C'est qui ça ?

Les autres

Ils ne sont pas collègues, mais ils sont passionnants. Méfiez-vous, parmi eux se cachent des membres de la Grande Maison Educ Nat !
Adèle
Alain Maigne
Ange-étrange
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Bordelius
Dieu
Fantômette
Grizzly du Sud 2
Le chat
Le routier
Maky
Minipoucine
Naturella
Petites nouvelles policières
Petit Sushi
Placide
Rohic
The Pacholette Show
Tietie007

Samedi 10 mai 2008

Après Absurdus délirium part 1, voici la suite des aventures de BBK.mel dans le labyrinthe de l’éduc nat ou l’art et la manière de refaire Brazil sans le savoir…

 

Je suis une feignante. On ne dirait peut-être pas au premier abord, mais je suis une feignante. Je travaille pour m’économiser, parce qu’à l’instar du Grand Meaulnes, j’ai découvert qu’il était parfois plus rapide et plus simple de travailler plutôt que de chercher mille façons de gruger. Donc, pour mettre toutes les chances de mon côté et entrer dans le monde de l’éduc nat, j’ai passé 4 concours. Et comme je suis feignante, je me suis inscrite dès que j’ai pu au troisième concours.


Il existe 4 façons de passer les concours de l’éducation nationale : l’interne est réservé à ceux qui travaillent déjà dans le milieu. Avec mes 12 années à la fac, j’aurais peut-être pu, je ne sais pas, je n’ai pas tenté. Il y a le concours externe, le plus prestigieux, celui qui a le plus d’inscrits comme candidats et qui offre en général le plus de postes. Il y a le concours réservé : il n’a pas duré longtemps celui là. Uniquement 5 années (2001 à 2005). C’est un concours qui a été fait pour pouvoir titulariser des gens qui travaillaient déjà comme contractuels dans les postes qu’ils convoitaient. Recrutement sur dossier uniquement. Manque de bol, je suis arrivée en 2006. Et puis, je n’avais jamais travaillé en lycée pro. Restait le troisième concours (appelé aussi troisième voie). Il existe dans plusieurs domaines et il est fait pour permettre à des gens qui n’ont pas forcément le niveau de diplôme nécessaire pour passer les autres concours de postuler. Il faut pour cela justifier d’au moins 5 années d’expérience en entreprise. Avec mon parcours, je pouvais prétendre m’inscrire à au moins deux concours (externe et troisième concours), voire éventuellement à trois (l’interne). Le troisième concours est exactement le même que le concours externe à deux nuances près : il y a deux épreuves de moins que l’externe (une à l’écrit, une à l’oral), et nettement moins de places (une centaine à l’externe, moins de dix au troisième concours). Comme je suis feignante, j’ai compté sur les deux épreuves en moins.

 

Une fois le concours obtenu, je me suis retrouvée dans les méandres des mutations, mutations qui génèrent des crises d’angoisse et des réflexions intenses chez tous les lauréats des concours de l’éduc nat. Parce qu’après le concours, on n’est pas encore titulaire : il faut passer par la case IUFM (institut de formation des maitres, autrement dit usine de formatage des profs, on l’on vous apprend tout ce qu’il faut pour bien passer les futures inspections). Un an de formation à l’issue duquel on obtient ou pas la titularisation. Il faut donc entrer dans le système des mutations pour savoir dans quelle académie (et donc dans quel IUFM) et ensuite dans quel établissement on va effectuer notre année de stage. Pour les profs de maths ou de français, pas trop de soucis à se faire, il y a toujours une formation de stagiaires dans les académies. Mais pour les ébénistes, les topographes, les profs de chinois ou d’arabe, ça devient plus difficile. L’académie à laquelle j’étais rattachée de par mon concours (tout bêtement d’académie dans laquelle se situe la ville où j’habite) ne préparait pas les stagiaires dans ma filière. Me voilà donc devant un choix cornélien : me retrouver à 200 kilomètres à l’Est de chez moi, ou bien 200 kilomètres à l’Ouest de chez moi. Comme « à l’Ouest, rien de nouveau », j’ai choisi l’Est.

