C'est qui, ça ?

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Texte Libre


En attendant que Proctor nous dessine Luc Chatel, on profite de ses gribouillis...

La grande maison

Big brother

Mardi 10 novembre 2009

A l’instar de Kali qui a lancé l’idée, de Mokona qui l’a rattrapée au vol, je continue la liste.

 

Il faut de temps en temps faire un bilan, et pouvoir se dire, « bon, ça, c’est fait ». Et ce n’est donc plus à faire. Quoi que…

  • J'ai dansé dans un groupe folklorique, avec costume, coiffe et tout.
  • J'ai eu la honte de ma vie lorsque la jupe de mon costume s’est soulevée et que tout le public a pu voir les seules chaussettes blanches que j’avais, des chaussettes de foot.
  • J'ai dansé all the night sur des Platform boots argentées à paillettes, en tenue disco, en espérant ne pas croiser un de mes élèves.
  • Je me suis faite mordre au judo par la fille de mon instructeur, qui pesait deux fois plus lourd que moi et qui était très conne.
  •  Du coup, j'ai abandonné le judo pour faire du karaté.
  • J'ai mis un poing dans la figure de ma mère en voulant lui faire une démonstration de ce que j’avais appris au karaté.
  • J'ai fait des animations en magasin, avec tablier en plastique, charlotte et gants.
  • J'ai supporté stoïquement, avec le sourire, tous les jours la même bonne femme qui venait dans le magasin où je faisais des animations et qui me faisait un esclandre à chaque fois.
  • J'ai fait le tour de France en bagnole, en avion, en train et en talons aiguille, essentiellement dans les concessions de matériels agricoles.
  • J'ai donné le premier cours de ma vie à 22 ans, dans un amphi de 150 étudiants, quasiment du même âge que moi.
  • J'ai porté des jeans moulants remontés sur les mollets, sac US et Doc Martin’s montantes, sans oublier le perfecto avec les pointes et la tête de punk dessinée dessus.
  • Avoir pris ma première cuite à la sangria.
  • N’avoir plus jamais bu de sangria.
  • J'ai vu un match OM-PSG au parc des Princes, et ça m'a confirmé mon impression première : je n'aime pas le foot, et encore moins les supporters.
  • J'ai passé le concours de l’école de journalisme, et essayé de passer celui de l’école de la marine marchande.
  • J'ai appris à dire « non ».
  • J'ai tout de même dit « oui » le jour de mon mariage.
  • J'ai du visionner au moins 20 fois Pirates des Caraïbes (les trois épisodes confondus).
  • J'ai lu Le Pendule de Foucault ».
  • Je me suis achetée ma première voiture le jour de mes 25 ans, juste pour avoir marqué sur la carte grise 29 avril.
  • J'ai fait deux enfants…

La liste serait encore longue, mais chut !

 

Et vous, où en êtes-vous ?

Par BBK.mel - Publié dans : Raaahhh !
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Lundi 9 novembre 2009
  • Dix jours de vacances.
  • La famille qui va et qui vient chez nous, venue du Sud, depuis le début des vacances.
  • Mini Schtroumpf sensé rester calme et sans bouger à la maison, donc avec forcément quelqu’un pour le garder. J’avais bien imaginé le laisser seul avec quelques croquettes et un peu d’eau, mais ça fait un peu mère indigne.
  • Reprise le jeudi 5, journée cool en temps normal (3 heures de cours, c’est jouable), reprise très cool, classes sympas, tranquilles, encore un air de vacances.
  • Vendredi est aussi très cool.
  • Le week-end arrive alors que je n’ai pas vraiment repris le boulot moralement.
  • La famille est toujours là, histoire de fêter l’anniversaire de Schtroumpfette un peu ce week-end, un peu le jour dit. On profite encore des moments où on peut se voir, on bossera plus tard.
  • Une journée de cours lundi. La plus dure de la semaine.
  • Mardi, congé exceptionnel pour amener Mini Schtroumpf à l’hosto, histoire de vérifier que tout va bien, qu’il est correctement réparé.
  • Mercredi, férié.
  • La famille qui repart normalement jeudi.

 

J’ai vraiment du mal à me dire que les cours ont repris et qu’il faut que je me remette à bosser. 

Par BBK.mel - Publié dans : au fil des jours
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Dimanche 8 novembre 2009

Quelque part dans l’univers, dans un monde oublié, sur une planète oublié, des hommes tissent des tapis de cheveux. Chaque tisseur fait un seul tapis dans sa vie, sur le cadre à tisser qu’ont bâti ses ancêtres, tisseurs comme lui. Pour son tapis, il utilise les cheveux de sa femme, de ses concubines, de ses filles. Les filles sont donc une bénédiction pour une famille. Le premier fils en est une aussi, il prendra la suite de son père. Tous les autres fils seront tués à la naissance, il ne peut y avoir qu’un seul tisseur dans la famille. Pendant toute une vie, le tisseur va créer son œuvre. Lorsqu’elle sera finie, il la détachera, l’amènera à un marchand, et donnera le flambeau à son fils, qui créera lui aussi son tapis.

