C'est qui ça ?

Les autres

Ils ne sont pas collègues, mais ils sont passionnants. Méfiez-vous, parmi eux se cachent des membres de la Grande Maison Educ Nat !
Adèle
Alain Maigne
Ange-étrange
Autrui
Bordelius
Dieu
Fantômette
Grizzly du Sud 2
Le chat
Le routier
Maky
Minipoucine
Naturella
Petites nouvelles policières
Petit Sushi
Placide
Rohic
The Pacholette Show
Tietie007

Samedi 19 avril 2008
Chose promise, chose due...


Bon certes, les photos ont été prises le jour où il a plu des cordes. Mais le reste du temps, il faisait beau !


par BBK.mel publié dans : au fil des jours
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Jeudi 17 avril 2008

Dans la famille Gourmet, je voudrais la grand-mère. Ou plutôt l’arrière grand-mère, ce serait plus juste. C’est le cordon bleu de la famille. Une perle en cuisine. La reine des rognons de veaux au persil, l’impératrice du Bem Bao (nous on appelle ça l’omelette vietnamienne : c’est une sorte de pâté lié avec des œufs, qui ressemble dans la composition aux nems. Introuvable dans les restaus. Un délice que l’on se fait souvent dans les repas de famille à Noël en lieu et place de la dinde aux marrons), la déesse des tripes version Mamie. Son grand plaisir ? Nous faire plaisir et nous cuisiner les trucs que l’on aime. Et nous on adore lorsqu’elle nous fait à manger. Et puis surtout, c’est une bonne vivante. Du genre à trouver qu’il fait soif dès 19H et qu’il serait temps d’ouvrir une bouteille de Champagne ou de Gewurztraminer. Du genre à être partante pour aller manger un plateau de fruits de mer à minuit. Du genre à gouter tous les rhums arrangé que l’on trouve dans notre cantine préférée, et sortir de là en tanguant au bras de l’HommeDesBois et au mien. 85 ans et toujours bon pied bon œil. C’est de sa faute si je suis aussi amatrice de bonne cuisine. Un atavisme qui me ravit.

 

Dans la famille Gourmet, je voudrais le grand-père. Autrement dit, mon père. Lui, ce qu’il aime, c’est la convivialité des repas. La cuisine en tant que tel ne l’intéresse pas. Il n’aime pas particulièrement la faire, et s’il aime les bons plats, c’est surtout parce qu’ils s’accompagnent de rires, d’amis ou de famille. Donc bien sûr, il adore le principe du barbecue. Et la cuisine au feu de bois. Au point de penser à l’emplacement du barbecue en pensant aux plans de sa maison. Et de construire le barbecue avant même de construire les murs. Un de ses moments favoris : les cargolades que l’on fait dans le sud. Par pour les escargots, il n’aime pas ça. Mais parce qu’une cargolade ne se conçoit pas à moins de 10 personnes, du soleil, du rosé bien frais et des cris des enfants qui jouent.

 

Dans la famille gourmet, je voudrais le père. L’HommeDesBois est arrivé en France avec un palais habitué aux saveurs épicées du Sud de l’Inde. Donc il trouvait la cuisine française insipide. Et puis, les coutumes françaises en termes de savoir-vivre à table l’étonnaient : en Inde, on commence à préparer le repas lorsque les invités arrivent. Et donc toute la partie discussion se passe pendant la préparation. Et une fois le repas servi, on mange et on s’en va. Brutalement. Comme ça. Le repas clôt l’invitation alors qu’en France il en est le prétexte et le début. Il ne connaissait du vin que les mauvais rosés des pizzerias. Mais il a un fin palais. Aussi, a force de fréquenter des bonnes tables, à force de goûter des bons vins, il a commencé à se forger un goût de gourmet. Il épate plus d’un amateur par ses connaissances œnologiques. Il retrouve quasi immédiatement au nez comme en bouche les saveurs d’un vin. Il apprécie la subtilité de la grande cuisine française. Dernière étape de cette culture culinaire, il se met à cuisiner. Et là, il m’énerve. Là où je passe des heures à chercher le petit truc en plus, lui invente et crée en moins de deux.

 

Dans la famille Gourmet, je voudrais la mère. Vu les antécédents familiaux, il paraissait difficile que je n’aime pas la nourriture. Donc je suis amatrice de bonne chère. Et pour rester dans la tradition familiale, je cuisine plutôt pas mal. Je ne suis pas aussi créative que peut l’être Fantômette (voir les essais culinaires regroupés sous le nom de Fantôcuisine sur le blog de Fantômette), mais je me débrouille. Et il y a des amateurs, puisque les copains prennent l’habitude de venir grignoter un morceau. J’aime rester des heures à chercher la bonne recette, le bon accompagnement. Mais attention, ne vous attendez pas à trouver chez moi du cassoulet, de la choucroute ou du navarin. Je serais plus tentée par la fusion food et les mélanges de goûts. En tous cas, avis aux amateurs, le restau a toujours une place pour les copains.