 

Une fois certaine d’être à 200 kilomètres de mon HommeDesBois et de mes enfants (rigolez pas, j’aurais pu me retrouver à Tripatouilly les Chnocs, à quelques 500 bornes ! 200 kilomètres, c’est jouable…), il a fallu choisir un bassin de formation. Et donc plus ou moins un établissement. Si l’on choisit un bassin peu peuplé, un peu paumé, on peut savoir rapidement dans quel établissement on va être. Si l’on choisit un bassin avec une grande ville, on a souvent trois ou quatre bahuts qui peuvent potentiellement nous accueillir. Moi, je ne connaissais pas la région où j’allais atterrir. J’ai donc choisi les bassins qui me paraissaient les plus près de chez moi. A vol d’oiseau. Au pifomètre. Au final, j’étais à l’IUFM à 200 kilomètres de chez moi, et dans un lycée à 200 kilomètres aussi de chez moi, mais accessoirement à près de 90 kilomètres de l’IUFM. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? J’ai su le nom du lycée le 25 août. J’étais attendue à l’IUFM pour ma rentrée le 28 août. Je faisais ma rentrée officielle au lycée le 1er septembre. Je n’avais pas de logement, je ne connaissais personne. Roule ma poule.

 

Les aventures de BBK dans l’antre du monstre Educ Nat se poursuivent au prochain épisode. Attention, c’est comme Santa Barbara, si vous loupez un épisode, vous ne comprendrez jamais pourquoi Samantha quitte Tony à l’épisode 1324 de la saison 25!!

par BBK.mel publié dans : humeur
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Jeudi 8 mai 2008

Lorsque j'ai passé mon concours pour être prof de lycée pro, j'avais derrière moi 12 ans de vie professionnelle en tant que consultante formatrice en entreprise, doublée d'un lourd passif de PAST, autrement dit maitre de conférences à temps partiel. Pour traduire tout ça pour les néophytes, cela veut dire que j’étais une professionnelle (euh, pas de commentaires salaces, là bas dans le coin !!) rattachée à l’université et appointée par la fac. L’art et la manière de s’attacher des gens venus du monde professionnel en les contractualisant et les mensualisant.


J’adorais le principe de la double compétence : j’apportais mes connaissances professionnelles et ma compétence terrain à des universitaires, et je m’obligeais à théoriser mes actions, les remettre dans un cadre plus académique, plus structuré, ce qui me donnait une crédibilité parmi mes entreprises clientes. A cela s’ajoutait le fait que les émoluments n’étaient pas à dédaigner, loin de là, de même que le prestige qui découlait de mon statut de maitre de conférences (maitre de conf pour les intimes !). Bref, la belle vie. Pendant 12 ans. A 70 heures de boulot par semaine. Dans toute la France. A un moment, dans une même semaine je faisais Reims, Meaux, Saint Denis, Creil, Tours, et la semaine suivante, je faisais la même chose en remplaçant Tours par Neuvic d’Ussel (vous ne savez pas où c’est ? C’est normal ! C’est sur la fesse gauche, juste à côté du trou du … enfin, vous savez quoi ! ) (Pardon  Alain Maigne de dénigrer votre chère Corrèze) ! Parfois, je faisais des excursions vers Revel, Lunel, Pontivy, Quimper, Hochfelden… On visite la France comme cela ! Mais j’aimais parcourir tous les trous paumés d’un côté et retrouver mes 150 élèves en amphi ensuite ! Contraste saisissant. Raccourci brutal et vivifiant.


Le problème avec mon poste de maitre de conférences à temps partiel, c’est qu’il était lié au fait que j’étais salariée en entreprise. Impossible pour un chômeur, même à Bac + 28 d’imaginer faire mon boulot : nan, nan, il lui aurait fallu d’abord être salarié à temps plein dans une société quelconque. Impossible aussi pour quelqu’un à mi-temps de faire un autre mi-temps comme maitre de conf à temps partiel : il fallait absolument un temps plein (il faut justifier de 1000 heures pas an de travail ou 334 heures pour un formateur). C’est la même chose pour faire des vacations en fac. Tout cela bien sûr en justifiant des diplômes nécessaires. Inutile de penser qu’avec un BEP on peut enseigner à des Bac + 4. Que nenni. Vous allez me dire, salarié à plein temps dans une boite, comment faire pour caler un mi-temps en plus dans son agenda overbooké ? Précisons qu’un mi-temps de maitre de conférences correspond à 96 heures par an… (Un temps complet de maitre de conf équivaut à 192 heures, un agrégé en poste en fac fera 384 heures par an. Avant de crier à l’imposture, n’oubliez pas qu’un maitre de conférences passe plus de temps à faire de la recherche qu’à donner des cours. Les 192 heures ne correspondent qu’aux heures de cours !).