Ce tapis est destiné à orner le palais de l’Empereur. Personne ne l’a jamais vu, mais tout le monde le connait, pour avoir des portraits de lui partout. L’Empereur est un Dieu vivant. Il n’a plus d’âge, il est éternel. Il dirige l’univers tout entier. Les hommes vivent dans le culte de ce personnage. L’Empereur sait tout, voit tout. On ne peut le renier, on ne peut le dénigrer, on ne peut le destituer. Toute critique est un blasphème. Toute la vie de ces tisseurs est vouée à l’Empereur. Et tous ceux qui ne tissent pas de tapis de cheveux sont dévoués aux tisseurs. Ce schéma se reproduit à l’infini, sur des dizaines de milliers de planètes, de manière immuable, dans le culte de l’Empereur.

Mais que peut-il bien faire de ces tapis ? Ils se comptent par milliers, par dizaines de milliers, par milliards. Des milliards de tapis de cheveux pour orner un palais que personne n’a jamais vu. Et ce pendant des siècles. Pourquoi ces tapis de cheveux ? Pourquoi ce rite incroyable ? Pourquoi cette barbarie autour de ces tapis, pour lesquels on tue les fils qui ont le malheur de ne pas naitre les premiers ?

De chapitre en chapitre, on rencontre d’étranges personnages. Au départ, les tisseurs. Puis un maitre d’école, lapidé pour avoir essayé de comprendre ce qui se passait avec ces tapis, pour avoir remis en cause la suprématie de l’empereur. Puis on arrive à Nillian, le rebelle, qui découvre les tapis de cheveux et fait remonter l’information. Puis au chef des rebelles, celui qui a tué l’Empereur. Puis on se perd dans les archives de l’Empereur. On part ensuite dans le palais des larmes, avec son roi attaché à son trône et maintenu en vie face à des écrans éteints, et qui ne peut que pleurer. Mais pourquoi est-il attaché ? Et pourquoi pleure-t-il ?

 

J’avoue avoir été déconcertée par ce livre, pourtant chaudement recommandé par un de mes amis. Je ne suis pas fana de science fiction, mais ce livre n’est en rien représentatif du genre dans lequel on le classe. Il se passe certes sur des planètes lointaines, dans des mondes imaginaires, mais l’analogie s’arrête là. J’ai été déconcertée parce que rien ne semblait avoir de lien. Impossible de suivre un personnage d’un bout à l’autre ; un chapitre, et on perd le personnage que l’on suivait. Et on en découvre un autre. Cela parait décousu (sans mauvais jeu de mots rapport au tissage de tapis). Le seul fil conducteur est l’Empereur. Et ces étranges tapis de cheveux. 

J’ai cru un instant que ces tapis étaient un bon moyen pour l’Empereur de maintenir sous sa coupe des milliers de planètes, trop occupées à tisser pour se rebeller. J’ai pensé à une métaphore de la religion et du joug moral sous lequel elle tient les populations. Rien de tout cela n’est juste ; je me suis plantée jusqu’au bout.

Il faut attendre le dernier chapitre pour avoir le fin mot de l’étrange coutume du tissage des tapis de cheveux. Et l’histoire devient belle, poétique. Le pourquoi des tapis de cheveux est dérisoire par rapport à l’ampleur de la tâche, le nombre de tapis créés. On part d’une anecdote qui a des répercussions sur des milliards d’individus, sur leur vie quotidienne. Délirant.

 

Bonne lecture.

 

Par BBK.mel - Publié dans : le coin lecture - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Mardi 3 novembre 2009

Tout d’abord, on commence par faire la queue à l’accueil. Il y a du monde, pourtant le temps est merdique. Puis, enfin, on atteint la dame derrière son comptoir. Charmante, elle nous indique le chemin. Nous reprenons notre route, entourés de gentils personnages déguisés qui collent parfaitement au décor.

Arrivée au guichet : on nous demande une fois encore d’attendre. Mini Schtroumpf commence à s’impatienter. Pour l’occuper, une charmante hôtesse lui colle des autocollants sur les mains. Enfin, nous entrons. Les formalités remplies, nous voilà en possession du passeport pour la journée : une belle chemise vert pomme avec le dossier de Mini Schtroumpf à l’intérieur. On garde ma carte, elle me sera rendue à la fin.