 

Dans la famille Gourmet, je voudrais la fille. Schtroumpfette est une gastronome en culottes courtes. Depuis toute petite, elle vient au restaurant avec nous. Et inutile de lui commander le menu enfant, elle pioche uniquement dans les bons plats. Le steak haché-frites, très peu pour elle. Sa dernière découverte : les noix de ris de veau braisé et langoustines rôties au sésame de Christophe du VO (voir « la cantine »). Une pure merveille. Elle m’épate à retrouver les petites touches de saveurs que l’on cache dans les plats. Lorsque nous arrivons à être toutes les deux nous allons nous faire un petit restau, entre nanas. Pas vraiment rentable comme affaire, mais finalement, je préfère nous payer un bon restau plutôt que de nous retrouver à Mc Do ! Elle, ce qui lui plait aussi, en dehors de ce qu’il y a dans son assiette, c’est le décorum. Elle adore faire des jolies tables avec nappes, bougies, petites assiettes, décoration et tout ! Elle supervise les installations d’un œil impitoyable, ne laissant pas passer la moindre miette de pain de travers !

 

Dans la famille Gourmet, je voudrais le fils. Pendant des années je me suis demandée s’il était vraiment de moi : si je ne l’avais pas vu sortir de mon ventre, j’aurais eu un doute. Il n’aime pas les légumes verts, il n’aime pas les essais culinaires. Il n’aime que les pâtes, le riz et le curry fait par son papa. Pas terrible tout ça. Et puis je me suis rendue compte que le bonhomme, s’il n’aimait pas particulièrement manger, aimait cuisiner. Comme tous les enfants, il apprécie d’aider maman et de tripatouiller dans la farine. Mais il aime aussi tester des choses en cuisine (sous mon œil attentif !). Il adore préparer tous les plats. C’est lui qui choisit le repas du soir et il ne fait pas que des pâtes ! C’est devenu le roi des carottes râpées version BBK’family, avec un peu de carottes et beaucoup d’autres choses (des noix de cajou grillées, de la menthe, de la coriandre, du sésame, des bouts de poulet au saté…). Il faut le voir attraper la chaise, l’installer devant la table de cuisson, surveiller les aliments en train de cuire, touiller les plats. Il aime ça à un point que je ne cherche même pas à le freiner : je me contente de lui montrer que les feux de cuisson, ça brule, qu’il faut faire attention et lui apprendre à attraper les couteaux du bon côté, tourner les poignées des casseroles vers le mur etc.

 

Avec une famille pareille, je me demande si je ne ferais pas mieux de planter Grand Méchant Loup et ses conneries et ouvrir une table d’hôte, avec l’HommeDesBois au service et à la gestion de la cave, la Schtroumpfette à l’accueil du client et en maitre d’hôtel et Mini Schtroumpf et moi en cuisine ! Ca pourrait se faire, ce truc là !

par BBK.mel publié dans : au fil des jours
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Mardi 15 avril 2008

 

L’HommeDesBois a ramené une tenue indienne à sa fille. Un choli. Ou si vous préférez, une jupe avec un corsage. C’est beau ces tenues. Immettables en France, mais joli. Immettable en France parce que ces tenues sont souvent hyper colorées et surtout, elles ne sont pas forcément pratiques.

 

Une des façons de m’adapter à ma belle famille a été d’adopter la façon de

manger, mais aussi la façon de m’habiller. Et là, ça vire parfois au délire. Il existe plusieurs tenues typiques de l’Inde, en particulier pour les femmes. En gros, il en existe 3 : le choli, le churidar (ou salwar kameez) et le fameux sari. Le port de tel ou tel vêtement dépend de la région, de l’occasion et de l’âge de celle qui se vêt ainsi.

 

Commençons par le choli (on l’appelle aussi parfois demi-sari). Il est plutôt issu du nord de l’Inde. C’est un vêtement traditionnel du Rajasthan, Cashemire et autres états du Nord. Il est surtout porté par les petites filles et les jeunes filles. Portée par une dame d’un certain âge, ça reviendrait à mettre une vieille peau chez nous avec une mini jupe Charlotte aux Fraises. Imaginez le tableau. Le principe du choli est donc une jupe plus un corsage, le tout complété d’une étole. Plus le corsage est travaillé, plus la jupe est brodée, plus le choli sera un choli de cérémonie. C’est la tenue que je trouve la plus jolie, la plus élégante…mais je commence à entrer dans les âges où il devient difficile d’en mettre. Je réserve donc ça à ma fille. Veinarde !

 

 

Le churidar vient lui aussi du nord. C’est une tenue qui tire son origine dans l’ascendance arabe des indiens du nord. Mais il a été adopté à l’unanimité par les femmes de toute l’Inde. C’est le vêtement le plus pratique, le plus déclinable, le plus adaptable. Il est composé d’un pantalon, plus ou moins bouffant, plus ou moins serré, plus ou moins à la mode, et d’une tunique longue. C’est la tunique qui fait l’essentiel du vêtement. Et là, tous les délires sont possibles. Il y a les versions de soirée, très osées, les versions

pour la maison (version indienne du tablier chasuble de mamie), les versions pour faire ses courses etc. C’est le vêtement idéal pour les femmes enceintes : le pantalon est tellement large en haut, que l’on peut y caser un ventre de 9 mois de grossesse sans problème ! Pour une européenne, c’est l’idéal lorsque l’on va en Inde. Qui plus est, les

tailleurs ayant des prestations largement moins onéreuses qu’en France, il suffit d’acheter le tissu et faire faire le churidar sur mesure.  Bon, pour une version moderne et mode du vêtement, choisir un tailleur en ville et ayant une certaine pratique. Sinon, c’est vêtement de mamie garanti ! C’est aussi le vêtement le plus couvrant, puisque contrairement aux autres, le ventre n’est pas à l’air. Ce qui fait que beaucoup d’indiennes l’adoptent spontanément. Mais là encore, à partir d’une cinquantaine d’années, ça se fait moins.

 


 

 

Et voici enfin le fameux sari. Celui qui fait fantasmer tout le monde. A la base, c’est juste une pièce de tissu de près de 8 mètres de long que l’on enroule autour du corps. Mais tout est dans la subtilité de l’enroulage. Prenons les choses dans l’ordre. Tout d’abord, la qualité et le prix du sari viennent du tissu et du travail qu’il y a sur le tissu (broderies ou autres). Certains saris peuvent atteindre les 1000€. Mais il existe des saris de base, en polyester, qui valent 2 ou 3€. C’est la tenue par excellence de la femme mariée. Et donc la tenue de mariage. Les saris de mariage pèsent plusiseurs kilos, sont surchargés de broderies d’or et sont offerts par la belle famille à la mariée. Plus le sari est beau, plus la belle famille estime la mariée. CQFD. Et lorsque la belle famille en a marre de sa bru, on a encore de temps en temps dans les campagnes des problèmes de saris brulés, avec la belle fille dedans…

 

Le sari a aussi un impact érotique important. En France nous avons les soirées tee shirts mouillés, en Inde, c’est les soirées saris mouillés. Dans une Inde prude voire coincée, le corps se dévoile de cette manière très suggestive. Je vous renvoie pour cela à tous les films Bollywood qui passent de temps en temps. Le comble de l’érotisme est aussi, dans les films, d’attraper un bout du sari pour le dérouler. Je vous rassure, les demoiselles n’apparaissent jamais nue : sous le sari la plage le jupon et le corsage. Et puis tous les indiens vous le diront, l’intérêt du sari est qu’il cache tout en dévoilant : il n’y a rien de plus sensuel pour eux que de passer la main sur le bout de peau qui apparaît à la taille, entre le corsage et le jupon…

 

Mais le sari présente de très très nombreux inconvénients, surtout pour celles qui ne sont pas

habituées à en porter. Le premier inconvénient, c’est qu’avant de pouvoir porter un sari, il faut pouvoir le mettre. Et là, il vaut mieux être deux, surtout si le sari est de cérémonie, donc lourd et raide de broderies. Il faut enrouler le tissu autour du jupon, le coincer dans la ceinture du jupon (il faut qu’elle soit solide…), faire des petits plis devant (une dizaine tout de même), coincer les petits plis dans le jupon aussi, puis continuer l’enroulage et finir par jeter le dernier pan sur l’épaule, en faisant des plis savants. La femme de BeauFrère Ainé, qui a pourtant l’habitude, peut mettre une heure à bien mettre son sari. Si vous voulez vous entrainer, jetez un oeil sur les instructions. Et puis, un sari doit être bien repassé. Et repasser 8 mètres de tissu qui parfois ne supporte pas la chaleur du fer relève de la sinécure. Mais un seul faux pli peut annihiler l’arrangement subtil des plissages du sari. En inde, pour éviter le repassage, dès que les saris sont lavés (à la main, s’il vous plait), on les étend entre deux piquets distants de 8 mètres.

