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Ils ne sont pas collègues, mais ils sont passionnants. Méfiez-vous, parmi eux se cachent des membres de la Grande Maison Educ Nat !
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Samedi 23 février 2008
On sent que les vacances touchent à leur fin. Les jours s'étirent. La grande finit ses devoirs (elle est comme sa mère, elle a pas vraiment travaillé pendant les vacances !). J'emmène Mini Schtroumpf faire deux ou trois courses avec moi dans le quartier, histoire qu'il fiche la paix à sa soeur pendant quelques instants.

C'est toujours une expédition de marcher avec Mini Schtroumpf. Déjà parce qu'avec son gabarit de moineau  anorexique, il a de toutes petites jambes et il n'avance pas bien vite. Mais aussi parce qu'il s'arrête devant toutes les voitures en stationnement. Il attend que je lui demande "et celle là, c'est quelle marque ?" et il me la donne. Et attention, si je ne pose pas la question, il bloque devant la voiture et ne bouge plus. Donc, nous refaisons toutes les marques. Un vrai salon de l'auto à lui tout seul !

Fin-des-vacances.jpg

-"Et celle là, c'est quoi comme marque ?
- Lion de Peugeot !
- Bien ! Et la rouge là-bas ?
- Renault de Twingo !
- Super. Et celle d'à-côté ?

Là, il sèche un peu. Il réflechit.
- Opel !
Il va finir journaliste dans une revue automobile, mon fils ! Il continue son tour des marques. Trouve qu'il y a quand même beaucoup de Renault. Ne reconnait pas une Toyota Yaris. Normal, il n'en voit pas beaucoup des Toyota dans le coin. En règle générale, il a du mal avec les voitures asiatiques. Pas suffisamment nombreuses pour qu'il les repère à chaque coup. Il a une préférence pour les Volkswagen. Il est tout fier d'arriver à prononcer le nom sans se tromper. Soudain, il s'écrit : "Ma voiture, c'est ma voiture !" en montrant une Mercedès SLK qui descend la rue. Parce qu'en plus il a des goût de luxe le Schtroumpf !

Arrêt chez le poissonnier. Il délaisse les voitures pour regarder l'étal de poissons. Il faut lui nommer tous ceux présents, sous l'oeil hilare du poissonnier. "Et celui là, Maman, c'est quoi ?" Il ne voit pas la différence entre un bar et un petit saumon entier. Le poissonnier se marre. "Maman, c'est ce qu'on a mangé hier !" OK, c'est bon, maintenant tout le quartier connaitra mon repas de la veille ! Nickel. Le poissonnier se tient les côtes. Les clients aussi ! Au moins, on aura fait rire les gens, c'est déjà ça.

fin-des-vacances-2.jpg 

Petit détour par le marchand de journeaux. Mini Schtroumpf chope en entrant un magazine Auto. "Maman, j'aime bien les voitures, moi !" Non ? C'est vrai ? Je l'aurais jamais cru ! Il veut absolument donner les magazines tout seul à la caissière, en profite pour faire un commentaire sur les bonbons exposés sous ses yeux. Fait marrer le client devant nous parce qu'il lui raconte qu'il a vu un saumon entier. Et qu'il a vu aussi des crevettes. Et que c'est bon les crevettes. On reprend le chemin de la maison. Et re- Renault, Opel, Audi, Citroën...

Lundi, reprise du boulot (allez, Adèle, fais toi plaisir : tu peux te moquer de moi, toi qui commence tes vacances !).
par BBK.mel publié dans : paroles de schtroumpfs communauté : Paroles et rires d'enfants
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Jeudi 21 février 2008
Histoire de se changer les idées après un billet un peu dur, je vous emmène en Inde. Vous connaissez Bally Sagoo ? Rien à voir avec Mister Magoo, à part la rime ! C'est un DJ/producteur anglais d'origine indienne qui s'est amusé à remixer des classiques indiens, souvent issus de film, avec des beats funky et hip-hop ! Une massala music sauce électronique. Et ça donne des morceaux fort sympathiques... Magneto Momo !

Ma préférée, surtout pour le clip que je trouve délicieusement incorrect ! (bindiya chamkedi).