Première attraction. Et que fait-on en arrivant ? On attend ! Je continue à occuper Mini Schtroumpf. Ce n’est pas patient un enfant. Une gentille animatrice arrive pour lui parler, lui raconter des histoires. Elle valide le passeport et nous envoie à l’attraction suivante, non sans nous avoir encore fait patienter 10 bonnes minutes.

Pour aller à la deuxième attraction, nous prenons un siège à roulette. Et hop ! voilà Mini Schtroumpf qui s’essaie aux virages au frein à main. La deuxième attraction a déjà une belle file d’attente. Nous attendons donc. Enfin, l’hôtesse, déguisée comme tous les autres, emmène Mini Schtroumpf. Nous voilà repartis pour un tour. Il y a là de gros appareils qui font plein de bruit. Le môme est mort de rire. Flash, photo. On reprend le siège à roulette, et on retourne dans le sas. Nous attendons la photo. Pour une fois, elle arrive rapidement. Et zou, on remonte à l’attraction suivante.

L’attente reprend. Un GO (gentil organisateur) prend alors Mini Schtroumpf en charge, lui raconte de nouveau les mêmes histoires, refait les mêmes gestes. Puis on attend. Un autre arrive à ce moment : c’est visiblement le chef du parc. Mêmes histoires, mêmes gestes. Je commence à saturer sérieusement, même si tout le monde est absolument charmant. Le grand chef me demande si je veux passer par une autre attraction : pas obligatoire, il y a de l’attente aussi. Je refuse.

Nous repartons alors, Mini Schtroumpf et moi vers l’accueil, histoire de rendre le dossier, enlever les patches Emla qui n’ont pas servi puisqu’il n’a pas eu de prise de sang de ses mains, et surtout récupérer la carte vitale. Enfin, après trois heures d’attente et beaucoup trop d’attractions à mon goût, nous quittons l’hôpital pour enfants. Il ne manquait plus que les oreilles, et on se serait cru chez Mickey !

Et dans la voiture, mon grand blessé se met à grogner.

- Pourquoi tu râles, Mini Schtroumpf ?

- Le monsieur, il ne m’a pas rendu ma photo.

- Ta photo ?

- Ben oui, tu sais la photo que l’on a faite tout à l’heure.

- Ah, la radio.

- Oui, la photo, quoi. Pourquoi tu ne l’as pas payée ? On aurait pu l’emmener !

 

Conditionné, le Mini Schtroumpf !

Par BBK.mel - Publié dans : paroles de schtroumpfs - Communauté : Paroles et rires d'enfants
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Lundi 2 novembre 2009

Il est parfois très instructif de prendre le bus ; on peut se rendre compte alors combien nos enfants sont géniaux, adorables, bien élevés etc. Trois demoiselles sont montées dans le bus en même temps que moi, 12 ans à peine, le genre de gamines que je détestais lorsque j’étais au collège. Appelons-les PetitePétasse, GrosseDinde et Souris. Les gamines s’installent juste derrière moi, de part et d’autre de l’allée centrale. Et évidemment, elles papotent. Mais vu la distance, la conversation se fait à voix haute et tout le bus en profite.

Souris émet alors un bruit, qui doit être une parole, je suppose. Et PetitePétasse, se retourne, toise la môme de tout son mépris, et lance :

- T’aurais pas parlé, j’aurais même pas vu que t’étais là.

L’autre a ravalé sa fierté, a baissé la tête et s’est tu.

PetitePétasse a continué son show ; elle soupire et dit d’une voix suraigüe:

- « Oh, vivement Noël !

La réponse de GrosseDinde, qui parle normalement, m’arrive indistincte. PetitePétasse reprend :

- Tu vois, à Noël je vais avoir mon nouveau portable (petit gloussement hystérique qui donne des envies irrépressibles de coller deux baffes illico presto à celle qui vient de l’émettre). Han, c’est l’genre, tu ouvres les paquets, t’as peur, et ouf, t’as ton portable, tout va bien. Ton Noël ne sera pas trop pourri.

- (réponse inaudible de GrosseDinde)

- Ben moi, en dehors du portable, le prochain cadeau que je vais avoir, c’est la mallette Sims, elle est trop délire la mallette, avec le jeu Sims3, tu sais, le dernier qui est sorti, quoi. C’est 100 euros, le cadeau. Tu vois le quel c’est ?

- (réponse toujours inaudible de Grosse Dinde)

- Ben si, les Sims3, le pack, c’est dans une mallette. Enfin, c’est celui à 100 euros, quoi.