 

 

Mais pour moi, l’inconvénient majeur du sari vient du fait qu’une fois mis, on ne peut plus bouger. BelleMaman arrive à cuisiner, faire le ménage avec un sari. Moi, je ne peux plus bouger. Je suis raide comme un piquet de peur de défaire le plissage et le montage du truc. Impossible de danser avec ce vêtement. Je me rappelle avoir oublié un jour ce principe de base du port de sari, et d’avoir dansé un zouk endiablé en sari. J’ai fini en jupon au milieu de la pièce, avec 8 mètres de tissu éparpillés autour. Et même s’asseoir nécessite des manœuvres stratégiques. Un peu comme les nanas qui portaient des jupes à cerceaux il y a quelques 200 ans. Ceci dit, je ne veux surtout pas vous dégouter, mesdames, de mettre un jour un sari. C’est tellement beau, qu’il faut essayer. Pensez simplement à ne rien boire tant que vous porterez votre sari. Parce que si s’asseoir relève de la mission impossible, imaginez ce que ça peut donner pour aller faire pipi. Vous vous rappelez du délire le jour de votre mariage, lorsque vous portiez une super meringue en guise de robe, et que vous avez voulu aller aux toilettes pour évacuer le trop plein de champagne bu pendant la soirée ? Vous vous rappelez les copines qui interdisaient l’entrée des toilettes à toute personne étrangère au mariage parce que la robe empêchait une fermeture correcte de la porte de la cabine ? Et ben le sari, c’est pareil ! Bon courage.

 

Si vous voulez trouver de très beaux saris (dont une partie de ceux que je vous ai présentés), allez voir par ici...

par BBK.mel publié dans : Indian style communauté : Ca et là
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Dimanche 13 avril 2008

 

Après Pondichéry, découverte de Munnar. C’est un endroit, on n’imagine même pas que ça puisse exister en Inde. Allez, petit test : je suis sûre que pour vous, l’inde c’est un endroit où il fait très chaud, où il y a des rizières, éventuellement des déserts, des cocotiers, des éléphants, des tigres (syndrome Mowgli et le livre de la jungle), et poiur les plus modernes, l’Inde c’est des plages où on danse de la techno en bouffant des ecstasy jusqu’au bout de la nuit. Il y a de ça, évidemment. Mais saviez vous qu’il y avait des stations de ski en Inde ? Qu’il y a de la neige ? Et que les autochtones connaissent les pulls et les gilets. Bon OK, ça c’est dans le nord de l’Inde sur les contreforts de l’Himalaya.

 

 

Munnar, c’est dans la montagne. Celle qui sépare le Kérala du Tamil Nadu, deux des états du Sud de l’Inde. C’est LA station de montagne des indiens des classes sociales plus fortunées. Pendant les mois d’Avril à Juin, qui sont les plus chauds dans le Sud, les indiens fuient les 50°C à l’ombre de Pondichéry ou Cochin pour venir prendre le frais à Munnar. Mais pendant la saison de pluies (Juillet-Août), il fait presque froid là haut. Il n’est pas rare d’avoir des températures de 10 ou 12 degrés, chose rarissime dans le coin. D’ailleurs, preuve de cet engouement pour les stations d’altitude, on trouve dans le coin des hotels de luxe, issus du réseau hôtelier Taj Mahal. Mais pendant ce qui correspond à notre été à nous en France, il n’y a pas un chat dans le secteur.

 

 

Ce qui est assez extraordinaire dans le coin, c’est de faire la route qui relie Tekkady à Munnar. Cette route est ce qu’on a surnommé la route des épices. Tekkady est une des capitals des épices en Inde. Et Munnar une de celles du thé. Et donc, pendant les quelques dizaines de kilomètres qui séparent les deux villes, nous passons entre les champs de cardamone, de caoutchouc, de safran, d’ananas… (J’ai toujours été persuadée que l’ananas poussait en hauteur, sur un arbre type cocotier. Pas du tout, ça pousse au ras du sol ! ) Et surtout, nous passons au milieu d’immenses champs de thé.

Il y a toujours du monde dans les champs de thé. Le Kerala est plus riche que le Tamil Nadu, donc il importe des travailleurs tamouls pour les boulots manuels comme le ramassage des feuilles de thé. Chose facilitée par le fait que le Tamil Nadu est à quelques kilomètres de là. Un champ de thé ça ressemble à une moquette chenillée verte, vu de loin. Et les flancs de la montagne sont couverts de cette moquette là. Il y en a partout.