Deux enfants plus loin et pas mal de kilomètres parcourus, j’ai fini par trouver que l’enseignement me plaisait plus que la formation : il n’y avait pas la même logique commerciale et comptable dans l’enseignement (naïve que j’étais !). J’aimais faire passer les messages, alors que je détestais faire des courbettes devant mes clients (le client est roi, le client est roi…) pour des clopinettes. Impossible de rester dans le giron de l’université sans boulot à plein temps dans le privé. A moins de passer les concours. A l’IUT, ils voulaient que je reste. Ils ont cherché toutes les solutions possibles, y compris celle de monter une société réelle mais sans vraiment d’activité pour que je puisse continuer à avoir mon poste. Mais moi je ne sais pas mentir. Je voulais être payée pour ce que je faisais, et non pas essayer de gruger pour garder un poste que je ne pouvais conserver sans mentir ou m’épuiser sur la route. Donc j’ai passé tous les concours à portée de la main : CAPES, CAPET, CAPLP, et même celui de CPE (raté l’admissibilité de peu, 0,5 points !). Il me restait deux ans de contrat à l’IUT, j’avais le temps de me planter au concours la première année, j’y suis allée la fleur au fusil, sans vraiment réviser. Me suis ramassée lamentablement au CAPES et au CAPET (je n’ose même plus regarder les notes que j’y ai obtenues, tellement j’ai honte de mes performances !). J’ai eu le PLP. Juin 2006. Un tournant.


 

Suite au prochain épisode des aventures de BBK.mel, en plongée en apnée dans le monde de l'éducation nationale. Saura-t-elle garder son intégrité dans ce milieu de requins ? Vous saurez tout demain...

par BBK.mel publié dans : humeur
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Mercredi 7 mai 2008
Je viens d'apprendre qu'une de mes amies est admissible au concours, le même que celui que j'ai passé il y a deux ans. Nous avons pas mal bossé, papoté, rigolé ensemble toutes les deux. Alors maintenant que j'apprends son admissibilité, je suis aussi émue que le jour où j'ai lu mon propre nom sur la liste des gens admis à passer l'oral !
Je crois parfaitement en ses capacités d'avoir l'admission dans quelques semaines...et je croise les doigts. Séquence émotion...
par BBK.mel publié dans : Raaahhh !
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Mardi 6 mai 2008
Un commentaire d'Elise, jeune future prof, m'a rappelé ce texte que j'avais écrit il y a quelques temps. Près de neuf mois ont passé depuis que je l'ai écrit et rien n'a changé : les avis sont toujours les mêmes sur ces crétins-de-profs-qui-foutent-rien ! Retour en arrière et bonne lecture...


Réunion des anciens de l'école. Ecole de commerce. Privée. Chère. Plutôt réputée. Promo 94 (et oui, je ne suis plus toute jeune...). Il y a là une bonne partie de mes ex-camarades de classe et pour certains de beuverie. Nous avons tous vieilli, pris du bide, perdu des cheveux (euh,non ! Pas tous !). Je les ai tous perdus de vue. Certains depuis la fin des cours. Mes dernières nouvelles par personnes interposées remontent à l'an 2000. C'est dire si on se regarde un peu en chien de faïence.


Nous avons tous pris des voies différentes. L'un travaille pour un grand groupe de distribution, au marketing. Un autre, à ouvert un hypermarché en Pologne. Une troisième est devenue chef de pub senior dans une agence. Un autre est retourné dans sa Bretagne natale, dans une agence de graphisme. L'un manque à l'appel : il a émigré au Canada (non,ce n'est pas Juppé). Une a préféré s'arrêter de travailler pour s'occuper de ses enfants. Bref, aucun ne fait la même chose. 

Quand on s'est perdu depuis si longtemps, il y a deux solutions. Soit on reprend la conversation là où on l'a laissée la dernière fois (ça c'est pour les amis), soit on ne sait pas quoi se dire. Et quand on ne sait pas quoi dire on pose l'éternelle question : "et toi, tu fais quoi, maintenant ?"
Chacun y va de son petit laïus sur sa réussite personnelle, son salaire, le nombre de personnes sous ses ordres, le nombre d'heures passées au bureau. On compare les mérites de chaque évolution de carrière. On note les difficultés de tous. Travailler, maintenant, c'est un sacerdoce! Mon tour approche. "Et toi BBK, tu bosses toujours avec notre ancien prof ?"