Un grand classique de ses débuts (chura liya)



Pour ceux qui suivent le cinéma Bollywood, c'est une chanson qui faisait partie de la BO de Coup de foudre à Bollywood (Noorie)



Une petite dernière pour la route...(tum bin geya udass)


par BBK.mel publié dans : Indian style
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Mercredi 20 février 2008

Attention, billet morbide, triste et pas drôle ! Ame sensible s'abstenir !

 

Encore une mauvaise nouvelle. Notre garagiste préféré est mort. D’un accident de voiture. Quelle ironie morbide qu’un garagiste qui meure dans une voiture ! Ironie pas drôle. La nouvelle m’a fait l’effet d’un coup de fouet. Oh, ce n’était pas un ami. Juste une figure du bout de la rue, le genre de type qui rend toujours service, la clope au bec et l’humour dans l’œil. Le genre avec qui on échange toujours deux mots chaque fois qu’on passe, qui prend des nouvelles de l’HommeDesBois lorsqu’il est loin, du genre qui rigole à chaque fois qu’il entend Mini Schtroumpf citer toutes les marques de voitures. Si la nouvelle me chagrine autant, c’est par sa brutalité. Et je me rends compte que de toutes les morts, celle par accident de la route est celle qui me choque le plus.

 

En fait, je m’aperçois que c’est la mort que je côtoie le plus. Déjà parce que pendant 12 ans j’ai fait des milliers de kilomètres. Donc les accidents de la route, j’en ai vu plus que mon quota. Celui du petit connard ivre, en 306 tuninguée à mort,  qui double toutes les voitures sur le périph parisien et qui finit sur le toit, de l’autre côté de la barrière. Celui du motard qui essaie de s’insérer dans la circulation et qui termine sous un sac blanc, la main toujours accrochée à la poignée de vitesse de sa bécane. Celui, en Inde, de la belle Ambassador qui a fini dans la rivière. Bref, des accidents, j’en ai vu plein. Du coup, je me trimballais systématiquement avec des couvertures dans le coffre, des bouteilles d’eau, et le gilet fluo, bien avant qu’il ne soit obligatoire.

 

Et puis, il y a ceux que l’on ne voit pas, mais que l’on apprend. Par téléphone, la plupart du temps. Ces accidents là me marquent encore plus parce qu’ils touchent des gens que je connais. Je redoute ces coups de fil. Celui de ma mère qui m’apprend l’accident d’une amie de ma frangine, tuée en voiture à cause d’un connard qui changeait son CD, en même temps qu’il allumait sa clope et tenant le volant. On se demande encore comment il faisait. Celui de la mère d’un jeune que l’on devait prendre en formation. La mère m’avait laissé un message sur mon répondeur, pour me demander de ne pas lui envoyer les papiers de la formation, pour ne plus avoir de courrier qui arrive au nom de son fils.  Et puis il y a les accidents que l’on apprend par hasard. Comme celui du gamin du bout de la rue (l’autre bout de la rue. On meure vite dans cette rue !). Il avait grillé un feu en mobylette. 15 ans étalé sur la chaussée, finalement, ça ne fait pas grand-chose ! On l’a appris parce que selon la coutume gitane, les proches ont brulé les affaires du mort. Plus de 100 personnes toute la nuit dans notre petite rue, sans un bruit, sans un cri, ça surprend !

 

Ces morts là me brutalisent, me renversent. Les morts sont dures pour ceux qui restent, quelles qu’elles soient. Mais les morts par accident de la route me paraissent encore plus dures. Comme si on pouvait établir une hiérarchie dans la mort. Je me dis que les suicides sont voulus. Ils sont tout aussi brutaux que les accidents, mais ils résultent d’une volonté. Les maladies sont inévitables. Qu’elles soient brusques, comme un arrêt cardiaque ou une rupture d’anévrisme, ou bien plus longues, comme les cancers. Je les trouve du coup plus « supportables ». Mais pas les accidents de la route.

 

Forcément, à faire beaucoup de route, j’y ai pensé souvent, autant pour les autres que pour moi. Je suis une mamie au volant. Je respecte toutes les limitations, les règles de conduite. Ca ne me prémunit pas contre les accidents que je pourrais subir, mais ça limite ceux que je pourrais créer. Je me dis que si je devais choisir ma mort, je préfèrerais celle d’Henry Salvador : une rupture d’anévrisme brutale et indolore après 91 ans de vie bien remplie ! Je vous l’avais dit, c’est un billet morbide !

par BBK.mel publié dans : Soyons sérieux
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Mardi 19 février 2008
Ce sont deux pointures, chacun dans son domaine !  A apprécier sans modération !


par BBK.mel publié dans : Raaahhh !
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Lundi 18 février 2008

Ré-édition d'un article paru le 18 août 2007. Juste pour le fun !


J'ai craqué. J'avoue, j'ai craqué. J'ai hésité longtemps : j'ai une famille, des enfants,un boulot... Il m'a fallu plusieurs rencontres. Mais j'ai cédé. J'en avais trop envie.

Au départ, ça a été juste un regard et quelques mots. On échange un sourire, des paroles banales. C'est moi qui ai fait le premier pas. Puis je suis revenue. Il m'a reconnue. Il m'a souri. On engage la conversation l'air de rien. Il a l'air d'attendre. Il ne veut pas me forcer la main. Il a de jolis yeux noisettes. Une petite barbiche. Il est nettement plus jeune que moi. Peut-être un brin ironique, lorsqu'il sent mon hésitation.
- "Ca ne vous engage à rien. Juste une fois."
C'est vrai que j'en ai envie. Il doit le comprendre. Il me laisse mariner le salaud !
Puis on fixe un rendez-vous. Un vrai. Le premier...et peut-être le dernier. C'est dans deux jours. J'angoisse mais je suis joyeuse. Comme libérée. C'est vrai après tout que ça n'engage à rien. Je pourrais ensuite partir, ne jamais revenir. Il ne viendra pas me chercher, c'est sûr. Et c'est plutôt bien. J'ai un petit pincement de coeur en pensant à mes enfants. C'est du temps que je leur vole, que je ne passerais pas avec eux. Mais la pensée de mon rendez-vous me fait chasser cette idée.

La veille du jour fatidique, angoisse. J'ai rien à me mettre ! Quelle fille n'a jamais dit ça. Il faut que je trouve quelque chose. Vite ! Il me faut quelque chose de simple, mode et cool à la fois. Il ne faut pas que l'on se rende compte que j'ai fait des efforts exprès. j'ai ma fierté après tout ! Je courre les magasins. J'ai pas les moyens de mettre une fortune dans une nouvelle tenue, alors je farfouille les rayons pour dénicher la perle rare qui me fera toute belle. Parce qu'évidemment, je veux être belle. Pasenvie d'avoir l'air d'un sac. C'est important le regard des autres. Surtout une première fois.

Que vais-je mettre en dessous ? String ou culotte ? Je vais me déshabiller. Les dessous sont importants aussi. Un string, c'est joli, mais ça fait peut-être un peu pétasse. La culotte, c'est plus confortable, mais c'est moins sexy. Après hésitation, j'opte pour une jolie culotte en coton,simple. Genre petite fille innocente que je ne suis pas.
Arrive la phase épilation. Pourquoi les femmes ont-elles autant de poils et autant envie de les enlever ? Cire, appareil électrique, pince à épiler, pendant deux heures, je traque le moindre poil, seule dans ma salle de bain. Inspection finale : les jambes, c'est OK. Le maillot, version brésilien. Juste la petite touffe qui va bien, invisible même sous le string le plus mini. Les aisselles, ça peut aller.je fignole à la pince à épiler. Je déteste les bras qui se lèvent avec la moumoute en dessous. C'est un tue l'amour. Tout est nickel. Jeme sens jolie.

L'heure du rendez-vous approche. Vite, une bonne douche. Je sais que je vais en prendre une après, mais je ne veux sentir que le propre avant d'y aller. Quitte à prendre trois douches dans la journée. Du déodorant. On transpire beaucoup la première fois. Les autres aussi d'ailleurs. Mais allez savoir pourquoi, la première est toujours la plus intense. Je me tartine, je suis prête.

C'est presque l'heure. Je suis en avance. Je ne voulais pas arriver en retard. Je sais, il faut parfois se laisser désirer. Je m'en fous. Je regarde l'escalier. C'est en haut. Il sera là, je sais.  Il attend. Je grimpe les marches. Il me regarde arriver. Il me sourit. Yeux noisettes. Petite barbiche. Il me tend ma carte de visiteur au club de gym.
- bienvenue , BBK. J'espère que votre cours d'essai va bien se passer.

par BBK.mel publié dans : au fil des jours
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Dimanche 17 février 2008
Je relis avec plaisir les aventures du Conte de Monte Cristo. Je retrouve toujours avec le même bonheur ce personnage ardent, vengeur, terrible. J'aime la galerie de personnages qu'offre ce livre : l'esclave Haydée, Bertuccio l'intendant, les enfants de Morrel...

Mais à chaque fois que je reprends ce livre, j'ai en mémoire l'adaptation télé faite par Josée Dayan en 1998. Et chaque fois, à mon imaginaire d'un Conte de Monte Cristo mince, vampiresque, pâle, froid, diabolique, se substitue l'image de Gérard Depardieu, gras, rubicond, aussi proche de Monte Cristo que moi de Sissi Impératrice. Et cette image casse mon rêve. Putain d'adaptation télé ! Que n'ai-je éteint ma télévision ce jour là ?!

monte-cristo-depardieu.jpg

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par BBK.mel publié dans : humeur
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Vendredi 15 février 2008

Flore ne va pas bien. Elle ne le dit pas, mais je le sens. Elle porte un nom de fleur, elle est frêle comme un jeune saule, souple comme une liane, tendre comme une pousse d’herbe. Une fille-fleur, fraiche comme le printemps. Elle se pose dans un coin de la classe, elle fait un sourire et on ne l’entend pas plus qu’une brise d’été. Et là, je sens qu’elle ne va pas bien. Elle parait toujours frêle, souple, tendre. Mais la fleur en elle semble se racornir, comme brulée. Pourtant, elle fait toujours le même sourire, elle s’assoit toujours à la même place, on ne l’entend toujours pas plus que ça. Elle a été absente toute la semaine dernière. Et là, elle semble fatiguée, comme si une partie de sa fraicheur s’en était allée.

 

Ce n’est pas dans mes habitudes d’interroger mes élèves. Leur vie ne me regarde pas. Je me suis contentée, lorsqu’elle m’a montré son carnet de correspondance où était inscrit le motif de son absence : maladie, de lui demander si elle allait mieux. Elle m’a répondu : ça va, de sa voix nette et claire. Puis elle est retournée s’asseoir. Je la regarde du coin de l’œil pendant que je parle en cours. Au coin de sa bouche, je vois parfois un pli amer. Mais ce pli disparaît si vite, que je me dis que je rêve, que je l’ai imaginé. Pour une fois, je déroge à la règle. Pendant que tout le monde range ses affaires, alors que la sonnerie vient de retentir, je lui parle.

- Tu ne m’as pas l’air en forme, Flore. Quelque chose ne va pas ?

Elle me regarde à peine pour répondre que non, tout va bien.

Il y a des fois où on prend des initiatives sans pour autant savoir ce qui nous a poussé. J’ai suivi mon instinct, et mon instinct me disait de continuer. Je laisse ses camarades s’éloigner un peu.

- Je ne crois pas que ça aille, non. Tu as une tête de cadavre et un regard de déterrée. (bon, certes, j’exagère un peu !).

Elle lève la tête, surprise de mon langage.

- Arrête donc de me raconter des bourdes et de t’en raconter à toi. Quelque chose cloche, tu n’es pas comme d’habitude. Maintenant, si tu ne veux pas parler, ce que je peux comprendre, c’est ton choix, je n’insisterai pas. Mais ne me dis pas que tout va bien.

Elle hésite un instant. Puis elle me fait le sourire le plus standardisé qui existe et me jure que non, non, pas de problème, elle est juste un peu fatiguée. C’est tout. Là encore, va comprendre pourquoi, mon instinct me dicte mes mots. Ils sortent de ma bouche et je les entends, les comprends au moment où je les prononce.

- La dernière fois que j’ai vu une fille avec la tête que tu as, elle était enceinte.

Elle s’est arrêtée sur le chemin de la porte, pâle comme un linge.

- Vous allez le dire à mes parents ?

- Leur dire quoi, Flore ?

- Ben pour moi…

- Que veux tu que je leur dise ? Que tu as une sale tête en ce moment ? Je ne crois pas que ce soit suffisant pour ameuter le quartier…

- Non, je voulais dire, enfin, vous savez, quoi !

Non je ne sais pas. Non, je ne veux pas m’appuyer sur des suppositions.

- Leur dire que je suis enceinte.

Ca y est. Le mot est lâché. Il lui semblait si dur à sortir, et pourtant, elle a l’air tellement soulagée de l’avoir dit, comme si un poids énorme s’était retiré de sa poitrine.

- Qu’est-ce que tu veux faire ?

- Je ne sais pas.

Elle a l’air vraiment désemparée. Il n’y a pas trente six solutions, il y en a deux. Soit elle garde le bébé et un jour où l’autre, le plus tôt sera le mieux, il faudra le dire à ses parents, soit elle ne le garde pas, et ça veut dire avortement, hôpital, frais médicaux. Elle s’affole. Elle ne peut pas parler à ses parents. Elle est portugaise, son père surveille sa vertu comme il surveille ses pintes de bière, avec attention. S’il l’apprend, elle se fera tuer. J’ai déjà croisé son père, je la crois bien volontiers. En tout cas, elle se fera tabasser, c’est certain. Quant à l’avortement, elle est allée voir dans au premier hôpital venu. Elle savait ce qu'elle voulait. Elle se disait que l'avortement est autorisé en France, que l'on va comprendre son désarroi. Une infirmière l’a reçue à la porte de la maternité, sans même avoir la décence de la faire entrer dans la salle d’attente ou de la faire assoir, s’est contentée de lui demander de quand dataient ses dernières règles et de lui dire que de toute manière, c’était trop tard, elle n’avait qu’à se débrouiller toute seule. Elle était donc allée voir des gynécos en ville, mais tous lui avaient répondu, via leur secrétaire, que de toute manière, ils ne faisaient pas d’IVG. Démerdes toi ma belle !

Elle n’était pas en cours la semaine dernière parce qu’elle avait fait toutes les démarches. Elle avait prévenu la vie scolaire de son absence en se faisant passer pour sa mère. Comme c’est une petite nana sans problème, personne n’avait cherché plus loin. Mais maintenant qu’elle avait épuisé ce qu’elle pensait pouvoir faire, elle ne savait plus. Elle s’effondre en larme dans la classe. Elle me raconte alors tous les regards des infirmières qui l’avaient reçue, tous les sourires de commisération, le pli méprisant dans la bouche des médecins, l’air stupéfait de la secrétaire du cabinet d’analyses où elle avait fait un test et qu’elle était revenue voir parce qu’elle ne savait pas le lire. Tout sort d’un coup, le sac se vide. Elle raconte son impression d’être seule, si seule. Sans ses parents à qui elle ne peut pas parler. Sans son mec, qui veut bien lui filer de l’argent pour ses frais mais ne veut pas l’aider plus que ça, sans ses copines de classe qui la verraient comme une pute, une salope parce qu’elle a couché. Et la difficulté de devoir faire comme si de rien n’était, continuer les cours, les repas avec sa famille, alors que tout crie en elle. Aidez-moi, Madame, demande-t-elle. Aidez-moi.

 

Je ne peux pas l’aider toute seule. Je ne suis pas médecin. Je ne suis pas sa mère. Il faut faire vite, car si l'on attend, ce sera la Belgique, une grossesse bien entamée, plus dure à vivre et à faire passer. Je ne me pose pas la question de pro ou pas pro avortement. Ca n'est ni le lieu, ni le moment, comme ce n'est pas le lieu et le moment de parler de ce qu'elle aurait du faire avant, pour ne pas tomber enceinte. C'est juste une gamine qui est toute seule et qui a peur. Alors, j’ai parlé à la CPE, à l’assistant social. La CPE a couvert ses absences. L’assistant social l’a aidée dans ses démarches. Ma propre gynéco l’a reçue. Je n’ai pas eu les détails de la suite. Je l’ai simplement retrouvée quelques temps après à sa place, dans ma classe, frêle, souple, tendre, et de nouveau fraiche comme une brise de printemps mais avec dans l'oeil l'éclat de celle qui a croisé la gente humaine dans ce qu'elle avait de bon et dans ce qu'elle avait de mauvais.

flore.jpg

Si Flore n'existe pas en tant que telle, toutes les démarches tentées, tous les éléments décrits sont rigoureusement vrais. Ils sont issus de l'expérience d'un certain nombre de Flore, plus ou moins jeunes, ayant eu plus ou moins de chance...

par BBK.mel publié dans : Portraits
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Jeudi 14 février 2008

Je hais la Saint-Valentin. Je trouve cette fête débile. Sur le principe, déjà. Faire une fête de l’amour alors que l’amour est une fête (bon, pas tous les jours, je vous l’accorde !). Pourquoi faire la journée des amoureux une fois dans l’année alors que ça devrait se fêter toute l’année ?! Et puis, je trouve des tonnes de tares à ce jour là !


saint-valentin-bd.png

 

Tout d’abord, le cadeau obligatoire. Il faut absolument offrir un cadeau pour la Saint-Valentin. Si tu ne m’offres pas de cadeau, c’est que tu ne m’aimes pas ! L’HommeDesBois m’a prévenue tout de suite, lorsque l’on s’est rencontré : « tu n’auras pas de cadeau pour la Saint Valentin. Tout le reste de l’année si tu veux, mais pas le 14 février ». Ca tombe bien, j’avais pas l’intention de lui en offrir un ! Et puis les cadeaux, chez nous, c’est jamais à date fixe. On tombe sur une idée sympa, sur un truc dont on sait que ça va plaire à l’autre, on lui offre. Mais on ne cherche pas désespérément le cadeau qui fera de lui un homme beau et viril et de moi une femme fatale (que je suis les 364 autres jours de l’année). Et puis, c’est toujours les mêmes trucs qui sont offerts à ce moment : parfums, bijoux, lingerie, accessoires (je pensais à cravates, foulards, ceintures, bande de petits coquins !!). Remarquez, c’est un principe économique. On fait un effort de recherche et financier un jour dans l’année et on est tranquille pour le reste du temps. Cela suffira-t-il à relancer la consommation ?


saint-valentin-commerciale.jpg

 

Le cadeau ne s’offre bien sûr qu’après un bon restau. Il faut absolument trouver le restau qui va bien, avec lumières tamisées et chandelles sur la table, gâteau en forme de cœur et cadeau sous la serviette. Champagne obligatoire ce jour là. Nous sommes adeptes des bons restaus, l’Homme et moi. Donc, nous nous sommes retrouvés plus d’une fois le 14 février dans un antre de la gastronomie, pas parce que c’était la Saint Valentin, mais simplement parce que nous avions envie de nous faire un bon repas. Et là, nous observons, morts de rire, tous les petits couples qui n’ont rien à se dire et qui se regardent dans le blanc des yeux. Ou bien qui s’ennuient tellement qu’ils passent leur temps à mater les tables à côté, en n’ayant strictement rien à se dire ! Flippant. Il faut aussi penser que pour les restaurants, cette soirée est un calvaire. Que des tables de deux, l’horreur !


saint-valentin-restau.jpg 

Je sature de toutes ces pubs, toutes ces affiches tout en rose et en cœur ! Ecœurant. Tout ça pour nous faire culpabiliser de ne pas déclarer sa flamme à l’être aimé ce jour là. Et les célibataires, ils font quoi ? Ils se déclarent leur flamme dans le miroir ? A défaut d’être aimé par quelqu’un, est-ce que j’arrive à m’aimer moi-même ? C’est toujours énervant de voir que la norme c’est le couple. Et que le célibat, volontaire ou non, reste une tare. Noël en famille, comme Pâques, la fête des mères, des pères, des grand-mères, du chien… et la Saint-Valentin en couple. Si vous n’avez pas envie d’être en famille ou en couple, tant pis pour vous. Vous serez anormal (au sens, pas dans la norme). Et rien ne sera fait pour vous ! Et bien sûr, il faut que le couple représenté soit une caricature des contes de fées. Le prince charmant est beau, jeune, viril, attentionné. Il mourrait pour sa belle. La princesse est jeune, belle, moderne, mais elle cède au prince charmant parce qu’il est beau-jeune-viril-attentionné. Quand on me parle de Prince Charmant, je pense toujours à celui dans Schrek. Ca casse un peu l’image….

 
saint-valentin-prince-charmant.jpg

Quoi qu’il en soit, je me refuse de faire quoi que ce soit ce jour là, si ce n’est un article rageur ! Mon seul regret est de ne pas pouvoir goûter le super menu que fait notre restau préféré pour ce jour là. S’il pouvait le faire à un autre moment dans l’année, ça m’arrangerait ! Alors tant pis. Je me vengerai en regardant un film avec Johnny Depp !