 

 

Il existe une chose à Munnar qui n’existe pas dans le reste du Kerala mais que nous connaissons bien en France : le brouillard. Mari de BelleSoeur, qui n’avait jamais ou presque quitté Mahé, était fasciné par le brouillard. Et lorsqu’il est devenu épais, et nous a entourés, je voyais Mari de BelleSoeur qui filmait un mur blanc de brouillard, pour pouvoir montrer à ses enfants ce que c’était !

 


 

Munnar est un endroit qui parait coupé du monde (attention, ce n’est qu’une impression !) parce que la route est vraiment longue et ardue pour y parvenir. C’est un des très rares endroits en Inde où l’on peut s’arrêter sur le bord de la route et ne voir personne aux alentours pendant au moins 10 minutes. Essayer de faire la même chose à n’importe quel endroit du Sud de l’Inde et vous verrez rappliquer un autochtone dans les trente secondes…

 

A force de parler du coin, il me tarde d’y retourner. Allez, encore un an à tenir, et en 2009, si tout va bien, on embarque toute la petite famille là-bas. S’il y a des amateurs pour se joindre à nous, vous êtes les bienvenus !



 

Les photos (à l'exception du Taj Hotel et de la jolie indienne) sont toujours issues de Carole et Etiraj, et vous les trouverez toutes plus des centaines d'autres ici.

par BBK.mel publié dans : Indian style communauté : Ca et là
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Vendredi 11 avril 2008


L’HommeDesBois est de retour d’un voyage dans sa famille, en Inde. Et avec lui, il rapporte des épices pour les femmes de ses frères, des tenues indiennes pour sa fille et même pour Mini Schtroumpf, des bijoux en argent pour moi… bref, toutes les babioles que l’on peut ramener de là-bas. Mais surtout, il ramène l’air de l’Inde, l’ambiance de la famille. Et je les vois tous, les yeux brillants, regroupés autour de l’HommeDesBois pour l’entendre parler des leurs, de BelleMaman et ses nouveaux saris, des râleries de BeauPapa qui devient grognon avec l’âge. Les frangins se débrouillent entre eux pour que, chaque année, au moins l’un d’entre eux aille en Inde. Parfois ils partent à deux. Et une seule fois, toute la famille s’est trouvée réunie au Kerala. Les parents étaient ravis d’avoir les enfants, les petits enfants, les épouses enfin réunis. BeauPapa a caché son émotion en grognant « qu’il était peut-être vieux, mais qu’il n’allait pas mourir tout de suite et que ce n’était pas la peine de tous venir en même temps ». Menteur, il n’aurait loupé ça pour rien au monde !

 


Et pourtant, soyons honnête, je ne trouve pas le même intérêt que les autres membres de la famille à aller en Inde. Je suis la seule non indienne du lot. La tâche blanche au milieu des saris colorés. Je suis parfaitement acceptée par la famille, ce n’est pas un souci. Mais je ne parle pas la langue et tous ne maitrisent pas le français ou l’anglais. Et puis les réunions de famille chez moi me gonflent au bout de deux jours, alors imaginez en Inde, perdue dans des sonorités que je ne comprends pas, pendant minimum un mois ! L’HommeDesBois le sait. Il sait qu’au bout d’une semaine je tourne en rond à Mahé, chez ses parents. Alors on bouge. Et là, je suis tombée amoureuse de deux endroits : Pondichéry et Munnar.

 


Pondichéry représente pour moi une forme de liberté lorsque je vais en Inde. Déjà parce qu’il y a beaucoup d’européens. Certains cherchent des endroits où il n’y aura que des autochtones. Moi, au bout de quelques jours, je recherche des endroits où je ne serai pas la seule blanche, celle sur laquelle les regards se focalisent. Ce n’est jamais méchant, jamais vraiment gênant, mais je ne peux pas marcher sans que l’on m’aborde dans la petite ville où vivent mes beaux parents. Impossible d’aller fumer une clope en douce au détour d’un chemin, je croiserai forcément un membre de la famille. Impossible de prendre ma fille, mon sac et mes chaussures pour aller faire un tour à la plage, je me trouve forcément avec quelqu’un qui veut venir avec moi. Pour pas qu’il m’arrive quelque chose. Pour pas que je reste toute seule. Pour me tenir compagnie. A Pondichéry, au moins, je n’ai pas le poids de la famille, aussi accueillante fût-elle.



Pondichéry est une vraie ville. J’aime les couleurs étincelantes du quartier tamoul, vivant, bruyant, odorant, souriant. J’aime les marchés pleins de fleurs et de fruits. Les boutiques où les marchands sortent tous leurs produits sans même écouter ce que l’on demande au départ. Les petites échoppes qui vendent de tout et de rien, des biscuits, des fruits…elles font deux mètres sur trois mais regorgent de tout un tas de marchandises. Et puis, j’aime les rangées de vélos, posés le long des trottoirs : on dirait Amsterdam parfois. Une Amsterdam écrasée de soleil et de poussière.



Par contraste, la ville coloniale semble calme, posée, tranquille, comme une vieille dame alanguie pour ses vieux jours au bord de l’eau. Les jardins sont splendides. Partout les restes d’un passé qui fut peut-être glorieux, en tout cas opulent. Les murs sont gris et blancs et tranchent avec la couleur des arbres et des fleurs. Autant le quartier tamoul est pollué, autant la ville coloniale respire l’air de la mer. Les occidentaux ont investis cette partie de Pondichéry, en grande partie à cause de la présence d’Auroville à côté.

 


Les puristes me feront certainement remarquer que Pondichéry a été déformée par le tourisme. Que ce n’est pas vraiment l’Inde réelle. Qu’elle est européanisée, occidentalisée. On trouve même une boulangerie française et une pizzeria, c’est dire ! Mais moi, l’immersion dans la vraie Inde (ça veut dire quoi, ça d’ailleurs, « la vraie Inde » ?) je la vis au quotidien dans la famille de l’HommeDesBois. Et franchement, je m’en tape d’avoir une vision déformée du pays. De toute manière, à moins d’y vivre en permanence, de parler la langue (enfin, l’une des quatorze langues officielles ou l’un des 1700 dialectes locaux…), d’avoir visité intégralement ce pays 6 fois plus grand que la France et largement plus peuplé, à moins de réunir toutes ces conditions, tout le monde a une vision déformée de l’Inde.
 

A Pondichéry, je me contente de profiter de tout, de l’air, des couleurs, de la vie sur place, tranquillement…


 


Dans une autre mesure, Munnar est un autre endroit merveilleux. Mais je vous en parlerai une autre fois… Toutes les photos ont été faites par Carole et Etiraj sur leur blog de voyage.

par BBK.mel publié dans : Indian style communauté : Ca et là
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Jeudi 10 avril 2008
Je pars quelques temps. Là...

(nan, c'est pas vrai, c'est juste pour vous faire marner)

Mais du coup, je ne suis pas sûre de pouvoir me connecter tous les jours,

d'aller sur vos blogs... de répondre aux commentaires.

Je vous ai prévu quelques petites choses, malgré tout, pendant ces prochains jours.

Alors, à bientôt !
par BBK.mel publié dans : ça déménage...!! communauté : Ca et là
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Mardi 8 avril 2008

Programme de ces vacances...


  • mercredi débriefing avec ma tutrice de sa dernière visite dans un de mes cours (beurkkkkkkkkkkk).

 

  • jeudi : récupération de l'HommeDesBois à Roissy, retour de sa visite chez BeauxPapa et BelleMaman en Inde. Avec les orages de grêle que l'on a eu ces derniers temps, ça va lui faire drôle le retour. Il va passer de 35°C à 7°... Mais il a fait pire, avec un retour une année de Centrafrique où la temperature frolait les 40 degrés pour arriver dans l'un des hivers les plus rigoureux que j'ai connu : il faisait -12 à Roissy lors de son atterrissage...

 

  • vendredi : journée tranquille chez BeauFrère Ainé, histoire que les frangins se donnent des nouvelles de la famille indienne. Ca va causer malayalam toute la journée, je vais prévoir quelques bouquins à finir.

  • samedi matin : pendant que l'HommeDesBois va retrouver les joies du boulot dans la grisaille, j'embarque les enfants à Toulouse pour une semaine. Ce ne sera pas encore le soleil des tropiques, mais au moins ce sera le soleil. Et un peu de chaleur ambiante, chaleur humaine.

Raaaaaaaaahhhhh. J'adore ce genre de vacances ! Euh, ils nous prévoient quoi comme temps à Toulouse chez Météo France ? Parce que là, je me sentirais bien la sieste au soleil dans le hamac...


Edit du mercredi midi : finalement c'est Grand Méchant Loup qui est un con. Ma tutrice me dit que tout va bien en cours ! Bon, je vais passer de meilleures vacances !

par BBK.mel publié dans : au fil des jours
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Lundi 7 avril 2008
- MAMAN !! DOCTEUR BANG IL EST PARTI EN INDE !!

AAAAAHHH ! Hein, quoi, qu'est ce qu'il se passe ! Ma fille, la chair de ma chair, la prunelle de mes yeux vient de sauter sur le lit et de me réveiller brutalement, après une longue sieste bien méritée après plusieurs soirées chez des amis.

- Maman, il y a Docteur Gang qui est parti en Inde !!

Ca a l'air de l'enthousiasmer. C'est qui ce mec, Docteur Bang ?

- Ben tu sais, c'est le méchant dans Inspecteur Gadget.

Ah. Tu m'en diras tant ! Non, je ne savais pas que Docteur Glang était le méchant dans inspecteur Gadget. Ceci dit, j'ai des excuses, je ne suis pas une spécialiste d'inspecteur Gadget, bien que ce truc passait déjà à la télé quand j'étais gamine !

- Ben il est parti en Inde.

Ca j'ai compris. Mais pourquoi ma fille me sort-elle douloureusement de ma sieste pour me dire ça. Je m'en moque moi de Docteur Gang ou Bang ou je ne sais pas quoi.

- Et bien, s'il va en Inde, peut-être qu'il rencontrera Papa !

Mouais. Et moi qui croyait que ma fille faisait la distinction entre fiction et réalité. Fin de la sieste. Oumpf ! Et moi, je n'ai rien trouvé de mieux à dire que :

- Et tu crois que Papa risque quelque chose ?

Ma fille m'a regardé avec commisération.

- Mais non, puisque Docteur Gang n'existe pas ! (sous entendu, tu es nulle maman !)

Me voilà rassurée, tant pour l'HommeDesBois que pour la santé mentale de ma fille.

- Et puis, ajoute-t-elle, au pire, il y a insepcteur Gadget qui l'aidera !

par BBK.mel publié dans : paroles de schtroumpfs communauté : Paroles et rires d'enfants
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Dimanche 6 avril 2008
C'est léger, c'est fin, ça s'écoute sans faim... Ca tourne en boucle à la radio et je trouve ça sympa. Ca fait partie des chansons de voiture : vous savez, ces chansons dont on ne connait pas forcément l'auteur, mais que l'on fredonne toute la journée !
Un peu de légereté dans ce monde de brut...




par BBK.mel publié dans : Raaahhh !
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Vendredi 4 avril 2008

Il y a quelques temps de cela, Grand Méchant Loup est venu m’inspecter. Une heure en TD, avec mon zoo. Qui pour une fois s’était tenu à carreau, avait bossé pendant une heure, nickel. Mais Grand Méchant Loup m’a bouffée toute crue. Certainement parce que tout n’était pas parfait. Mais aussi parce que j’ai 36 ans, un peu d’expérience, et que j’ai eu le malheur de poser la mauvaise question au mauvais moment. Le proviseur m’a avoué quelques temps après que GML était arrivé déjà remonté contre moi avant même de me voir, avec donc une idée préconçue.

Bref, je me suis faite massacrée pendant l’heure d’entretien. Démontée. Laminée. Rien n’allait, ni la façon de faire cours, ni l’autorité (putain, il ne connaît pas le zoo en temps normal ! Là, on entendait les mouches voler !), ni ma façon d’être, ni mon contact avec les élèves, ni, ni, ni, rien, quoi. J’en suis sortie complètement déboussolée, me disant qu’une prof aussi nulle que moi ne devait pas être mise en présence d’élèves, je risquais de les faire décrocher. J’en étais arrivée à me dire qu’il fallait que je démissionne, que je n’étais peut-être pas faite pour être prof. J’ai fait peur à mon proviseur qui s’est dit que du coup, il risquait de perdre une enseignante. Tout le monde m’a rassurée « nan, nan, c’est la méthode Grand Méchant Loup, casser pour avoir les gens à sa botte, être sûr d’avoir des profs qui tremblent devant lui, les formater pour qu’ils soient exactement dans le même moule etc. » Il l’a en effet fait à un certain nombres de collègues néo-titulaires comme moi.

 


Mais moi, j’ai mis des semaines et des semaines à m’en remettre. Surtout que, comble du déshonneur, je suis une prof tellement nulle que Grand Méchant Loup m’a collé un tuteur. Ou plutôt une tutrice. Pour ceux qui ne seraient pas au courant des us et coutumes de l’Educ Nat, on propose un tuteur pour les profs qui font preuve d’une incompétence grave. Vérifiée normalement par plusieurs inspections et des rapports d’inspection ou bulletins de visite (inspection qui n’en porte pas le nom, où normalement l’inspecteur constate ce qui va et ne va pas et apporte des conseils et qui n’aboutie pas sur une note, la fameuse note qui permet aux profs de grimper les échelons et gagner plus). Moi je n’en ai eu qu’une, sur 45 minutes de TD où la moitié des élèves étaient absents.