A la sortie de l'école, j'ai en effet bossé avec un ancien prof comme consultant et formatrice, tout en donnant des cours en parallèle à IUT. Pendant douze ans. Puis j'ai passé les concours de l'éducation nationale et me voilà prof en lycée professionnel. Jusqu'à présent, j'étais fière de mon parcours car il correspondait à mes envies. J'ai eu la chance de faire des boulôts parfois durs, parfois très peu lucratifs, mais qui me plaisaient. Donc, fièrement, j'annonce que je suis devenue prof. Une vraie. Et là, coup de bambou...

Autour de moi, je ne vois que des mines ironiques, voire, pire, gênées. Comme si j'avais dit une insanité. Je n'aurais pas plus choqué si j'avais hurlé au milieu de la salle que j'adôôôre être attachée au radiateur et me faire fouetter. Têtes consternées. Le plus grande gueule du lot me sort un truc du genre : "t'es rentrée dans le clan des feignants". Les autres enchainent, soudain bavards, avec toutes les conneries de comptoir que l'on peut dire sur les profs. En vrac :
- les profs ne foutent rien
- ils bossent seulement 18 heures par semaine
- ils sont en vacances tout le temps.
- Et en plus ils font grève au lieu de faire cours.
- de toute façon, quand ils travaillent, ils n'apprennent rien aux mômes. Il n'y a qu'à voir la façon dont les gamins lisent et écrivent maintenant pour voir que l'on ne fait pas notre boulôt.
- L'école publique part en vrille : d'ailleurs, la plupart ont mis leurs enfants dans des écoles privées.
- Puis, c'est un travail facile, vu le niveau requis au bac. On peut réutiliser les mêmes cours d'une année sur l'autre. A la rigueur, ils acceptent du bout des lèvres de reconnaitre que prof c'est moins pire qu'instit (pardon, professeur des écoles), qui eux ne foutent vraiment rien.
Grosso modo, le prof est un mutant incompétent, feignant et coupé du monde réel.

Puis vient la séquence "Compassion mal placée". "Avec ton niveau (autres versions : ton intelligence, tes capacités, ton parcours etc.), tu aurais pu faire beaucoup mieux. Dans le privé, tu gagnerais beaucoup plus (c'est vrai, j'ai perdu en gros la moitié de mon salaire). C'est du gâchis. Au moins, tu aurais pu rester dans le système universitaire (les IUT dépendent de l'université, contrairement au section BTS qui dépendent des lycées et donc du rectorat), c'est plus valorisant. Et puis, les gamins en lycée, c'est pas la joie. Surtout en lycée pro. Passe au moins une agrégation, histoire de t'en sortir plus vite !" 
Bref, j'ai eu droit à tout le discours faussement apitoyé de ces miracles de réussite professionnelle.

Comment dire "à ces gens là", comme disait Brel, que l'intérêt ce n'est pas la masturbation intellectuelle ni les émoluments. Que l'intérêt, c'est d'amener les jeunes à faire quelque chose. De les revoir après nous dire : "c'est grâce à vous, au lycée, que j'ai fait ci ou ça". De les voir apprendre un métier, construire leur vie. Et plus les jeunes partent avec un handicap, plus la moindre réussite a de la valeur. C'était ça qui faisait pour moi de l'enseignement le plus beau métier du monde. C'est un point de vue perso, évidemment.
Comment ces crétins bouffis de suffisance et d'arrogance auraient-ils pu comprendre ?

Ils n'auraient jamais compris. Je n'ai donc même pas essayé de les convaincre. Je me suis contentée de leur proposer un défi : qui aurait les c... de venir une demi-journée dans ma classe, faire une intervention ? C'est marrant, ils se sont tous défilés. Moi qui croyais qu'être prof, c'était simple !!

par BBK.mel publié dans : humeur communauté : La communauté pédagogique
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Lundi 5 mai 2008
Schtroumpfette fait du cirque. Non, je n'ai pas dit qu'elle faisait le cirque. Elle apprend tout ce que l'on peut faire dans un cirque (jonglage, accrobatie, trapèze etc.). Elle a un spectacle bientôt. Manque de bol, ça tombe un jour où j'ai cours. Je préviens donc mon charmant proviseur adjoint, lui expliquant le pourquoi du comment. Pas de souci, comme je m'y prends un mois à l'avance, je peux changer mes cours, les déplacer. A fortiori parce que ce sera une période où une partie de mes élèves aura pris la tangente, soi-disant pour révision intensive du BEP, certainement pour glandouiller un peu avant les épreuves.

