Après Absurdus délirium part 1, voici la suite des aventures de BBK.mel dans le labyrinthe de l’éduc nat ou l’art et la manière de refaire Brazil sans le savoir…
Je suis une feignante. On ne dirait peut-être pas au premier abord, mais je suis une feignante. Je travaille pour m’économiser, parce qu’à l’instar du Grand Meaulnes, j’ai découvert qu’il était parfois plus rapide et plus simple de travailler plutôt que de chercher mille façons de gruger. Donc, pour mettre toutes les chances de mon côté et entrer dans le monde de l’éduc nat, j’ai passé 4 concours. Et comme je suis feignante, je me suis inscrite dès que j’ai pu au troisième concours.
Il existe 4 façons de passer les concours de l’éducation nationale : l’interne est réservé à ceux qui travaillent déjà dans le milieu. Avec mes 12 années à la fac, j’aurais peut-être pu, je ne sais pas, je n’ai pas tenté. Il y a le concours externe, le plus prestigieux, celui qui a le plus d’inscrits comme candidats et qui offre en général le plus de postes. Il y a le concours réservé : il n’a pas duré longtemps celui là. Uniquement 5 années (2001 à 2005). C’est un concours qui a été fait pour pouvoir titulariser des gens qui travaillaient déjà comme contractuels dans les postes qu’ils convoitaient. Recrutement sur dossier uniquement. Manque de bol, je suis arrivée en 2006. Et puis, je n’avais jamais travaillé en lycée pro. Restait le troisième concours (appelé aussi troisième voie). Il existe dans plusieurs domaines et il est fait pour permettre à des gens qui n’ont pas forcément le niveau de diplôme nécessaire pour passer les autres concours de postuler. Il faut pour cela justifier d’au moins 5 années d’expérience en entreprise. Avec mon parcours, je pouvais prétendre m’inscrire à au moins deux concours (externe et troisième concours), voire éventuellement à trois (l’interne). Le troisième concours est exactement le même que le concours externe à deux nuances près : il y a deux épreuves de moins que l’externe (une à l’écrit, une à l’oral), et nettement moins de places (une centaine à l’externe, moins de dix au troisième concours). Comme je suis feignante, j’ai compté sur les deux épreuves en moins.
Une fois le concours obtenu, je me suis retrouvée dans les méandres des mutations, mutations qui génèrent des crises d’angoisse et des réflexions intenses chez tous les lauréats des concours de l’éduc nat. Parce qu’après le concours, on n’est pas encore titulaire : il faut passer par la case IUFM (institut de formation des maitres, autrement dit usine de formatage des profs, on l’on vous apprend tout ce qu’il faut pour bien passer les futures inspections). Un an de formation à l’issue duquel on obtient ou pas la titularisation. Il faut donc entrer dans le système des mutations pour savoir dans quelle académie (et donc dans quel IUFM) et ensuite dans quel établissement on va effectuer notre année de stage. Pour les profs de maths ou de français, pas trop de soucis à se faire, il y a toujours une formation de stagiaires dans les académies. Mais pour les ébénistes, les topographes, les profs de chinois ou d’arabe, ça devient plus difficile. L’académie à laquelle j’étais rattachée de par mon concours (tout bêtement d’académie dans laquelle se situe la ville où j’habite) ne préparait pas les stagiaires dans ma filière. Me voilà donc devant un choix cornélien : me retrouver à 200 kilomètres à l’Est de chez moi, ou bien 200 kilomètres à l’Ouest de chez moi. Comme « à l’Ouest, rien de nouveau », j’ai choisi l’Est.
Une fois certaine d’être à 200 kilomètres de mon HommeDesBois et de mes enfants (rigolez pas, j’aurais pu me retrouver à Tripatouilly les Chnocs, à quelques 500 bornes ! 200 kilomètres, c’est jouable…), il a fallu choisir un bassin de formation. Et donc plus ou moins un établissement. Si l’on choisit un bassin peu peuplé, un peu paumé, on peut savoir rapidement dans quel établissement on va être. Si l’on choisit un bassin avec une grande ville, on a souvent trois ou quatre bahuts qui peuvent potentiellement nous accueillir. Moi, je ne connaissais pas la région où j’allais atterrir. J’ai donc choisi les bassins qui me paraissaient les plus près de chez moi. A vol d’oiseau. Au pifomètre. Au final, j’étais à l’IUFM à 200 kilomètres de chez moi, et dans un lycée à 200 kilomètres aussi de chez moi, mais accessoirement à près de 90 kilomètres de l’IUFM. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? J’ai su le nom du lycée le 25 août. J’étais attendue à l’IUFM pour ma rentrée le 28 août. Je faisais ma rentrée officielle au lycée le 1er septembre. Je n’avais pas de logement, je ne connaissais personne. Roule ma poule.
Les aventures de BBK dans l’antre du monstre Educ Nat se poursuivent au prochain épisode. Attention, c’est comme Santa Barbara, si vous loupez un épisode, vous ne comprendrez jamais pourquoi Samantha quitte Tony à l’épisode 1324 de la saison 25!!





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