De l’autre côté du bus il y a un gamin. Un petit black, enfoncé dans sa parka trop grande. Elles sont devant, il est à l’arrière. Comme tous les autres, il profite de la conversation de PetitePétasse. Les Sims 3, apparemment, il connait : à l’évocation de la fameuse mallette, il a les yeux qui brillent, la tête dans les nuages, juste à côté du renne du Père Machin en rouge. Les Sims 3, il aimerait bien les avoir, ça se lit sur son visage, comme un livre ouvert. Et l’autre gamine continue, inconsciente.

- De toute façon, je les voulais, donc je les aurais, c’est sûr. Il suffit que je demande, et hop ! j’ai ce que je veux.

Dans les yeux du petit garçon, à ce moment, j’ai lu de l’envie, de la tristesse, une ombre, comme une menace. Et aussi quelque chose qui ressemblait à une envie de violence. Il l’aurait baffée cette môme qui faisait pourtant une tête et quelques années de plus.  Et honnêtement, il n’était pas le seul dans le bus. L’air s’est épaissi, l’ambiance a changé.

PetitePétasse s’en est-elle rendue compte ? Elle a jeté un regard autour d’elle. Bouche ouverte, interrompue dans son étalage indécent, elle a senti peser sur elle le poids des regards réprobateurs. Au moment où je sortais du bus, elle avait enfin fermé sa grande bouche. Et, ai-je rêvé ? Au moment où les portes se refermaient sur moi, j’ai cru voir l’ombre d’un sourire narquois sur le visage de Souris.

 

Par BBK.mel - Publié dans : paroles de schtroumpfs - Communauté : Paroles et rires d'enfants
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Samedi 31 octobre 2009

 

Je n'ai rien à raconter. Non, rien de rien, non, je n'ai rien à raconter. Il ne se passe rien. Famille en visite, balades, glandouille devant une bonne bouffe ou bien visites de châteaux. Je ne vais pas vous raconter la super soupe au potiron que j'ai faite hier, ni ma brioche de folie, quel intérêt.

Donc, je vous retrouverai lorsque j'aurais des choses drôles, sympathiques, émouvantes à raconter.

Ah, si, une de mes amies d'enfance m'a reparlé de ce que nous écoutions lorsque nous avions 15 ans. Ca m'a rappelé de bons souvenirs. (Armand, pas la peine d'écouter, tu ne vas pas aimer !)
 

 

Par BBK.mel - Publié dans : au fil des jours
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Lundi 26 octobre 2009

Il y a des moments, dans une vie de mère aimante, où il faut faire des choix stratégiques. Et parfois, on se plante. Par exemple, tes enfants, ces monstres assoiffés de consommation, gavés de télé et de chansons sirupeuses de Phil Collins, tes enfants veulent aller voir Mickey. Comme tu es une mère aimante et qu’accessoirement tu habites à moins de 200 kilomètres de Mickey, tu les emmènes. Puis ça tombe bien, ta frangine qui débarque du fin fond du Sud-ouest avec ses trois gamins veut aussi y emmener les siens. Allons-y gaiement tous ensembles voir Mickey.

 

Déjà, rien que le voyage c’est une expédition. Comme tu es une mère aimante ET organisée, tu te débrouilles pour partir relativement tôt, histoire d’arriver tôt au parc. Et de ne pas trop faire la queue au parking. Tu aurais pu prendre le TGV qui t’emmènes directement à l’entrée, mais l’avantage de la voiture, c’est que tu pars quand tu veux. Déjà, quand tu arrives, tu as l’impression que tous les gens qui étaient sur l’autoroute avec toi vont au même endroit. Et bien tu as raison : eux aussi ils vont chez Mickey. Tous. Du coup, à 9H30, tu as déjà des embouteillages à l’entrée du parking du parc. Une fois à l’intérieur, ne cherche pas la seule place à l’ombre, tranquille, celle où aucune autre voiture ne pourra rayer ta carrosserie lorsque les mômes ouvriront les portières brutalement. Dès que tu arrives chez Mickey, c’est Mickey qui fait la loi. Avec le sourire, certes, mais la loi quand même. Tu te gares là où on te dit, et tu ne discutes pas. Comme tu n’as pas envie d’entamer ta belle humeur et une polémique, tu prends la place que l’on t’indique. Puis de toute façon, ta voiture elle est déjà rayée de partout. Alors une de plus ou de moins…

Mickey, tu connais. Tu y es déjà allée. C’est la troisième fois. Donc les attractions classiques, tu pourrais t’en passer. Tu voudrais bien aller voir le nouveau parc, celui branché cinéma. Sauf que tes enfants, ces monstres assoiffés etc. eux, ils veulent voir les princesses, Minnie, Mickey, et puis Jack Sparrow, et puis Luke Skywalker. Tu préviens tout de suite ton monde, il est hors de question d’aller voir les poupées. Les poupées, c’est atroce. C’est juste un tour en bateau au milieu de centaines de poupées habillées en costumes de tous les pays du monde. Toutes avec le même sourire figé sur la figure. Toutes en train de chanter la chanson ridicule que tu as mis des années à oublier, et dont tu te souviens malgré tout à chaque fois. Un tour dans le bateau suffit pour ressortir avec la ritournelle bien en tête. Puis c’est tenace ce truc là.

