’heure (retranscription telle quelle, fautes incluses).

 

Madame c Le Lama je vous remercie pour tous ce que vous avez fait pr moi, vous mavez beaucoup aidé cette année… Lobtention de mn diplôme c en principe grace a vs ! merci madame bne vacance !

 

Ce petit con m’a faite pleurer…

Par BBK.mel
Ecrire un commentaire - Voir les 23 commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés