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Jeudi 3 avril 2008

 

Cindy est une demoiselle souriante. Souriante et discrète. Le genre de petite nana qui se pose sur sa chaise, semble s’intéresser au cours, ne bavarde pas plus que ça (mais suffisamment pour montrer qu’elle est une nana normale). Le genre de petite nana que l’on est ravi d’avoir en cours et que l’on oublie au bout d’un moment tant elle est discrète. On l’oublie tant elle ne fait pas de vague, dans un sens comme dans l’autre. L’élève idéale ? Peut-être pas non plus, parce que je serais incapable de définir mon idéal d’élève. Une élève normale, c’est sûre. Sa seule concession à l’originalité a été de revenir un jour avec des tresses africaines sur tout le crâne, avec quelques rajouts rouge pour colorer le tout. Bref, rien de bien choquant.

Elle est souvent avec deux copines, du même tonneau qu’elle. Les trois sont devenues un peu la référence : lorsque l’une d’elle ne comprend pas l’exercice, c’est que la moitié de la classe n’a pas compris. Lorsque l’une d’elles commence à montrer des signes d’agacement, c’est qu’il faut changer de sujet, la classe risque de partir en vrille. C’est très rare que l’une ou l’autre explose, donc nous tenons d’autant plus compte de leur éventuel mécontentement. Et comme elles sont rarement absentes, on a un baromètre de la classe en permanence.

 

Mais voilà, Cindy est absente. Depuis plusieurs jours. Ca lui arrive de temps en temps, elle est malade comme tout le monde peut l’être à un moment donné. Ce qui me surprend plus, c’est que les deux autres (appelons-les Claire et Cécile) complotent, papotent de manière intensive, l’air sérieux. Se passerait-il quelque chose ? Mais comme souvent, comme elles restent calmes et discrètes, j’oublie au bout d’un moment le problème. Et continue mon cours.

Je les interpelle quand même le lendemain dans la cour, en leur demandant si Cindy est malade. Elles se regardent, hésitent un peu, et lâchent : « Non, enfin, un peu. Elle a des soucis de famille… ». « Des soucis de famille… ? » (Notez la question miroir, très efficace en général pour relancer la conversation et inciter les gens à poursuivre leur idée ! Et hop, un cours de vente, un !). Elles se concertent du regard, semblent vouloir dire quelque chose, mais la sonnerie de fin de récré retentit et je perds mes pin-ups, qui partent en cours.

Je les retrouve en fin d’après midi pour mon cours. Elles se plantent toutes les deux devant mon bureau. Et m’expliquent. Voilà, Cindy est partie de chez elle. Elle a fugué il y a quatre jours. Et elles sont inquiètes parce qu’elles n’ont pas de nouvelles depuis deux jours. Elles n’ont plus de forfait téléphone l’une et l’autre. Elles veulent la joindre pour se rassurer. Je leur passe mon portable. Et je reste surprise à mon bureau tandis qu’elles vont appeler leur copine. Voilà une petite nana dont je n’aurais jamais pu supposer qu’elle partirait de chez elle.


Elles ont fini par me raconter toute l’histoire. La gamine s’est enfuie après une dispute avec son père. Elle a appelé ses parents au bout d’une ou deux journées pour leur dire qu’elle ne rentrait pas. Elle est allée chez sa grand-mère. Le lycée n’est pas prévenu et ne le sera pas. Elles me demandent de ne rien dire. Et je me retrouve dépositaire d’un secret qui n’est pas le mien et qui pèse bien lourd. Entre la confiance des gamines qui me parlent (et je tiens à garder cette confiance, parce qu’en cas de coup dur, les mômes savent qu’ils peuvent me parler.) et le fait de détenir une information importante pour le lycée je ne sais que faire. Où est la limite légale à tout ça ? Suis-je obligée de prévenir la vie scolaire ? Dois-je appeler la famille ou l’assistant social ? Je fais quoi, moi, avec cette info ?

J’ai fait passer le message à Cindy qu’elle rentre en cours le plus vite possible. Si elle est chez sa grand-mère, ça reste en famille. Si la famille n’a pas prévenu le lycée de la fugue, je ne suis pas sûre que ce soit à moi de le faire. Bref, je suis bien enquiquinée avec ce secret. J’ai dit aux gosses que je ne dirais rien, mais que si on vient à m’interroger sur l’absence de Cindy, je répondrai. Je n’étais pas au lycée aujourd’hui. Je verrai demain si elle est là…


 

 


 

par BBK.mel publié dans : Portraits
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Mercredi 2 avril 2008

 

J’ai toujours pensé que les filles étaient plus calmes que les mecs. Vous allez me dire que c’est du sexisme à deux balles, comme dire que les garçons préfèrent les voitures et les filles les poupées. Mais j’ai pu constater dans ma carrière d’enseignante que les filles prenaient plus le temps de réfléchir que les mecs, qu’elles étaient souvent plus studieuses et très souvent meilleures en cours. Jusqu’à ce que je rentre en lycée pro…



 


Lorsque je suis arrivée en lycée pro, j’ai changé d’avis sur le calme des nanas. Bon, il faut dire qu’en tertiaire, nous avons beaucoup de filles. Cette année, sur 34 élèves je dois avoir 7 garçons, perdus dans un nuage de poudre, de ricil et de franges savamment découpées. Mais l’année précédente, c’était l’inverse : les deux tiers de la classe étaient composés de mecs. Et pourtant, le constat est le même : les nanas sont des dures !
« Cette meuf est une caillera ». Comme dans la chanson, les meufs sont des cailleras. Elles arrivent en roulant des mécaniques, en envoyant balader les mecs. Elles tiennent le haut du pavé (qui a dit qu’elles tenaient le haut du trottoir !! ), lèvent le menton de défi et toisent ces pauvres petits couillus qui se font du coup tous petits à côté. Qu’elles soient en jogging ou en slims-petits talons, elles imposent leur point de vue et s’imposent tout court !


 

 


Et puis, contrairement à la chanson de Renaud, Miss Maggie, elles sont violentes. 80% des bagarres, intimidations, violences verbales ou physiques qui ont lieu au lycée sont le fait de filles. Et pourtant, elles sont certes en majorité dans mes classes, mais en minorité dans le lycée. Et un crêpage de chignons, c’est encore plus impressionnant que des bagarres entre mecs. Les bagarres entre mecs ressemblent à des matches de boxe : chacun se regarde, tourne autour de l’autre. On est dans l’intimidation virile. Lorsque les nanas passent à l’acte, elles ne lâchent pas le morceau, en l’occurrence l’autre fille, et on a du mal à les séparer. Et le but est non seulement de faire mal à l’autre, mais de lui laisser des traces morales et physiques (d’où des morsures, griffures…de préférence au visage). Je me rappelle d’une bagarre de fille : comme on n’arrivait pas  à les séparer, on a prévenu le père de l’une d’elle. Le temps de le prévenir, qu’il prenne sa voiture, qu’il arrive au lycée, sa gamine n’avait pas lâché l’autre belligérante et même lui a eu du mal à arrêter sa belle ! Bon OK, depuis, elle est en taule.
 




 

 

Et puis elles n’hésitent pas à recourir à la violence pour se faire entendre. Une de mes élèves, que j’aime beaucoup par ailleurs, me sidérait en m’annonçant qu’elle allait casser la gueule à une patronne de magasin en ville, pour la simple et bonne raison que ladite patronne n’avait pas laissé sa cousine faire son rapport de stage comme elle l’entendait. D’un côté je trouve que le côté « je défends ma famille » est sympa, de l’autre, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a certainement un autre moyen de régler le problème. Et puis ces jeunes filles sont des maitresses femmes : la plupart sont très féminines, mais toutes sont indépendantes. Hors de question de tomber sous la coupe d’un mec pour vivre. A contrario, j’entends de plus en plus d’élèves mâles me dire que leur but dans la vie c’est de trouver une gonzesse qui travaille et qui rapporte des sous tandis qu’eux se la coulent douce… Inversion des rôles ? Mais qui porte le jeans là dedans ?!!

 

 

 

Chose étonnante voire choquante, ces demoiselles sont vulgaires. Certaines sont de vrais charretiers, comme par exemple la murène ou la morue. Mais au-delà du vocabulaire, elles sont parfois parfaitement immondes : elles rotent, elles pètent, rien ne les arrêtent ! C’est surréaliste de voire une charmante blonde pépette et pimpante, se mettre à roter bruyamment, son petit sac bien posé au creux de son bras, perchée sur ses petits talons pointus et sanglée dans sa petite veste ! Je n’arrive pas à m’y faire. Je trouve déjà ce genre d’attitude vulgaire chez un mec. Chez une nana, je trouve ça innommable.
Ces poissonnières là sont les premières à monter au créneau en cas de souci, telles des suffragettes. Elles défendent le veuf et l’orphelin, se font l’avocates du diable et remuent ciel et terre pour obtenir ce qu’elles veulent. Bref, ces nanas sont souvent bien plus couillues que leurs homologues masculins !

 


 



 

par BBK.mel publié dans : au fil des jours communauté : La communauté pédagogique
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Lundi 31 mars 2008

Grande discussion sur le rôle de l’école et des profs aujourd’hui. Avec les CPE. Pour une fois toutes les deux dans le bureau, c’est rare. Je me retrouve souvent à papoter avec elles. Parce que nous avons une vision commune de nos métiers et que nous avons pris l’habitude de travailler ensemble. Régulièrement nous nous tenons informées des problèmes rencontrés avec mes secondes BEP, nous nous concertons pour avoir une direction commune. Bref, on bosse ensemble.

Là, comme souvent, je venais faire un point. La classe va mal. Vulgairement parlant, elle part en sucette. Certains profs n’en peuvent plus, se trouvent débordés. D’autres, sans aller jusque là, commencent à trouver que l’ambiance de travail laisse à désirer : bavardages incessants, insolences plus rarement, manque de travail, des élèves qui dorment parfois, d’autres qui dessinent, des qui sont largués. Dans le lot, très peu font preuve d’une certaine envie de bosser et essaie de progresser. Même moi, ils m’agacent de plus en plus ! Et je suis mieux lotie du groupe, ça se passe bien entre les élèves et moi (heureusement, je les ai 11 heures dans la semaine !).

 

Certains de ses élèves (une bonne moitié, en fait), a fait l’objet d’un ou plusieurs avertissements, parfois d’exclusions temporaires, voire même de commissions disciplinaires. Et après ? Et après toutes ces mesures, que nous reste-t-il à faire pour (ou contre) ces jeunes qui ne veulent pas se mettre à travailler, par ennui, démotivation, erreur d’aiguillage dans la filière, que sais-je encore ? Que faire lorsqu’on les a avertis plusieurs fois et sanctionnés plusieurs fois ? Que peut-on faire de plus lorsque la seule chose qu’on peut leur reprocher c’est de ne pas travailler (quand je dis ne pas travailler, je ne parle pas de ceux qui ne font pas leurs devoirs à la maison. Je parle de ceux qui passent le cours à dessiner, ou bien qui regardent leur feuille pendant une heure sans daigner prendre leur crayon ou au pire refuse de répondre aux questions) ou bien encore de bavarder puisqu’ils s’ennuient en cours. Parfois ils sont absents : dans ce cas, on peut agir auprès des familles et mettre en place un suivi. Mais certains sont là. Et ne font rien. Strictement rien qui se rapporte au cours en tout cas.

Que peut-on faire dans ces cas là ? Rien. On ne peut rien faire. On ne peut pas les sanctionner plus qu’ils n’ont été (cela servirait-il à quelque-chose, d’ailleurs ?). La discussion s’avère efficace momentanément. Mais le cours suivant, fin des bonnes résolutions. Je me suis rendue compte que certains bossaient avec moi parce que je leur parlais beaucoup et que j’essayais de leur faire comprendre les choses. Certains bossent même pour me faire plaisir (ça marche aussi avec d’autres profs. Je n’ai pas la primeur du truc. Chaque élève a ses têtes de profs avec qui il bosse). C’est flatteur et c’est sympa, mais ça ne fait pas avancer le schmilblick pour autant. Mais au bout du compte, plus rien.

 

Que faire de ces élèves, oubliés du système que l’on traine d’une classe à l’autre (ou d’un établissement à l’autre lorsqu’ils sont un peu plus remuants que la moyenne) ? Rien. On les fait passer en terminale BEP. Si par miracle ils ont leur diplôme au bout du compte (ça voudrait dire que je ne sers à rien et qu’ils se sont farcis 11 heures de cours par semaine avec moi alors qu’ils auraient pu s’en passer), on les retrouvera même peut-être en bac pro. Où ils glandouilleront de la même manière.

 

Les différents inspecteurs que j’ai pu entendre, les différents formateurs IUFM ou autre qui ont évoqué le problème disent tous la même chose : si un élève ne travaille pas en cours, c’est la faute du prof. Toujours. Je prends un cas précis. Un des gamins de la classe est arrivé suite à une exclusion du lycée voisin. Il a plus de 16 ans. Il est là parce que sa mère lui a demandé d’être là. Donc il se pose sur sa chaise, met les mains dans les poches de son blouson et au mieux, attend que ça se passe. Au pire, bavarde et rigole avec sa voisine. Lorsque je lui demande pourquoi il ne travaille pas, il me répond qu’il s’en fout du cours. Je lui demande donc ce qu’il fout là ; il n’a qu’à rester chez lui (Hou la mauvaise prof, la mauvaise éducatrice. Si Grand Méchant Loup m’entendait, je me ferais tirer les oreilles ! Un élève veut toujours être là. C’est le prof qui est mauvais !). Mais il doit être là parce qu’il veut faire plaisir à sa mère. Ou plutôt, il ne veut pas d’ennui avec sa mère. Donc il préfère les ennuis avec le lycée. Il sait très bien que son attitude lui attirera une autre commission disciplinaire, un autre conseil de discipline et une autre exclusion. Et il ira dans un autre bahut. Et lorsque je lui demande ce qu’il veut faire, pour qu’il puisse trouver une orientation qui lui plaira plus, il me répond que ce qu’il veut c’est rester chez lui et que sa femme travaille et rapporte des sous. Mais c’est de ma faute s’il ne travaille pas. C’est parce que je ne sais pas l’intéresser.

 

Alors que l’on me dise comment je peux intéresser des gamins qui n’ont pas choisi la filière où ils se trouvent ? Et je ne me plains pas, j’arrive à leur faire comprendre que ce que je leur apprends peut servir partout, dans quasiment tous les métiers. Ouf ! Mais comment gérer et intéresser des mômes qui ont été orientés par défaut. Soit parce qu’ils ont demandé deux autres filières complètement bouchées (combien j’en ai qui voulaient faire coiffure, esthétique ou petite enfance et qui atterrissent en vente !), soit parce qu’en troisième on leur a dit qu’ils ne pourraient de toute manière pas faire autre chose et qu’ils avaient intérêt à mettre la vente en premier choix. L’ordinateur a fait le reste et je me retrouve avec une vingtaine d’élèves sur 33 qui sont là sans vraiment le vouloir. Pour apprendre un métier, c’est plutôt mal barré.

Alors ils ne font rien en cours. Et nous, on ne peut rien faire. Et on se retrouve avec une classe qui se détériore au fil du temps et dont on se demande comment on va la rattraper. Et qui est imperméable à toute sanction. Et qui ne réagit plus à rien. Et ont les parents nous disent « gardez-le, qu’il fasse au moins son BEP ! ». Mais le môme il s’en tape de son BEP. Parfois on les met en retenue pour bavardage ou mansue de travail. Mais il ne va même pas les faire. Alors au bout de plusieurs reports de colle, il a une exclusion. Et après, on repart à zéro. Mais bon, c’est la faute du prof.

par BBK.mel publié dans : humeur communauté : La communauté pédagogique
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Dimanche 30 mars 2008

Je suis revenue à l’IUT. Pas pour donner des cours, juste parce que j’étais invitée à une soirée avec les étudiants. C’était dans un département où j’ai peu enseigné. Donc je ne connaissais presque pas les étudiants. J’y allais surtout pour revoir les gens avec qui j’ai travaillé pendant douze ans. Et là, j’ai fait un constat terrible.

J’ai tout oublié ou presque. J’ai oublié où étaient les toilettes dans l’IUT. J’ai oublié le nom de certains collègues. Ca fait bizarre quand les gens se jettent sur moi en criant « BBK, tu es là, ça fait plaisir de te voir ! » et moi qui réponds, un peu gênée sur les bords « ah, salut…euh… (vite, trouver le prénom, vite, vite), euh, Jeannette ! ». Ouf, j’ai retrouvé à temps.  Et je ne me suis pas trompée !

 

Et puis il y a ceux pour qui ont fait des gaffes. Comme cette collègue devenue toute mince et à qui je faisais compliment sur sa sveltesse et qui m’a répondu qu’elle avait été malade pendant des mois et qu’elle devait sa taille fine à la chimio. Ca s’appelle mettre les pieds dans le plat. Et cette autre à qui j’ai failli demander des nouvelles de son mari. Je ne sais pas ce qui m’a arrêté à temps, mon instinct peut-être. J’ai évité l’impair, ledit mari est à l’article de la mort. Le genre de sujet que tout le monde évite d’aborder devant elle ! Il y a ceux, enfin qui ne me reconnaissent pas. Il faut dire que même si j’ai fait partie des premiers enseignants de l’IUT, je ne venais pas souvent et les emplois du temps faisaient que je ne voyais pas tout le monde. Mais bon, quand on a commencé à me demander de quelle promo j’étais, j’ai eu un doute sur la sobriété de mon interlocuteur…

 

Il y en a heureusement beaucoup pour lesquels je n’avais rien oublié. Et que j’ai revu avec plaisir. Il faut dire que j’avais fait pas mal la fête avec certains. Je venais à l’IUT tous les lundis. Pendant 12 ans. Et comme l’IUT était assez loin du centre ville (enfin, tout est relatif, mais le prof est feignant, tout le monde le sait !) j’avais pris l’habitude d’emmener ma gamelle le midi et de manger dans le bureau d’un collègue. Qui lui se contentait souvent d’un biscuit. Du coup, j’avais fini par faire à manger pour deux. Et puis un autre copain est venu se joindre à nous. Lui, il habitait sur place, donc en théorie il pouvait manger chez lui. Sauf que visiblement, il n’avait pas envie de revenir dans son appart pour déjeuner. Donc il venait avec nous. Alors, j’ai fini par faire à manger pour trois. L’un des deux autres fournissait les desserts, le dernier allait chercher une bouteille, histoire de ne pas rester le gosier sec.

C’était le moment où nous papotions de tout et de rien, le moment où nous étions peinards entre potes. Et puis j’en ai eu assez de faire à manger. Alors les autres s’y sont mis. Nous avons donc testé toutes sortes de cuisines plus ou moins réussies…et toutes sortes de vins. Il faut dire que nous étions tous amateurs. Et j’avoue qu’un certain nombre de cours du lundi après midi ont été…animés !

 

Et finalement, nous nous sommes rendu compte que l’heure du déjeuner ne nous suffisait pas. Nous avons donc trouvé des jours où nous n’avions pas cours l’après midi et nous sommes allés au restau. Pas le kébab du coin. Non. Des bonnes adresses. Que des bons restaus. Chacun payait à son tour. On tirait au sort celui qui conduisait au retour (souvent moi, d’ailleurs !). Puis d’autres ont trouvé la formule sympa : les derniers restaus, nous étions 6. On a même fini par faire des soirées complètes : nous nous arrangions pour faire des journées de soutenances les jours autour de la fête de la musique, nous programmions nos interventions et en profitions, dès les soutenances terminées pour nous faire un apéro dans l’IUT, suivi d’un restau ou d’une soirée chez les uns ou les autres et parfois d’une virée dans les bleds du coin pour suivre la fête de la musique.

 

Beaucoup m’ont dit « Oh la la ! C’est pas trop dur en lycée ? C’est devenu difficile, non ? » Oui, peut-être, je ne sais pas. Je manque de recul. Lorsque je lis certains articles de profs blogueurs, je me dis qu’il doit y avoir des endroits où c’est vraiment la galère, où il faut du courage et de l’abnégation pour se lever et aller au travail. Je n’ai pas la même impression. Les jeunes peuvent être durs, c’est certain, mais je ne le ressens pas. En fait, certains de mes anciens collègues me demandaient même comment je faisais pour survivre. Finalement, en IUT ce sont à peu près les mêmes qu’en lycée, mais en IUT il y a une sélection…et les jeunes ont plus de 16 ans donc aucune obligation de scolarisation. Et comme ils ont le bac, on peut toujours leur dire en cas de comportement limite que s’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte…

Certains m’ont demandé « tu n’aurais pas envie de revenir enseigner avec nous ? » En fait, non. J’aime ce que je fais. Et puis, il y a une telle segmentation dans l’éducation nationale que de toute manière, je ne pourrais pas. Mais j’ai quand même la nostalgie de nos petites bouffes. Et puis surtout, à force de voir des jeunes de 15 à 18 ans, j’avais oublié combien les étudiants d’IUT font beaucoup plus vieux et beaucoup plus mûrs que mes zouaves de BEP. Et qu’à cet âge là, ils sont encore presque tous mignons. Un régal pour les yeux…dont je ne m’étais pas aperçue pendant mes années d’enseignement sur place. Finalement, je vais peut-être regretter d’être partie en lycée…

par BBK.mel publié dans : au fil des jours
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Samedi 29 mars 2008

Je suis en train de perdre ma voix Barry White. Pendant 4 jours, j'ai eu l'impression d'être un ado en train de muer ! Pendant 4 jours j'ai été l'objet de moqueries de la part de mes élèves mais aussi et surtout de mes collègues ! Mais chose curieuse, les voix un peu rauques (enfin là, c'était carrément enroué) en font fantasmer pas mal. Entre autres un gamin de troisième qui a réussi à se taire pendant deux heures parce qu'il écoutait ma voix (c'est un fait assez rare chez lui pour être signalé !). Sa seule contribution au cours a été : "raaaaaahhhhhh, madame, j'aaaaaadoore votre voix".

J'ai enfin recouvré ma voix chaude, sensuelle, sexy ET féminine !! Et heureusement parce que ça devenait dur : un prof sans voix est un chomeur ! Et puis lorsque l'on a la possibilité de jouer avec toute l'amplitude de cet organe, on fait des miracles : mes élèves commencent à savoir exactemement au son de ma voix si je plaisante ou pas, s'ils peuvent tirer encore un peu sur la corde ou pas !

Et ce qui marche à chaque fois, c'est lorsque le prof en train d'écrire au tableau lance "Jeannette, tais-toi", sans même se retourner. Ah, jouissif. Ladite Jeannette qui pensait pouvoir profiter du dos tourné pour raconter ses derniers potins en reste en général toute interdite "ben, comment vous savez ?" La voix, jeune fille, la voix !!

Allez, aujourd'hui il fait beau, donc je ne testerai pas ma voix en chantant à tue-tête ; je vais la laisser se reposer un peu. Mais demain, c'est reparti ! En attendant, un peu de Barry White !




et une petite rencontre sympa !


Edit du samedi soir... En relisant ce texte, je me suis rendue compte que j'avais fait de nombreuses fautes et que j'avais laissé passer ça tel quel ! Honte sur moi ! J'ai rectifié les fautes (je crois qu'il n'y en a plus) et je vous demande pardon de les avoir laissées au départ !

par BBK.mel publié dans : Raaahhh !
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Vendredi 28 mars 2008
On m'a lancé un défi. Ecrire une histoire. J'ai tergiversé, au départ. Puis Adèle et Profette ont essayé et ont créé de superbes histoires. Je me suis donc lancée. Et voilà donc que j'ai écrit une histoire avec le héros de Louis. Un petit avant goût ? Voilà, voilà....

Faut que je me trouve une nana. Maintenant que je me suis débarrassé d’Olga, il faut que je trouve une nana. Une vraie, pas une que pour la soirée. Pas celles qu’on trouve dans les bars. Une vraie pour la vie et tout, une qui m’attendra avec amour, ses dessous affriolants et un repas tout chaud le soir, une qui acceptera mes amis, mes loisirs. Une qui me laissera vivre, quoi. Et puis, il m’en faut une belle. Evidemment. Parce que je compte la sortir un peu. Donc, il faut que je sois fier d’elle. Et puis, c’est aussi histoire de faire bisquer un peu Roger, Michel et les autres. Et intelligente avec ça. Une avec qui je pourrais avoir des discussions intelligentes sur la tactique de l’entraineur de l’Olympique Lyonnais et la stratégie à adopter contre les stéphanois ! Qu’on puisse parler d’autre chose que d’amour et de chemises à repasser. Et cultivée aussi. Il faut qu’elle puisse tenir la dragée haute à mon patron : maintenant qu’I speak english fluently, je suis monté en grade. Je dois représenter ! Je dois assurer avec les pontes de la boite. C’est pas rien !


 


Pour la suite, c'est chez Louis ! Et vous aurez deux histoires pour le prix d'une, puisque que l'épisode n° 37 vient de sortir et qu'il est magnifique ! Et vous pourrez relire les histoires écrites par Adèle et Profette. C'est y pas beau la vie ?!!
par BBK.mel publié dans : Raaahhh ! communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Mardi 25 mars 2008
malade-1.jpgJe suis malade. Oh, rien de grave, juste une bonne crève. Du genre de celle ou on reste au lit avec trois tonnes de mouchoirs sales qui s'amoncellent à côté et un nez rouge qui coule. Tout à fait glamour.
Sauf que :
  • L'HommeDesBois n'est pas là pour s'occuper des enfants : il est parti en vadrouille en Inde voir ses parents.
  • Les enfants vont à l'école parce que eux, ils étaient malades la semaine dernière et qu'ils m'ont refilé leur truc.
Du coup, je me retrouve à aller au bahut alors que je préfèrerais 100 fois rester chez moi. Je n'ai qu'à rester, me direz-vous. Oui, mais je ne peux pas. Je ne sais pas faire. Je ne sais pas rester pour un petit rhume à la maison. Surtout que je n'irai pas voir le médecin : pour qu'il me prescrive du Doliprane et des inhalations, pas besoin de lui. C'est parfois dangereux l'automédication, mais bon, c'est un rhume.

 Et puis, je ne me suis jamais arrêtée pour une petite merdouille. Les seules fois où je ne suis pas allée au boulot en 13 ans, c'est lorsque j'avais le pied dans le plâtre et que je ne pouvais pas conduire (et à l'époque, je travaillais à plus de 100 bornes de chez moi !), et une semaine pendant ma première grossesse, parce que j'étais fatiguée et que je m'étais effondrée en larmes dans le bureau de ma gynéco.

malade-2.jpg Et puis je suis d'une nature résistante. Une gastro chez moi dure une demi journée avec à peine un estomac barbouillé alors que les autres sont au lit à vomir tripes et boyaux. Un rhume se soigne en une journée : deux comprimés d' Humex Fournier et c'est reparti comme en quarante. Je ne connais pas la grippe. Ni les angines. En tout cas pas au point d'être incapable de me lever.

 Alors là, quand j'ai vu que ça durait, j'ai pris ma température : rien. A peine un petit 38. J'ai éclusé tous les paquets de mouchoirs. Vidé le flacon de Balsofumine (génial remède pour les fumigations ! Ca arrache le nez mais c'est idéal pour passer une bonne nuit !). Fait la crèpe toute la nuit pour essayer de trouver une position où un filet d'air arrivait à passer par mon nez, et terminé en apnée, la gorge dessechée !

Je suis donc retournée au boulot aujourd'hui, comme d'hab. Mes élèves sont alors intervenus, plein de sollicitude "Madame, rentrez chez vous, vous êtes malade". Moi : "Oh ben non, vous vous êtes levés exprès, je vais vous faire cours" ! "Non, non, Madame, vous inquiétez pas, on sèchera le sport et on rentrera chez nous !". Ben voyons ! Il faut dire que chez eux, le moindre bobo est pretexte à rester à la maison : un mal à la tête, un petit mal au ventre, un "problème de nana", comme elles disent, et hop, on reste au dodo ! Mais moi, je suis restée, me disant que ça allait s'arranger au fil de la journée !

malade-3.jpg Douce illusion. A huit heures, je ne respirais pas. A dix heures, j'avais fini deux paquets de mouchoirs. A midi, j'avais du boulot à la maison, donc pas de repos, mais un comprimé d'Humex et une inhalation.Pas pu manger, évidemment, pas de goût, pas d'odorat, en apnée. A quatorze heures, en pleine séance avec mon zoo, j'ai trouvé des avantages à ma crève : je devais avoir une tellement sale tête qu'ils n'ont pas osé faire trop de bazar (à moins que ce ne soit la crainte des conseils de discipline plantés au dessus de leur tête comme une épée de Damoclès), et de toute manière, mes oreilles s'étant bouchées, je n'entendais plus rien. Comme je ne pouvais pas me baisser parce que j'avais l'impression que mes sinus allaient exploser, je les ai laissé ramasser les feuilles qui tombaient de mes mains, les stylos, écrire au tableau etc.  A quinze heures trente je n'avais plus de mouchoirs, j'ai été obligée de taxer une élève. A seize heure trente, j'ai commencé à prendre ma voix de Barry White (vous savez, celle que l'on a, et  après une méga cuite accompagnée de deux paquets de clopes), à dix sept heures quinze, j'en avais assez, j'ai laissé partir mes jeunes un peu en avance (pas bien la prof, pas bien).

Et je me dis que demain, si ça ne va pas, j'appelerai le bahut pour dire que je ne viens pas. Oui, mais j'ai un rendez-vous avec une entreprise pour une visite de stage. Oui mais j'ai Schtroumpfette qui va à son activité du mercredi. Oui mais je me connais, si je ne suis pas incapable de me lever, j'irai. Désolée, je ne sais pas mentir...
par BBK.mel publié dans : au fil des jours communauté : Humour de tout genre
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Lundi 24 mars 2008

J’ai allumé ma télé. Ca faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Je ne parle pas d’allumer l’écran pour regarder un film en DVD. Non, non, je parle de regarder de vraies émissions pour lesquelles la touche replay ne marche pas, ni la touche ralenti, ni recherche de chapitre etc. Pas fait exprès, j’avais fini mon DVD mais pas mon repassage. Et je suis tombée sur Miss Swan (pour ceux qui connaissent pas, c’est sur W9. Mais soyons clairs, vous aurez aussi bien fait d’éteindre la télé…).

 

Eve-l-ve-toi2.jpgJe vais peut-être passer pour un dinosaure qui ne connaît rien à rien, mais ce truc là, je ne savais même pas que ça pouvais exister ! Le principe est celui de la téléréalité. On enferme donc les candidats et en l’occurrence des candidates pendant un temps défini avec un certain nombre de contraintes et on sélectionne les meilleures. Dans le cas de Miss Swan, les candidates sont toutes moches, avec un passif psychologique lourd (entre celle qui n’a jamais connu ses parents, celle qui était battue, la divorcée, celle qui ne peut pas avoir d’enfant, celle qui en a trop etc.). Pendant 16 semaines, on les enferme sans miroir chacune dans sa chambre et on leur fait subir un programme intensif : chirurgie esthétique, dentaire, régime, coach perso en gym, et bien sûr un suivi psychologique pour la caution morale. Et oui, on les transforme en belles femmes, mais aussi en femmes sûres d’elles. Il y en a qui mettent 10 ans de psychanalyse à chasser leurs démons et là en trois semaines on règle tous leurs problèmes ! Waouh !

 

Eve-l-ve-toi.jpgBref, au bout de quatre mois, on ressort les nanas de leur palace et on les confronte à un miroir. Et au bout du compte, on les fait défiler ensemble et on choisit la…la quoi d’ailleurs ? La meilleure ? Celle qui aura été tellement transformée qu’on ne la reconnaît pas ? Celle qui aura réussi à vaincre son passé pour devenir une femme fatale ? Celle qui aura le look le plus américain possible ? Parce que bien sûr c’est une émission américaine. Et du coup, les nanas sont transformées en stéréotype de l’américaine avec sourire Ultra Brite, nibards remontés et coiffure à la Farrah Fawcett époque Charly et les drôles de dames. Elles étaient toutes différentes au départ, elles se ressemblent toutes à l’arrivée. Une caricature du modèle de l’américaine définie par les critères de beauté locaux.


Les candidates sont présentées deux par deux. On voit la transformation de chacune d’elle en parallèle. Et à la fin, un choix est fait entre les deux : l’une participera au défilé final, l’autre rentre chez elle avec 5 ou 6 opérations de chirurgie esthétique à l’œil. Mais au-delà d’un concours entre deux candidates, c’est aussi un concours entre deux équipes, en particulier les chirurgiens plasticiens. L’un d’eux à un petit côté paternaliste, l’autre est un concentré du bellâtre sûr de lui, esthétiquement agréable et bouffi d’orgueil. La dentiste est une publicité vivante pour ses talents et son professionnalisme : elle a les dents tellement blanches et brillantes qu’on pourrait se voir dedans ! Sourire à l’américaine oblige ! La psychologue est compréhensive, la coach maigre et musclée… etc.

 


Mais je crois que le top du top, ce sont les présentatrices. Elles sont trois, rien que ça. D’abord, la présentatrice française. Miss France contre-attaque ! C’est en effet Miss France 2005 qui présente l’émission en France. Je ne suis pas sûre que Geneviève de Fontenay soutienne l’initiative…mais bon, on s’en tape de ce que Geneviève pense ! Et bien, ce n’est pas parce que je suis chauvine, mais Cindy Fabre, notre Miss France reconvertie en présentatrice, est la moins cruche des trois et la plus naturelle ! La deuxième est la présentatrice, la Madame Loyale américaine. Elle ressemble tellement aux candidates qu’on ne sait plus qui est qui ! Mais c’est son côté « je te comprends tellement » qui me fait frémir. Et vas-y que je te sorte la petite phrase qui va bien « oh, je reste sans voix, tu es magnifique » (avec quelques variantes en fonction des candidats, du genre, tu es superbe, tu es merveilleuse…), et vas-y que je te donne l’accolade amicale, que je trouve THE phrase qui va faire que la candidate recalée au défilée se croira unique… Vous allez me dire que c’est son boulot. Et bien je vous confirme qu’elle le fait très bien. Je trouve ça simplement imbuvable.

 

Eve-l-ve-toi3.jpgReste la dernière des présentatrices. En fait, c’est la conseillère Miss Swan, celle qui va voir les candidates pendant leur garde à vue leur transformation pour les soutenir, faire la copine qui comprend tout etc. Elle a du un jour faire partie du programme Miss Swan ; tout a été refait chez elle, et ça se voit : le nez (syndrome Bambi), la bouche, les yeux (biche ô ma biche). En fait, c’est à cet instant, en la voyant sur mon écran plasma 72 pouces que j’ai su la vérité, celle que tout le monde cachait : Mickaël Jackson est une femme et il est devenu conseillère Miss Swan !!

 

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Cette vérité acquise, j’ai éteint ma télé !

par BBK.mel publié dans : ça déménage...!! communauté : Humour de tout genre
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Dimanche 23 mars 2008

Certains parmi vous n'ont pas eu le bonheur de connaitre et d'apprécier les années 80 à leur juste valeur. Certain parmi vous n'ont pas eu le bonheur de découvrir les coiffures en forme de choucroute, les chemisiers à manches chauve-souris, les blousons courts à épaulettes ! Et certains parmi vous n'ont jamais eu le bonheur de voir l'intense combat qui s'est déroulé à cette époque.
Et oui, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, au début des années 80, il y avait les guerres du Liban, de l'Afghanistan, des Malouines, mais aucune d'entre elles n'a eu l'intensité de celle dont je vais vous parler. C'est la seule guerre où tous les combattants étaient des combattantes, la seule guerre où toutes les combattantes ont quasi disparues après le combat (ou presque). Le combat de la blonde contre la brune, du 100C contre le 95D, de la rockeuse contre la langoureuse.

A ma droite ce soir dans le ring Samantha Fox, 1,55m, la blonde rockeuse, vice championne derrière Kim Wilde de la choucroute blonde, titulaire s'il vous plait d'un CAP de mécanique auto (enfin, un équivalent anglais), auteur quand même d'une petite dizaine d'albums (le dernier en 2005).



A ma gauche, Sabrina Salerno, italienne, la brune langoureuse, précurseuse des Jennifer Lopez et autre Salma Hayek, digne décendante de Sophia Loren la classe en moins, connue pour l'un des clips les plus téléchargés sur le Net (et censuré par les anglais. Tricheurs, ils ont voulu faire gagner leur Samantha nationale !). Elle a continué en faisant quelques 6 albums.



Qui a gagné ? Nul ne saurait le dire ! A votre avis ?
par BBK.mel publié dans : Raaahhh ! communauté : Humour de tout genre
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Jeudi 20 mars 2008

 

Il y a des moments durs en cours, et il y a les moments sympas ! Des moments hors du temps, hors du contexte des cours. Les voyages scolaires en font partie. Le prof de lettres-histoires de mes secondes BEP avait décidé de les emmener à Paris voir le salon du livre. Expédition pour tous : pour l’administration car il faut gérer les finances, les autorisations de sorties, les élèves qui ne veulent / peuvent pas partir. Expédition pour le prof organisateur parce qu’il faut faire entrer 30 personnes au salon du livre et prévoir la nourriture pour autant. Expédition pour les élèves dont certains n’avaient jamais vu la capitale, bien que nous n’habitions pas si loin que ça. Expédition pour les accompagnateurs, enfin, parce qu’il faut gérer trente Schtroumpfs surexcités ! Mais expédition qui enchantait tout le monde. Organisation de la journée : le matin salon du livre, pause déjeuner au MC Do des Champs Elysées, après midi quartier libre sur les Champs ! Très honnêtement, les élèves n’en avaient strictement rien à faire du Salon du Livre. Par contre, ils attendaient avec impatience la séance « quartier libre ». Ca a donné des clichés sympas :

 

Le jeune d’aujourd’hui chante. Beaucoup. Très fort. Et curieusement, surtout des vieilles chansons qui ne sont pas de leur âge (et parfois même plus du mien !). Ca va des « Sirènes du port d’Alexandrie » à « On va s’aimer », en passant par « YMCA », et un certain nombre de chansons paillardes. Nous avons eu droit à une superbe reprise de Whitney Houston « I always love you », par deux petites zarma de quartier.

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Le jeune d’aujourd’hui écoute en permanence de la musique, de préférence sur un MP3, sinon sur son téléphone…sans écouteurs. Trente jeunes dans un bus, tous réunis au fond du car, la moitié sans écouteurs, ça donne la fête de la musique sur 20m². Heureusement que la prof avait ses écouteurs pour son MP3 et AC/DC à fond.

 

Le jeune d’aujourd’hui est très ouvert musicalement : il aime faire découvrir ce qu’il aime et aime aussi écouter ce que les autres aiment. Nous avons donc eu de riches échanges d’écouteurs de MP3 « Waich, M’dame, faut absolument que vous écoutiez ça, c’est une copine qui chante ». « OK. En attendant, écoute Thiéfaine, ça te changera un peu ! ». Et lorsque lassé des élucubrations vocales de la copine on veut reprendre son MP3, le jeune le garde. Finalement, « Alligator 427 » et « Pulque, mescal y tequila », ça lui plait !

 

Le jeune d'aujourd'hui est un affamé en permanence. Malgré l’interdiction, il mange dans le bus. Le moindre arrêt pipi donne lieu à des achats compulsifs de gâteaux et coca (et après, ils se plaignent de ne pas avoir d’argent !). Et l’heure du repas est sacrée : à partir de midi moins dix, ils commencent à réclamer leur pitance. A midi et demi, ça se transforme en cris. A une heure, c’est l’hystérie. Nous avons mangé à deux heures et quart, je vous laisse imaginer l’ambiance.

 

Le jeune d’aujourd’hui ne fait pas que chanter. Il danse en plus. Une demie heure après être entrés dans le salon du livre, les élèves en sont sortis. Ca ne les intéressait pas. Comme je leur avais interdit de sortir de l’enceinte du parc des expos, ils ont passé en temps en dansant de la Tektonic (je ne saurais jamais comment cela s’écrit !). Devant un car de flics. Flics qui ont trouvé ça drôle (et puis des gamines de 16 ans qui dansent devant eux, je suppose que ça leur a plu). Qui ont donc mis la musique dans leur bus pour que les pépettes puissent continuer à danser. Et j’ai trouvé mes Schtroumpfettes en train de se trémousser devant un car de police rempli de flics qui tuaient le temps en matant.

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Le jeune d’aujourd’hui ne comprend pas que l’on puisse rester seul. Surtout que l’on puisse rester seul à lire un livre. L’effervescence du repas étant passée, je me réjouissais de me retrouver tranquille avec mon bouquin pendant que les jeunes avaient quartier libre sur les Champs. « M’dame, vous z’allez pas rester toute seule ! Venez avec nous ! On va se balader ! » L’instinct de l’éducatrice reprenant le dessus, je pars donc avec elles, en profite pour leur montrer quelques agencements de magasins sympas, un restaurant où le sol est constitué de verre recouvrant un aquarium géant (« Madaaaaaaaame ! Il y a des vrais poissons et des tortues !?! »), leur raconter quelques anecdotes (« Le Mc Do des Champs c’est celui où Tarantino a écrit la scène du Big Mac dans Pulp Fiction »).

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Le jeune d’aujourd’hui aime les marques. Surtout les grandes marques. Passage obligé par l’avenue Montaigne. Photos devant Dolce & Gabbana, Nina Ricci, Chanel, Vuitton et compagnie, sous l’œil amusé des vigiles costumés et cravatés desdits magasins. « Waich, M’dame, venez voir la paire de chaussures ! Waouh !!!! ». Il a la même réaction devant les belles voitures (« Waich, M’dame, c’est une 7-45 ! » « Si tu le dis… »).

 

Le jeune d’aujourd’hui, s’il est provincial, veut absolument voir la tour Eiffel. Même si c’est loin à pied. Même si le jeune (et surtout LA jeune) porte des chaussures totalement inadaptées à la marche. Mais rien que pour voir les yeux de Carmen regardant la tour Eiffel, ça valait le détour !


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Le jeune d’aujourd’hui est finalement très résistant ! Croyez vous qu’ils auraient dormi dans le bus au retour ? Que nenni ! Et c’est reparti pour « les sirènes d’Alexandrie », « on va s’aimer » et la chorale Whitney Houston !!

par BBK.mel publié dans : au fil des jours
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