La première fois où tu as visité le parc, c’était en emmenant tes élèves (déjà !). Des grands, des mômes de vingt ans. Puis toi, tu n’étais pas beaucoup plus vieille. En semaine, en période scolaire, en plein mois de novembre, un jour où miraculeusement il avait fait relativement beau malgré un froid d’esquimau, il n’y avait pas un chat. Moins de 5 minutes d’attente au Space Mountain. Accès direct au Star Wars Tour. Record à battre. Tu avais fait toutes les attractions à sensation, toutes les attractions pour enfants… en fait, tu avais fait toutes les attractions. Même les poupées. D’où la rengaine tenace. Jusqu’à la fermeture du parc. La deuxième fois que tu as visité le parc, tu emmenais en mère aimante ta fille, à qui tu voulais faire connaitre le rêve Disney, les princesses et tout et tout. Comme elle était petite, et que tu étais accessoirement enceinte de 7 mois et demi, les attractions proposées étaient limitées. De toute manière, à 14h, elle dormait dans tes bras, confortablement installée sur ta poitrine de future maman et par la même sur son petit frère à venir. Et toi, tu y allais mollo, parce que tu avais quand même failli accoucher d’un prématuré sur le parking du parc. Cette fois ci, vu que les mômes présents ont entre 3 et 9 ans, il ne faut pas rêver, tu te contenteras de faire les princesses. Mais pas les poupées, tu l’as clairement dit.

 

Le seul truc sur lequel tu n’avais pas tablé, c’était le monde. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à aller voir Mickey en même temps que toi ? Pourquoi tu n’es pas VIP et que tu ne peux pas réserver le parc pour toi toute seule ? Parce que là, pour faire la queue, tu l’as faite. Tu fais la queue pour te garer, tu fais la queue pour prendre ton billet d’entrée au parc, tu fais la queue pour entrer dans le parc, tu fais la queue pour aller pisser, parce qu’après la route, on ne peut pas attaquer les attractions directement sans passer par la case pause technique, tu fais la queue pour acheter un truc à grignoter, parce que tu as eu la flemme de faire les sandwiches et te les trimballer toute la journée, et que tes gamins réclament un truc à manger avant même d’avoir atteint le château de princesse. Tu fais la queue pour les attractions. Puis pas n’importe quelle queue ; la moindre attraction, c’est 30 minutes d’attente. Au bas mot. Parfois 60, voire 90 minutes. Au-delà de deux heures, ils n’affichent plus le temps d’attente.

Comme tu n’avais jamais vraiment attendu chez Mickey, tu n’as jamais eu le temps de découvrir ce que c’était de faire la queue pour une attraction. En fait, tu fais comme d’habitude, tu te repères visuellement. Il semble y avoir pas trop de monde, hop ! on y va. Et là, une fois que tu as poireauté pendant une plombe à l’extérieur de l’animation, tu t’aperçois que tu t’es fait avoir. Tu crois avoir atteint l’entrée, le nirvana du parc, et tu te rends comptes que tu as autant de queue à faire à l’intérieur de l’attraction. Que les tours et les détours que tu as mis 45 minutes à faire dehors, tu as les mêmes dedans. En marketing, ça s’appelle des guides files, ces barrières qui te font faire tant de tours. En français, ça s’appelle un attrape-couillon. Et le couillon, c’est toi.


A ce moment là, tout le monde commence à fatiguer et s’énerver. Ca fait trois heures que tu es dans le parc et que tu passes ton temps à attendre. Ta fille, ce condensé d’intelligence, t’a même dit : « maman, la principale attraction que l’on a fait c’est attendre ». Mais bon, tu es une mère aimante, tu résistes, pour tes enfants. Le petit dernier manque de se prendre une baffe lorsqu’il demande à rentrer à la maison : tu as tenté d’esquiver la phase cadeau dès l’arrivée et la vue des premières boutiques en bottant en touche et en disant que s’il devait y avoir des achats, ils seraient faits au retour, qu’on n’allait pas s’encombrer avec pendant la balade. Et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd pour ton fils adoré. Il veut rentrer tout de suite, parce que lui, il veut un cadeau tout de suite. Sauf que vu que tu viens de claquer 200 euros entre les entrées et la bouffe, tu aimerais bien rentabiliser un tout petit peu le truc. Donc, tu continues. En portant ton fils qui chouine.