Schtroumpfette était ravie. Enfin, sa maman pouvait se libérer. Je remplis donc mon papier que je me proposais de remettre à la fin de la semaine au PA. Mes élèves sont prévenus et ravis ...même si je leur ai prévu des heures de rattrapage. Je passe ce matin dans mon casier. Petit papier d'un format que je connais bien. Ordre de mission. Formation toute la journée avec Grand Méchant Loup...pile poil le jour du spectacle de Schtroumpfette. Pas moyen de se défiler. GML n'est pas du genre à se contenter d'un simple "je ne peux pas être là", ni du genre à accepter que l'on décale des heures pour des raisons aussi mesquines qu'un spectacle d'enfant. Même si c'est hyper important aux yeux des enfants. Même si c'est hyper important aux miens. Tout est dans le sacrifice de soi pour le boulot. La vie de famille, connait pas !

Schtroumpfette est en larmes et ne décolère pas contre GML. Et moi, je suis dégoûtée.
par BBK.mel publié dans : humeur communauté : Paroles et rires d'enfants
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Dimanche 4 mai 2008

Ayé. J’ai enfin remis à jour les liens de mes chouchous. J’en ai enlevé (pas parce qu’ils ne sont plus mes chouchous mais parce que les blogs parfois s’arrêtent ou passent en accès limité). Et j’en ai rajouté d’autres dont je vous avais parfois parlé mais que je n’avais pas encore mis dans mes liens (quelle flemmarde cette prof !). Pis j’en ai trouvé de nouveaux. Des pour qui j’ai craqué. Des dont je ne vous avais pas encore parlé mais que je vais voir régulièrement.  Revue des troupes…

 

Bordelius : il vient tout juste de recommencer son blog. Vous y trouverez « un peu de nostalgie… des anecdotes, des fictions… ». Rien que la vidéo de son tout premier article présage bien !

 

Eluise la pionne : elle est délirante, géniale, souriante, éclatante, marrante…bref, je m’éclate chaque fois que je vais sur son blog lire ses aventures de pionne de folie reine du shopping !


Charly le prof (un prof vide son cartable) : encore un prof ! Mais celui là manie la langue, le vocabulaire et une mauvaise foi de bon aloi comme pas deux. C’est un régal de lire ses aventures avec ses classes et ses mésaventures avec ses collègues, surtout féminines !


Ange Etrange : c’est une représentante de la grande maison, mais elle parle avec une telle sensibilité de sa vie de maman solo qui travaille qu’ elle est classée parmi « les autres ».

 

Le chat : voilà un chat aux 14 vies qui se prend pour Marilyn Monroe. Son blog est tout d’abord un bonheur pour les yeux (photos travaillées, textes léchés…normal pour un chat). Et puis c’est un plaisir pour l’esprit car se chat là écrit merveilleusement bien !

 

Autrui : voilà un blog qui nous parle des autres. Tous les autres. Ce sont des séries de portraits comme je les aime, touchants, poignants, émouvants.


The Pacholette Show : une pacholette, c’est une petite nana qui se prend pour une grande. Cette nana là est déjà une grande ! Et son blog, tout nouveau, est un délire année 70 très « sex and the city ». Pour les connaisseurs, c’est la suite du blog de Pivoine…

 

Petit Sushi : voilà un jeune homme intéressant. J’ai eu un vrai coup de cœur pour son blog. C’est vif, bien écrit, pétillant, ironique. Allez vite découvrir les pérégrinations d’un sushi à Paris, entre boulot intéressant-mais-prenant et vie sentimentale parfois chaotique !

Edit du 3/05 : cet article a été écrit et programmé il y a quelques jours. Samedi, en allant voir mes blogs préférés, quelle ne fut pas ma surprise de constater que Petit Sushi a fermé son blog. Comme ça, sans explication. Je vous laisse malgré tout le lien parce que j'espère qu'il ouvrira de nouveau quelque chose. J'espère aussi qu'il donnera des nouvelles, que l'on sache où on peut continuer à lire ses aventures ! Dommage !

par BBK.mel publié dans : ça déménage...!!
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Samedi 3 mai 2008

Fin d’un cours un peu complexe, un peu dur pour les élèves. L’heure a été studieuse, pas franchement rigolote. Je les ai un peu tannés, bousculés, engueulés. Ca grogne, ça râle, ça bougonne.

- J’ai encore une dernière question jeunes gens, dis-je d’un ton sévère.

Les grognements montent, mais aucun ne lève la tête.

- C’est une question importante, j’espère que vous pourrez répondre.

Je crois entendre quelques « pffffff »blasés. Voire même un « ouais c’est bon, y en a marre ». Mais ce doit être le fruit de mon imagination, ils n’oseraient pas (quoi que…) !

- Qui est sorti de la Nouvelle Star mercredi dernier ? Je n’ai pas regardé la télé.

Il y a eu un moment de silence. Ils se sont tous regardés d’un air de dire « elle déraille la prof ». Et ils ont tous parlé en même temps « ouais, Madame, c’est Sian qui est sortie ! » « Wa M’dame, qui c’est votre préféré ? » «  Aller, Madame, z’allez voter pour qui ? » « Ch’uis sur que c’est Cédric pour qui vous votez, il a votre âge » « tu plaisantes, j’espère, il est bien trop vieux pour moi ! » « waich M’dame, ça repasse sur W9 bientôt » « allez, Madame, dites nous pour qui vous votez. Moi je suis sûre que c’est Benjamin qui va gagner, il est trop beau »…

S’en est suivi tout un débat, conclu par des pronostics sur les prochaines séances de la Nouvelle Star ! Bon, ben maintenant il va falloir que je regarde les émissions suivantes pour rester au courant !

 




- Oh, t’arrêtes de me regarder, toi !

Une de mes élèves s’en prend assez violemment au poussin de la classe pour la simple et unique raison qu’il s’est retourné pour la regarder. Je l’appelle le poussin parce qu’il donne l’impression d’être le plus jeune. Un gamin avec le syndrôme du premier de la classe : celui que tout le monde déteste parce qu’il a réponse à tout et qu’il joue le rôle de l’élève modèle.

J’apostrophe la gamine en lui faisant remarquer que le poussin n’est pas le seul à la regarder quand elle répond à la question que je viens de poser. Qu’elle n’a pas à s’en prendre à lui de cette manière. Ou alors il faut qu’elle s’en prenne à tous les autres puisqu’ils la regardent aussi. Et qu’elle s’en prenne à moi parce que je la regarde.

- Mais vous, Madame, c’est pas pareil. Vous, je vous aime.


 



 

Mardi dernier, je rentre dans la cantine. Il y a un monde fou, c’est l’heure de pointe. Je cherche une collègue. Je ne prends donc pas la file et me glisse parmi les tables. A peine entrée, je me fais harponner par mes élèves.

- Ouais, M’dame, vous allez manger à la cantine ? Vous venez manger avec nous ?

- Nan, je cherche juste ma collègue…

- Au fait, M’dame, c’est pas aujourd’hui votre anniversaire ?

- Euh… si. En effet. (Mais comment diable ont-ils su ?)

- JOYEUX ANNIVERSAIRE MADAME !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ils ont hurlé dans la cantine. Ils ont répercuté l’info aux tables suivantes. Qui ont crié à leur tour. Heureusement que le niveau sonore de la salle est tel qu’on n’entend pas grand-chose ; seul un quart de la cantine a entendu et répercuté.

- Z’avez vu Madame, on n’a pas oublié !!

Ils étaient tous fiers d’eux. Et moi je me suis pris une sacrée honte. Mais c’est la première fois que me prendre un fade me touche autant !

 




J’arrive au bahut parfois en trainant les pieds, mais j’en repars souvent avec un sourire éclatant.

par BBK.mel publié dans : paroles de schtroumpfs communauté : La communauté pédagogique
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Mercredi 30 avril 2008

Journée citoyenne au lycée. L'idée est de faire participer tous les élèves à des ateliers qui se réfère de près ou de loin au thème général et très vaste de la citoyenneté. Chaque classe passe d’atelier en atelier selon un programme défini. Les activités proposées allaient du concours de slam à la rencontre avec des associations d’handicapés, la police, des assistants sociaux, la création d’affiche, des épreuves de sport. Le tout agrémenté d’une collecte de denrées pour la banque alimentaire. Les élèves ont commencé par râler. Normal, c’est de leur âge. Puis ils se sont dit que c’était quand même cool de louper une journée de cours. Les profs ont pensé la même chose. Surtout que ça me fait une journée sans le zoo et ça, c’est appréciable.

