C'est qui ça ?

Dimanche 2 septembre 2007

-"Maman, voituuuuure !!!"Mini Schtroumpf hurle en me montrant la voiture qui nous dépasse. Un quart de seconde plus tard :-"Maman, tracteur ! Ya un tracteur !Et tant qu'on ne lui a pas répondu "oui, mon chéri, il y a un tracteur", il va continuer. Sa grande sœur grommelle "c'est bon, on a compris" et continue de jouer avec sa poupée.Mon fils s'intéresse fortement aux véhicules, vous l'auriez deviné. Tous les véhicules. Voitures, tracteurs, camions, pelles de chantier, grues, avions, hélicoptères, montgolfière... Il reconnait même les scooters (avec les petites roues) des motos (grandes roues). Bref, un fana du film "Cars".

Quand j'évoque cette passion avec mon entourage, tout le monde me dit : "c'est normal, c'est un garçon". Ah. C’est la phrase magique qui explique tout ! Un garçon, ça joue à des jeux de garçon et une fille...ben, à des jeunes de fille. Chacun son truc et on ne mélange pas ! Bon. Il est donc inscrit dans le code génétique des garçons qu'ils doivent aimer les voitures ? Ils naissent avec un volant virtuel dans les mains et l'envie irrépressible de partir en roulant/volant/navigant ? Je ne sais pas très bien, je n’ai pas lu le bouquin de Laurence Pernoud. Pour ceux qui n’ont pas d’enfant dans leur entourage, ni de mère, c’est LE bouquin qu’a toute jeune maman. En fait, il y en a deux : « J’attends un enfant » et « J’élève mon enfant ». Les deux en sont certainement à la 183ème réédition !
Il semble, pour la plupart des gens, qu’il est parfaitement normal qu’un garçon joue aux voitures tandis qu’une fille préfère les poupées. Constat fait avec Schtroumpfette : elle se préoccupe plus de poupées, maquillage de gamine et colifichets divers.

Certains, moins catégoriques, tentent des explications plus pédagogiques et éducatives. En fait, les garçons jouent aux voitures parce que les parents les incitent à le faire, au regard de la normalité, le mot est lâché ! Donc, j’ai envoyé des signes à mon fils depuis son plus jeune âge pour lui faire comprendre ce qu’il devait faire de ses loisirs d’enfant de 3 ans ?!! Moi qui me targuais de ne pas être aussi dirigiste dans le choix des jeux de mes gosses, j’en suis pour mon grade. J’avoue que je ne m’étais pas vraiment posée de questions. Si Schtroumpfette avait envie de prendre le camion en Lego, c’est son problème. Elle a joué pendant longtemps avec le petit atelier du bricoleur. Quant à son frère, il a eu droit à son lot de poupons qu’il habille et déshabille à longueur de temps. Et l’instant d’après, ils échangent les jouets (ou se les piquent, se disputent, jouent ensemble avec l’un ou l’autre, rayer la mention inutile).

Je ne voulais pas les faire entrer dans un moule, vous savez, ces petites cases construites de stéréotypes comme « seules les filles pleurent », « la poupée, ce n’est pas un jeu de garçon », « tu mets des tee-shirts roses à ton fils ? Tu vas en faire un pédé ! » Toutes ces petits mots, ces petites lames acérées qui vous construisent un monde idéal de mecs virils et forts et de filles fragiles et tendres. Sauf, que ce n’est pas le monde que l’on voit autour de nous. Les petites filles « fragiles et tendres » deviennent des femmes fortes, qui bossent, qui se battent, qui parlent mécanique etc. Quand aux petits garçons « virils et forts », ils deviennent des hommes qui mettent du temps à comprendre qu’ils ont le droit d’avoir leurs faiblesses. Et on nous parle de tolérance ?

Alors tant pis. J’assume mes éventuelles erreurs de maman qui n’a pas lu Laurence Pernoud et qui se contrefiche d’avoir une jolie poupée Barbie et un petit mec viril à la place de gamins. Je laisse la grande impressionner les petits machos du quartier en grimpant aux arbres. Je laisse le petit me réclamer du vernis à ongles qui brille parce qu’il m’a vu en mettre sur mes ongles. Je laisse la grande faire des essais de robes, de rubans et de rouge à lèvres pour faire la star devant le miroir. Je laisse le petit apprendre à faire « pipi debout comme Papa » en essayant de monter le plus haut possible.

Je leur laisse le temps de se confronter aux contradictions de la société, qui veut la tolérance, la parité (quel vilain mot que celui-ci ! Etre obligé de réclamer ce qui devrait aller de soi !) et qui enferre les gamins dès leur plus jeune âge dans un labyrinthe d’images d’Epinal, de normes. Dire que ce sont les enfants qui feront le monde de demain. Avec autant de clichés dès le berceau, on est mal barré !

 

Par BBK.mel - Publié dans : paroles de schtroumpfs
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