 


Au final, tu resteras presque 9 heures dans le parc. Tu auras fait quatre attractions. Dont les poupées. Et Space Moutain, lorsque tu auras réussi à coller tous les mômes à ta sœur pour le goûter et que tu auras réussi à t’éclipser avec l’HommeDesBois et le mari de ta frangine (1 heure d’attente, 30 secondes de manège). Tu seras passée par la case boutique cadeaux pour les enfants…puis pour toi, parce que tu lorgnais depuis le début de la matinée les chapeaux de sorcières totalement inutiles car immettables, donc totalement indispensables. Tu auras perdu ta nièce, la plus petite, dans le labyrinthe de la reine. Tu l’auras retrouvée avant que ta sœur ne s’en rende compte et ne te trucide en public. Tu seras repartie affublée de ton chapeau de sorcière. Tu ne te rappelleras plus l’emplacement de ta voiture sur le parking qui était quasiment vide lorsque tu es arrivée et qui est totalement plein lorsque tu pars. Pourtant, tu l’avais noté le numéro. Enfin, tu l’avais noté dans ta tête. Tu passeras vingt minutes à chercher cette p*** de bagnole, avec tes enfants qui pleurent de fatigue, accrochés à tes jambes. Et tu te rendras compte, une fois posée dans ta voiture enfin retrouvée, que tu as les pieds en compote, et que n’eût-ce été l’odeur, tu aurais viré tes grolles pour conduire. Et là, tu te dis que Mickey, c’est bon, tu as ta dose pour les 10 ans à venir.


 

 

Par BBK.mel - Publié dans : paroles de schtroumpfs - Communauté : Humour de tout genre
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Dimanche 25 octobre 2009

D’abord, d’abord il y a l’ainé, qui est bête comme un cochon, celui qui est toujours le premier à déconner, celui qui rit le plus fort, celui qui se laisse aller, dos contre le mur, en travers de sa chaise. Il est toujours en train de se retourner, en train de bouger. C’est un grand dadais boutonneux, toujours en train de rire. Il n’est pas bien méchant, juste chiant. Emmet est au final un brave garçon, encore trop gamin dans sa tête malgré ses 16 ans bien sonnés. Il fait le fier devant ses potes, essaie de se la jouer trop cool, mais en fait, il se met au travail dès qu’on fronce les sourcils. Comme le Porthos des trois mousquetaires ou l’Averell des Dalton, il pense avec son estomac, réclamant à manger dès onze heures, demandant une sieste après le repas. Il ne sait quoi inventer pour rigoler, premier à suivre la moindre connerie, mais trop gamin pour les inventer. Parce que chez ces jeunes là, Monsieur, on ne pense pas, on rit.

 

Et puis, il y a le teigneux, celui qui n’en a rien à faire, celui qui se moque de la tête du prof, celui qui est ingérable. C’est le plus petit, le plus méchant, le pas sympa. Lui ne fait jamais de bêtise, c’est toujours les autres. Pas de souci pour mettre le bazar, il invente une connerie que s’empressera de faire Emmet. Bob est certes le plus jeune du lot, pas encore 15 ans, mais il a déjà pas mal de casseroles à son actif. Ma Dalton est désespérée, elle ne sait plus que faire de lui. Il n’a aucune conscience de l’avenir, aucune idée de ce qu’il fera, aucun projet. Facilement irritable, il ne conçoit pas d’autorité sur lui, n’imagine pas qu’il ait à obéir, ne se résout pas à suivre un règlement. Il se sent inaccessible, sûr de lui comme un d’Artagnan fonçant à l’assaut du Bastion Saint Gervais, l’honneur et la bravoure en moins, ou à l’assaut d’une Milady, la rouerie en sus. A aucun moment il ne pense à une quelconque sanction, tant il est certain de se sortir de toutes les situations, quitte à faire condamner ses copains à sa place. Car pour vous dire, Monsieur, chez ces jeunes là, on ne joue pas, on triche.

 

Et puis, il y a Bill, le caïd, ni le plus vieux, ni le plus grand, mais celui qui a déjà bien vécu, celui qui a déjà connu la Police, les exclusions d’un établissement, les balades d’un collège à l’autre. 15 ans et un dossier costaud. C'est un gamin, mais il a l'air d'un homme. Il a les hormones qui bouillonnent et le regard lubrique lorsqu’il regarde les filles de la classe. Il est intelligent, Bill, suffisamment pour comprendre quand il faut s’arrêter, quand il peut au contraire tirer sur la corde. C’est un dur, mais un dur avec un sens de l’honneur, une sorte de code de conduite. Lorsqu’il dit qu’il arrête de faire le bazar en cours, on peut compter sur lui, il respectera sa parole. Au moins pendant un temps. Contrairement à Bob, il ne fera jamais prendre un copain à sa place, quitte à se faire virer. Car ces chez jeunes là, Monsieur, on ne balance pas, on assume.

 

Et puis, et puis il y a Grat, qui traine sa gueule cassée, une gueule que n’auraient pas renié un Charles Bronson ou un Willem Defoe, une gueule de méchants de film, ceux qui se font flinguer, bien qu’ils soient durs à attraper. Une gueule qu’on n’oublie pas. Une gueule qui fait peur, lorsqu’il lance un regard noir, comme celui qu’il m’a lancé l’autre jour et qui était censé me fusiller sur place, parce que je l’avais collé. Une gueule où brillent deux yeux bleus sous sa tignasse dorée. Une gueule qui s’éclaire de temps en temps, d’un sourire en coin, d’un sourire déformé. Il ne dit rien, Grat, il se tait. Trapu comme un boxeur, efflanqué comme un chat sauvage, il s’avance dans les couloirs, comme un boxeur monte sur le ring, les épaules en avant. Secret, silencieux. On le voit rire des conneries d’Emmet, puis se renfrogner, parfois bouillir, à la limite de la colère, à la limite de l’explosion. Il me dit qu’il arrêtera, qu’il fera attention, de ne pas se laisser aller, de ne pas se laisser entrainer, qu’il ne veut pas louper son année.

Et moi je le crois, Monsieur, parce que sous ses airs de caïd de quartier, avec sa gueule cassée, il parait tout seul, trop jeune pour encaisser toutes les responsabilités, trop vieux pour être materné. Et moi je crois sa parole donnée, parce qu’il a le regard franc ; il s’avance tête droite face à l’autorité, sans défaillir, sans se moquer, sans glousser. Il écoute sans interrompre, sans chercher à se justifier. Il encaisse ce qu’on peut lui dire, parfois avec les larmes au bord des yeux, mais sans jamais baisser le regard, sans défi, sans le moindre irrespect, simplement parce qu’il parle d’adulte à adulte. Je ne connais pas son dossier, j’ai refusé de le regarder, de fouiller dans son passé. J’ai simplement envie qu’il arrive à obtenir un métier, son orientation, une bonne valise pour réussir dans la vie. Je crois que ce gamin m’a touchée. 

 
Par BBK.mel - Publié dans : Portraits - Communauté : La communauté pédagogique
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Vendredi 23 octobre 2009

Il y a des gamins que l’on déteste d’entrée de jeu, comme le petit con dont je parlais hier. Pour cela, notre professionnalisme fait que nous mettons de côté notre antipathie et que nous essayons de traiter ces morveux comme leurs camarades. En fait, ils sont relativement peu nombreux ceux-là. Et puis il a ceux pour qui nous avons une sympathie instinctive, spontanée. Des mômes que l’on aime, sans savoir pourquoi. C’est le cas de Rosalie, ma gitane explosive, par exemple. Encore moins nombreux que les petits cons. Et puis, il y a les charmeurs. Ceux là, ce sont les pires.

 

Précisons tout de suite les choses. Tout d’abord, tout ce que je vais dire est transposable : vous transformez « charmeur » en « charmeuse », vous adaptez, et le tour est joué. Ce qui marche au masculin marche aussi au féminin. Ensuite, lorsque je parle de charmeurs, je ne pense pas aux Régis de Mokona (pardon Régis, elle utilise ton prénom mais elle ne te connait pas, c’est pour ça), ces gros lourds qui croient qu’ils peuvent séduire n’importe qui alors qu’ils inspirent plutôt une exaspération certaine. Version ados en lycée, ça donne des boutonneux qui parlent de fesses en croyant tout savoir parce qu’ils ont vu un film X dans leur vie, ou qu’ils ont tripatouillé un nichon dans une soirée, à moitié bourré. Non, je parle des vrais charmeurs, ceux qui jouent de leur charme parce qu’ils en ont vraiment. 

Le charmeur n’est généralement pas un super bon élève. Non, c’est un élève qui a tendance à arriver en retard, qui sèche parfois les cours, qui ne bosse pas toujours comme il devrait. La prof veut le tancer pour ce qu’il fait (arriver en retard, sécher les cours) ou ce qu’il ne fait pas (travailler). Et là, le charmeur sort la panoplie : regards coulants sous les cils, sourire contrit. Et la prof sent que son ton sévère commence à fondre, se dilue, et se transforme en soupir faussement exaspéré. Car comment en vouloir au charmeur ?

Soyons réalistes, le charmeur ne cherche absolument pas à séduire une prof (pour peu qu’il existe une prof soit assez tarée pour se trouver séduite par un gamin de 16 ans et foutre sa carrière en l’air). De toute façon, pour ces gamins, toute personne de plus de 18 ans est une vieille. Non, le charmeur se contente de profiter du fait que son aura le protège d’un certains nombres de désagréments, comme celui de se faire enguirlander par la CPE un jour de crise de colère.

Le pire, c’est que le charmeur n’est pas toujours conscient de son charme. Celui là se dit qu’il a de la chance, que les profs sont vraiment cools avec lui. Finalement, la vie est belle, il suffit de sourire, et tout va bien. Ceux là sévissent sans s’en rendre compte. Quoi qu’au bout d’un moment, ils doivent bien s'apercevoir qu’il y a un bin’s, non ?

Certains charmeurs connaissent au contraire parfaitement leur pouvoir, en usent et en abusent. C’est le cas de Jeremy, un de mes anciens élèves de l’asile de fous. Jérémy avait vite compris l’impact de son sourire et de son regard charmeur sur toutes les femmes du lycée, jeunes ou vieilles, petites ou grandes, moches ou belles, gentilles ou tigresses. Il se faisait punir pour ses retards, ses absences, mais chacune lui annonçait avec plus de délicatesse que pour les retardataires moins charmeurs. Même moi, qui suis pourtant de marbre devant toutes les tentatives juvéniles d’assouplir mon autorité, j’avais tendance à être plus cool avec lui, non pas en termes de sanctions éventuelles, mais dans la façon de lui dire.

 

On aurait pu croire que maintenant que je n’étais plus sa prof, il n’avait aucun intérêt à continuer de faire du charme : je suis devenue incorruptible, non pas par force morale mais par manque d’occasion. Et pourtant, chaque fois que je le croise dans la cour, j’ai un sourire ravageur, un regard lancé sous les longs cils et un « bonjour Madame BBK » à faire fondre n’importe quelle statue de glace, y compris Mme Thatcher. Ce sourire là, il est tellement gratuit que s’en devient du bonheur en tranche.

 

Par BBK.mel - Publié dans : Raaahhh ! - Communauté : Le plus beau métier du monde
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Jeudi 22 octobre 2009

Il y a des fois, où j’ai l’impression que ce que je peux dire passe largement au dessus de la tête de mes élèves, où mes remarques n’ont aucune espèce d’importance, que grosso modo, je pourrais pisser dans un violon, ça aurait le même effet.

 

Jean est un petit con. Jean est un petit con de troisième découverte professionnelle. Jean est un petit con qui n’a pas quinze ans. Jean, d’ailleurs, a une tête de petit con. Vous savez, le genre de gamin qui vous regarde d’un air railleur en permanence, qui semble vous dire « cause toujours, tu m’intéresses ». Jean se fout de votre gueule et vous le montre. Je suis certainement pas totalement objective : Jean a une telle tête de petit merdeux, que j’ai envie de le scotcher contre le mur et lui mettre des baffes chaque fois qu’il fait une connerie et me dit, outré à la moindre de mes remarques, « mais j’ai rien fait, moi ». Un petit con.

 

Jean cumule les gamineries un brin stressantes : lancer de boulettes diverses et variées, bruits incongrus en cours, bavardages incessants (sauf lorsqu’il a sa sarbacane dans la bouche pour envoyer des boulettes). Des gamineries qui exaspèrent ses profs sans pour autant lui valoir de sanctions lourdes. Puis l’autre jour, il se prend une exclusion de cours. Là encore pour une gaminerie. Il devait travailler sur un ordinateur. Il y avait un ordinateur et une chaise par élève. Il s’assoit avec un camarade sur la même chaise, devant le même ordi. Refus de changer de place. Une connerie. Pas bien méchant, là encore.

Je demande donc à rencontrer la mère. Qui se déplace immédiatement. L’une comme l’autre, nous expliquons au gamin qu’il est en train de foutre son année en l’air, que c’est son orientation qui est en jeu, que s’il veut un apprentissage l’année prochaine puisque c’est le souhait qu’il a exprimé, il a intérêt à avoir un dossier correct, qu’il ne faut pas qu’il imagine que les patrons vont se l’arracher à la fin de la troisième, que les centres de formation d’apprentis ont tellement de demande dans le coin qu’il n’arrivera pas en tête de liste s’il continue comme ça, etc. Sanction à suivre, une fiche de suivi et plus si affinités.

 

Et à chaque fois, il me regarde avec le même air je m’en foutiste, le même sourire railleur. Et à chaque fois la même envie de ma part : lui coller deux claques !

 

Par BBK.mel - Publié dans : Portraits - Communauté : La communauté pédagogique
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