 

Chacun s’est trouvé à un poste. Les élèves par classe, les profs soit à accompagner une classe, soit à surveiller un atelier. Et moi, je me retrouve à avoir une classe que je ne connais pas. Jamais eu en cours. Parfois croisé certains dans les couloirs, mais pour le reste, inconnus au bataillon. Leur prof principale me tope dans le couloir

- « il faut que je te briefe sur la classe que tu vas suivre !

- Pourquoi, ce sont des fous furieux ? (impossible qu’ils soient pires que ma classe de zinzins, qui a été privée de participer à la fête pour cause de boulot à finir).

- Ben y en a certains qu’il faut surveiller de près.

Je soupire. C’est encore à moi qu’échouent les trucs pas cools. Si je me fie à la première réaction de cette prof, je vais me retrouver à faire la police pendant toute la journée. De toute manière, je préfère ça à mon zoo.

 

Mais je n’ai pas recroisé cette collègue et je n’ai donc pas pu faire le point avec elle. Après tout, ce n’est pas plus mal, au moins je n’aurai pas d’apriori sur eux. Le jour arrive et je récupère mes inconnus. Au programme, petit débat sur la violence, puis rencontre avec un policier du quartier pour parler de la délinquance, suivi d’un test sur les institutions françaises. L’après midi commençait avec la rencontre de l’association des mutilés de la voix (autrement dit les gens opérés de la gorge suite à un cancer lié à la cigarette). Puis une épreuve sportive. Ca promet, ça promet.

Le premier atelier a du mal à démarrer. Les élèves ne sont pas motivés. Ils ont du mal à se lancer. Il faut dire que rien n’était prêt lorsque nous sommes arrivés dans la salle et que nous avons poireauté un quart d’heure dans le couloir. Malgré tout, il y a quelques bonnes analyses qui ressortent de ça. Mes inconnus trainent des pieds jusqu’au prochain atelier. Pfffff, semblent-ils dire, si c’est comme ça toute la journée, on va s’emmerder ! A qui le dit tu, pense-je in peto.

 

Le flic qui nous accueille dans le deuxième atelier est en uniforme. Je crains toujours les rencontres avec la police dans le cadre du lycée ; certains jeunes ont parfois des casiers longs comme le Yang Tse kiang et une aversion certaine pour tout ce qui ressemble de près ou de loin avec la maréchaussée (je me rappelle une de mes gitanes qui faisait des bras d’honneur à tous les hommes en uniforme qu’elle rencontrait). Mais le bonhomme est jeune (il doit avoir mon âge^^), plutôt sympa, ne pratique pas trop la langue de bois. La mayonnaise prend. Les gamins posent des questions très intéressés et très poliment. Et l’officier répond simplement, sincèrement. Même lorsqu’un gamin lui demande « M’sieur, c’est quoi votre gun ? » « Mon quoi ? » « Votre gun… votre pistolet, quoi ! ». Un autre savait déjà et a donné toutes les caractéristiques avant même que le policier réponde. Même le flic était impressionné par les connaissances du gamin en la matière. A partir de ce moment, la classe s’est lâchée, dans le bon sens du terme. Et le reste de la journée a été un bonheur.

 

Nous avons couru après les points qui pouvaient nous permettre de remporter la première place, soutenu ceux qui faisaient une présentation orale de leurs travaux, applaudi la performance de l’une du groupe qui a fait le meilleur score féminin du lycée à l’épreuve sportive. Hurlé de joie lorsque le groupe d’à côté a abandonné la course et la victoire de l’épreuve. Rassemblé toute la menue monnaie des uns et des autres pour aller acheter des pâtes et du riz pour la banque alimentaire. Couru partout pour aller chercher les réponses au questionnaire. Souri chaque fois que l’on se croisait. Discuté âprement pendant la séance avec le mutilé de la voix sur les conséquences du tabagisme. Confronté les expériences des uns et des autres.

J’ai vécu une super journée parmi ces jeunes que je ne connaissais pas. Je les ai trouvé enthousiastes, chaleureux, vivants, agréables, solidaires. Au moment de partir, j’ai croisé l’un des élèves de mon zoo. Et je me suis réjouie d’autant plus de ne pas l’avoir eu en cours dans la journée !!

par BBK.mel publié dans : humeur communauté : La communauté pédagogique
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Mardi 29 avril 2008

 