Donc, j’ai une tutrice. Qui est une collègue. Plutôt sympa. Avec qui je m’entends bien. Toute la hiérarchie de l’établissement s’est empressée de me dire qu’il fallait garder ça secret. Un secret honteux. Sauf que comme tous les secrets, ils n’ont de secrets que le nom. Ceci dit, moi j’ai plutôt vu l’affront comme un point positif. Un moyen d’avoir un autre regard sur mon travail, des conseils que je n’ai pas obtenus de Grand Méchant Loup etc. Une fois que je me suis assise sur mon égo malmené,  j’ai mis un certain enthousiasme à travailler avec ma tutrice.

 


Sauf que voilà. Elle est charmante, elle est de bon conseil et tout et tout. Mais à chaque fois qu’elle me voit, elle me dit ce que Grand Méchant Loup attend. « Tu vois, ça il veut qu’on le fasse comme cela, tu dois faire de telle manière parce que c’est ça qu’il aime. » Et à aucun moment, j’entends des trucs du genre « c’est comme cela qu’il faut faire parce que les élèves comprennent mieux comme ça. » Moi, je croyais lorsque j’ai passé mon concours, qu’il y avait deux choses essentielles pour un prof : tenir sa classe (ça, c’est pas un souci pour moi), et transmettre un savoir (ça, c’est évidemment perfectible, mais grosso modo, mes élèves sortent de ma salle en ayant appris ce que je veux leur transmettre). Je ne savais pas qu’il fallait apprendre à être carpette.

Mais ce qui me gêne vraiment, ce n’est pas d’apprendre à faire mieux. C’est que tout le monde me regarde avec commisération, presque de la pitié, et que chacun y va de son petit conseil. Dès qu’un de mes cours n’est pas au top (et je ne dis pas qu’il se passe mal, je dis simplement que ce n’est pas le meilleur que j’ai fait. Mais par essence, s’il y en a des meilleurs, il y en a des moins bons…), j’en vois toujours un qui se ramène pour me rappeler ce qui ne va pas. Et me dire pour me rassurer que surtout, « il ne faut pas que cela me fasse perdre mon enthousiasme » ! Bande de connards. Mon enthousiasme est en train de se diluer dans un océan d’hypocrisie !

Surtout qu’au-delà des cours, il y a plein de choses à faire dans un bahut. Je crois que ce qui me fait le plus rire (jaune !), c’est lorsque l’on met des élèves de troisième en mini stages de découverte dans mes classes. Ce sont des élèves de collèges qui viennent faire une journée de cours en lycée pro pour voir si éventuellement ils voudraient venir l’année prochaine. Moi je me tape tous les mini stages. Sur les treize collègues de la même filière, je suis celle qui a la moitié des stagiaires. Je suppose donc que la direction met dans mes classes les élèves qu’elle ne veut pas voir venir dans le lycée l’année prochaine. Sinon, je ne comprends plus : il y a contradiction !

 

 

Grand Méchant Loup va revenir me voir. Quand il aura le temps. Quand il fera beau. Quand mes élèves seront sur le point de se barrer en stage ou bien de passer l’examen (donc au moment où ils n’en n’ont plus rien à foutre des cours). Alors j’en ai marre. Qu’on me dise clairement, soit que je suis vraiment nulle, incapable de faire quelque chose de bien et je passerai à un autre métier, soit que ça va, mais que je peux améliorer tel ou tel truc. Précisément. Mais le « ça va pas, c’est nul, mais surtout continuez » commence à me foutre vraiment en colère. Et me démoraliser. Et me faire hésiter. Et faire que je n’ose plus rien, que je ne tente plus rien. Je suis en train de finir avant même d’avoir vraiment commencé. L’éducation nationale est-elle là pour enseigner à des jeunes ou pour massacrer les profs ?

Grand Méchant Loup va revenir me voir. Il se passera ce qui doit se passer. Il ne me fera de toute manière pas de deuxième trou du cul. Je n’avancerai pas rapidement dans ma carrière parce que même si je passe de nulle à géniale, et que ma note d’inspection explose, je ne grimperai pas d’échelon rapidement. C’est mathématique. Ma crainte est juste que si je me reprends des bâches comme je me suis prise pendant une heure à la première visite de Grand Méchant Loup, je risque d’envoyer paitre mon cher inspecteur. Poliment mais définitivement.


 


Le seul bonheur, dans tout ce merdier, c’est mes élèves qui me l’apportent. Quand je ne leur demande rien et qu’ils me disent spontanément « madame, vous êtes mon prof préféré. Au moins avec vous, j’ai l’impression d’apprendre quelque chose. »

PS: bon je sais pour un 200ème article, j'aurais pu faire un peu plus gai...

par BBK.mel publié dans : Soyons sérieux
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