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par BBK.mel publié dans : humeur communauté : Humour de tout genre
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Mercredi 13 février 2008
La culture c'est , parait-il, ce qui reste lorsque l'on a tout oublié. J'ai grandi avec les Stones,  les Stooges, les Ramones, les Sex Pistols, Clash, Police, Eurythmics, Motorhead, Doors, Renaud, Téléphone et autres musiques quelques peu remuantes. J'ai été élevée à la guitare électrique saturée. J'ai biberonné de la revanche et de la révolution en même temps que mes premières bières.

Et pourtant, au milieu de ce magma d'ondes musicales, j'en retrouve d'autres, qui me viennent de mon enfance et de ce que mon grand-père a essayé de me transmettre. Je viens de tomber sur cette chanson là. Et elle me file des frissons, comme à chaque fois que je l'ai écoutée.


par BBK.mel publié dans : ça déménage...!!
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Mardi 12 février 2008
Vous avez peut-être suivi le concours lancé hier. Louis a eu la délicatesse et le talent d'écrire une petite histoire là-dessus. Alors je vous en fais profiter.


Michel d’un signe discret fait remplir les choppes et la soirée s’annonce douce. Roger en grande forme nous régale avec sa compilation des Doors. Les cons sont rentrés se coucher, et nous sommes bien, tous serrés autour de la pompe à bière. Paulo le rugbyman s’est assoupi sur le bar et Joël essaye vainement d’embrasser la seule fille qui a bien voulu rester avec nous. Lucien se racle la gorge avant de se lancer:

- Tu te souviens de ma nièce, la fille de BBK ?

- Schtroumpfette ? Le contraire serait malheureux, tu en parles tous les soirs, celle qui va avoir le Nobel ?

Lucien se renfrogne un peu, mais il a trop à dire :

- Ben déjà, tu la verrais la Schtroumpfette aujourd’hui, tu grimperais au rideau. Passons. Figure-toi qu’elle est chercheuse dans un labo et qu’elle a besoin de moyens. Mais son directeur, un con fini ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Il mériterait une bonne leçon.
Un long silence puis Michel montre son verre déjà vide. Lucien comprend le message subliminal et demande à Roger d’agir. Ca tombe dru ce soir. La petite rouquine rigole de plus en plus fort devant les assauts maladroits de ce pauvre Jo.

- Dit moi, pourquoi tu nous racontes ta vie de famille ?

Lucien, craintif, se rapproche de moi, il sent la baffe venir. Parce qu’avec Michel, y’a pas de journal météo. Ca tombe sans prévenir.

- Tu veux quoi exactement ? Qu’on bute ce type ? Qu’on enlève ses gosses ? Qu’on mange sa femme ? Tu ne sais pas que la recherche manque de moyens ? Si cela se trouve, son directeur est un brave type. Un qui ne fait qu’obéir.

- Rien que pour cela, il mérite une bonne leçon.

Il n’y a pas de foot en ce moment, on ne fait pas grève avant un mois, et la fille est partie toute seule finalement, alors nous nous mettons à cogiter en sirotant nos verres.

- Si on lui offrait une soirée avec nous ?

Roger ricane, « Non, là c’est trop cruel, il ne mérite quand même pas cela ! » content de lui, il remet sa tournée.

 
- Tu connais la phrase de De Gaulle ? « Des chercheurs qui cherchent, j’en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, j’en cherche.

- Très drôle, vraiment très drôle. C’est la grande forme ce soir.

- Moi je le séduirais pour faire des photos cochonnes, puis je balancerais tout sur Internet.

Nous fixons Paulo, incrédules avant d’éclater de rire.

- Tu fais une belle cochonne, mon Paulo. En attendant, paye ta tournée.

La nuit s’est étirée et chacun a balancé sa connerie. A chaque connerie une bière, au matin plus personne ne savait exactement ce que l’on cherchait. Roger a sifflé la fin du match et nous sommes rentrés chez nous.

Finalement, qu’est-ce que vous croyez ? J’ai dragué Schtroumpfette, volé un 4X4 et roulé sur le directeur.
La routine quoi !


Pour retrouver Martin, Michel, Roger et les autres dans les bars de Lyon, c'est par là...
par BBK.mel publié dans : ça déménage...!! communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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