Le printemps a un effet dingue sur moi. J’adore cette saison. Déjà parce que les arbres sont en fleurs ou couverts de petites feuilles vert tendre. Ensuite, parce que l’on aborde la période où je travaille moins. Presque 15 jours sans les zinzins du zoo, quel bonheur. Entre les journées éducatives du lycée, les sorties scolaires, les CCF, je ne les ai plus en classe entière pendant 15 longues journées. Raaaaaaaahh (râle de la BBK qui se pâme de bonheur). Et puis, pendant quelques jours j’ai enfin pu apprécier le soleil. Premier coup de soleil (ben oui, j’ai pas encore acheté la crème solaire !), premiers après midi lézard sur le gazon, premières batailles d’eau dans le jardin des copains. J’aime ! Ca n’a pas le même charme l’été, les batailles d’eau. L’été, c’est une évidence, une normalité. Alors que fin avril, c’est une exception, un vrai bonheur. Mais le printemps n’a pas que des bons côtés. Quand on regarde bien, c’est même parfois une saison galère. Je m’explique.
 

Le printemps, tout le monde vous le dira, c’est la saison des amours. Au bahut, les couples se forment dès les premiers rayons de soleil ; on s’alanguit un peu sur l’herbe et hop, malencontreusement on rencontre le genou du charmant jeune homme qu’on lorgne depuis quelques temps. Deux coups de langue plus tard, le couple est formé. Nous voyons donc nos ados se promener dans les rues deux par deux, nos ados savent bien ce que c’est qu’être heureux. Avantage de la situation, c’est que pendant qu’ils se regardent tous énamourés, ils ne pensent pas à faire des conneries.

 

L’autre point intéressant du printemps, c’est la tenue. Dans mon coin de France, on connaît plus les gros pulls et les manteaux que les petites robes légères. Alors dès que le temps semble virer au beau, les filles virent les collants, les doudounes, les cols roulés. Vive les petits débardeurs, les jupes en toile, les sandales. Enfin, ça, c’est pour les plus courageuses. Les autres, elles ne s’y risquent pas ! Nous croisons donc celles qui s’habillent léger pour appeler l’été à côté de celles qui n’ont pas encore remisé les collants et les grandes bottes. Il y a celle qui bronzent au soleil et celles qui suent en se disant qu’elles auraient mieux fait de s’épiler ce matin pour pouvoir sortir leur gambettes à l’air et profiter de l’air du temps. Et dès que la pluie revient (et oui, chez nous le soleil ne dure pas longtemps !), les miss été se pèlent et font peau de poulet pendant que les miss hiver les narguent et remontent leur col roulé. En classe, il y a donc le clan de celles qui veulent que l’on mette le chauffage et le clan de celles qui veulent ouvrir les fenêtres parce qu’il fait trop chaud !

 

Le printemps c’est aussi la saison où l’on ressent le plus l’appel du dehors. C’est la période des sorties scolaires, des révisions d’examen. Bref, les moments où on essaie de tout faire pour ne pas faire cours. De toute manière, les élèves ne suivent plus. Une fois Pâques passé, pour eux c’est la fin de l’année. Les épreuves de BEP sont début juin, les stages de première année aussi. On sent l’appel du large. Certains commencent déjà à dire : « on ne va pas travailler, Madame, c’est la fin de l’année ! ». Il reste encore un mois et demi, mais c’est un détail ! Ca traine de plus en plus pour rentrer en cours, ça lorgne par la fenêtre en soupirant, ça commence à ne plus venir que le matin, quand l’air est trop frais pour rester à squatter sur les bancs, ou trainer en ville.

   

Et puis même les profs n’ont plus envie de faire cours. On est plus cool, plus détendu. De toute manière, beaucoup de choses sont déjà jouées : ceux qui plafonnaient à 6 de moyenne ne vont pas faire des miracles et revenir à 18. Ceux qui avaient des notes honorables ne vont pas sombrer en quelques jours dans les tréfonds du classement. Donc pas d’affolement. On boucle le programme et on entame les révisions. Même les profs les plus coriaces commencent à enlever la cravate. C’est plus tranquille. Ca se sent dans la salle photocopieuse : il n’y a plus de file d’attente devant la machine. Pas bon pour moi ça : le petit réparateur ne va pas réapparaitre de sitôt !

 



Et puis, le printemps, c’est la saison ou les loups sortent du bois. Sauf Grand Méchant Loup. Il faudrait quand même qu’il se grouille à repasser me voir, parce que dans un mois, je n’aurais plus rien à lui présenter !


 

 

par BBK.mel publié dans : Raaahhh ! communauté : Humour de tout genre
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Lundi 28 avril 2008
par BBK.mel publié dans : au fil des jours
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